Résonances magnétiques

À force de passer des IRM, je connais la routine médicale par cœur ou presque, elle varie assez peu entre les hôpitaux et les cliniques.

Pourquoi est-ce que ça fait du bruit et comment les images sont-elles obtenues ?

Pendant mon dernier examen, je me rends compte que j’ignore comment fonctionne concrètement une IRM. J’ai eu envie de comprendre un peu mieux.

Routine mystérieuse

Un questionnaire, toujours le même. Une cabine étroite ou spacieuse, rarement accessible toutefois, où l’on se dénude à des degrés divers et enfile une blouse plus ou moins pratique et couvrante1.

Suivre la technicienne (ou moins souvent le technicien), s’installer dans la position attendue, écouter les instructions et explications devenues routinières : le casque pour atténuer le bruit et la poire à presser en cas de problème. Avant d’entrer dans le tunnel2.

Le produit de contraste obligatoire à se procurer impérativement au minimum 48 heures avant, resté en cabine, n’a pour l’instant jamais servi. Je le laisse sur place, soulagée (pas de perfusion !) et dépitée à chaque fois, face à ce qui me semble représenter un énorme gâchis. Je ne sais pas s’il faut souhaiter qu’il serve à une personne qui l’aurait oublié.

Se rhabiller et attendre que le ou la radiologue vous explique les résultats. De manière assez expéditive, encore trop souvent.

Tout ça est quasiment devenu familier.

Ce qui restait mystérieux, c’est le fonctionnement de l’IRM, rendu d’autant plus abstrait par l’acronyme passé dans le langage courant.

Après quelques recherches3, c’est finalement l’explication très vulgarisée de Ameli qui est la plus simple à comprendre.

Une IRM (imagerie par résonance magnétique) est un examen de radiologie qui utilise un appareil émettant des ondes électromagnétiques, grâce à un gros aimant. Soumis à ces ondes, les atomes d’hydrogène composant les tissus de l’organisme se mettent à vibrer. Ils émettent alors des signaux, captés par une caméra spécifique et retranscrits en images sur un écran d’ordinateur.

Bruits, vibrations et variations magnétiques

Traversées par un courant électrique, les bobines (métalliques) de gradient qui génèrent le champ magnétique « vibrent », ce qui génère des sons caractéristiques de l’IRM.

J’ai découvert qu’ils étaient perçus comme désagréables, voire angoissants, pour beaucoup de personnes, notamment claustrophobes. Étrangement, j’aime assez le concert produit par l’appareil et je ne suis apparemment pas la seule4.

Je trouve que ça meuble un silence qui serait autrement plus oppressant sur la durée de l’examen. Mon attention ne se porte plus sur le tube, mais sur les sons et les rythmes de la machine. Quand ça commence, je pense systématiquement à Tyres dans la série Spaced pour qui des bruits du quotidien sont autant de rythmes sur lesquels danser, peu importe l’endroit5. Difficile d’avoir peur dans ces conditions.

Une interprétation du réel

Les résultats d’une IRM ne sont qu’une interprétation, une reconstruction la plus fidèle possible, du réel, pas la copie exacte de ce qui se passe dans un corps.

Comprendre que ces images sont construites et interprétées (à défaut de comprendre la transformation de Fourier), c’est être mieux armée lorsque l’imagerie ne voit rien.

Ce n’est pas parce que l’on ne voit rien qu’il n’y a rien6.

J’en étais déjà bien consciente avec l’endométriose. Malheureusement, c’est quelque chose qui est rarement expliqué et qui engendre un doute pernicieux lorsqu’on est malade. Mes douleurs sont-elles réelles ? Est-ce que c’est uniquement dans ma tête ? Est-ce que c’est une autre maladie ?

Aujourd’hui, la radiologue n’a rien vu.

Ma rhumatologue m’avait prévenue que l’IRM ne serait qu’un outil complémentaire et qu’il était probable qu’on n’aurait pas de résultat pour consolider un peu plus le diagnostic.

Il faut apprendre à accepter l’incertitude et se consoler en découvrant de la poésie là où on ne la soupçonnait pas.


  1. Je note que les pratiques évoluent progressivement et qu’il est souvent possible désormais de garder un débardeur/t-shirt ou leggings en fonction de l’examen. ↩︎

  2. Ou non, lorsque l’IRM est ouverte (ce qui reste assez rare en France). Il se trouve que le hasard fait que j’habite près d’un hôpital qui en propose une. ↩︎

  3. Au-delà de la fiche Wikipédia dédiée, je suis tombée sur The Basics of MRI (livre dont je ne suis à l’évidence pas du tout la cible). Pour comprendre pourquoi l’IRM fait du bruit, j’ai bien aimé un article sur le blog du centre médical pour enfants de Cincinnati et une réponse sur Quora↩︎

  4. Pour vous faire une idée, vous pouvez écouter cette vidéo YouTube (attention à vos réglages sonores). ↩︎

  5. J’ai quelques scènes, citations ou musiques que j’associe automatiquement à des personnes, des mots, des lieux ou à des actions. Le passage de portique de sécurité me fait ainsi penser à la scène de Matrix↩︎

  6. Lire le bel article Le rien et la folie de Capucine Larouge sur le blog du collectif ANCRés. ↩︎

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