Contenu

exposition

Après un premier essai avec l’exposition Willy Ronis, je récidive avec l’exposition Kertész au Jeu de Paume. Comme vous le savez maintenant, ma culture photo se résume à presque rien et je me demande parfois si je ne suis pas ridicule à parler d’un sujet que je ne connais que très mal et que d’autres peuvent traiter bien mieux que moi. Mais finalement au diable ces tergiversations, après tout personne n’a dit qu’il fallait être un expert ès photographie pour parler d’une expo. André Kertész… Ai-je vraiment besoin de vous dire que son nom m’était entièrement inconnu avant de lire le descriptif de l’exposition ?

Toujours dans ma lancée “je cultive mes neurones et mes connexions synaptiques” (ce qui implique moins de temps derrière l’ordi :( ), surtout lorsque l’entrée est gratuite, je suis allée faire un tour au Château [1] voir Murakami Versailles. Le Versaillais gronde, le Versaillais est mécontent. Il en faut aussi peu pour me décider (la gratuité a fortement fait pencher la balance, avouons le) à aller observer les œuvres de Takashi Murakami chez le Roi Soleil. Après tout, ça fait un bail depuis ma dernière visite. Si c’est inintéressant, il me restera toujours l’option lecture/sieste/bain de soleil au bord du Grand Canal. Et puis ça sera l’occasion de passer chez Bigot prendre une tradi’ [2] De l’art contemporain exposé à Versailles, moi-même je n’étais pas spécialement enthousiaste (et pourtant, je trouvais l’argument de la confrontation des œuvres et des époques pas bête du tout à l’époque déjà, mais je n’étais pas convaincue que dans la pratique la chose fût stimulante pour l’esprit) et je ne tiens pas plus que ça au Château. Je n’ai pas vu l’expo Jeff Koons par flemme sans doute… ou parce que c’était payant à l’époque peut-être, donc je ne sais pas si elle était réussie et convaincante (j’ai du lire des articles/billets dessus mais je ne m’en souviens pas :/) mais je n’étais pas prête à “perdre” un après-midi pour aller voir de l’art contemporain, trop souvent synonyme pour moi, à du n’importe quoi (en peinture et sculpture, je suis ignare et prompte aux jugements hâtifs burarum). Serait-ce la preuve d’une lente évolution intellectuelle ou seulement mon affection pour le Japon et le kawai ? En tout cas, je suis partie avec des a priori oscillant entre neutralité et bienveillance (ce qui est un bon début !). Inutile de vous dire que beau temps est égal à énormément de touristes à Versailles, mais si on ajoute à ça, gratuité pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans de l’UE et artiste populaire japonais, on obtient une foule trop compacte pour apprécier l’exposition à sa juste valeur [3].J’ai donc sans doute raté une partie de l’expo et je pense peut-être revenir en prenant un audio-guide histoire de comprendre la démarche de l’artiste parce que j’ai bien accroché à son univers aux airs d’Alice au Pays des Merveilles et que j’aimerai avoir plus de temps de réfléchir aux choix qui ont motivé l’artiste à mettre telles œuvres à tels endroits. Notes [1] Le seul, l’unique, le vrai (et le tout clinquant ou bling-bling désormais…) à côté duquel tous les autres ne sont que des “sordides masures”, je veux bien sûr parler de Versailles. [2] L’appel du ventre. La vraie force. Come to the dark side, we have cookies. Hmm, je m’égare ^^ [3] Je n’ai pas pu m’empêcher de tiquer quand j’ai entendu une mère expliquer à son enfant que Louis XIV s’était fait décapiter parce qu’il était très méchant. « Louis XVI ! Louis XVI !! Et comment voulez vous que votre gamin s’en sorte si vous lui dites des bêtises… » aurais-je voulu crier. Et puis c’est quoi cette manie de parler “débile” aux gamins ? Et après, ils s’étonnent qu’ils n’ont ni vocabulaire ni sens de la nuance… Hmm je ferme ma parenthèse ^^ Sans oublier cette femme qui s’exclame dédaigneusement « Oh mais c’est Pokémon, dites donc ! »… Ah, les gens ! Je ne m’en lasse pas.

Ces derniers temps, je travaille à combler le vide intersidéral que forme mon ignorance en matière de photo en lisant des ouvrages critiques pas toujours passionnants et pas forcément au fait des nouveaux enjeux de la photographie (à titre de comparaison, les réflexions et interrogations d’Anne-Laure sont bien plus intéressantes et enrichissantes et surtout bien plus concrètes) mais qui me semblent utiles pour se forger un minimum de culture et avoir une vue d’ensemble sur la photographie. Le principal inconvénient de ces manuels-ouvrages critiques vient du fait qu’ils ne sont pas ou quasiment pas illustrés (pour des raisons de format, de prix, de droit d’auteur sans doute) et il est quand même bien dommage de ne pas avoir la photographie évoquée sous les yeux (surtout pour les incultes comme moi). L’ebook, l’avenir des manuels ! Et le second, c’est que le style est bien souvent rébarbatif. Tout comme les historiens (à l’exception de certains comme François Furet), messieurs les critiques, apprenez donc à écrire ! C’est moi qui ose dire ça… L’exposition Willy Ronis était la parfaite excuse pour échapper à mon manuel et elle me faisait de l’œil depuis un certain temps à travers les affiches du métro. De Willy Ronis, je savais qu’il était mort récemment et qu’il faisait partie du courant des photographes humanistes. J’avais aussi en tête quelques photographies (découvertes lors de la floraison de billets hommages sur le net) et quelques billets sur l’expo parce que j’aime savoir où je mets les pieds depuis cette expérience malheureuse au théâtre de La Colline. En somme, pas de quoi fouetter un mondain.