Accepter l'endométriose

« Ovaire droit, c’est parfait. Maintenant l’ovaire gauche. Oh non non non… ! »

Rassurée chaque fois un peu plus par mes visites de contrôle, le choc de l’annonce, rupture soudaine avec la litanie médicale habituelle, n’en a été que plus grand.

Le temps m’a paru si long entre ce triolet de « non » et le diagnostic. Encore dans le déni, j’espérais que le couperet ne s’abattrait pas.

Je n’ignorais pas les risques de récidive, mais la perspective semblait s’éloigner plus le temps passait. Presque 2 ans avant le retour des premiers symptômes. Ça laisse le temps de perdre des habitudes.

Après le bref déni, le chagrin et la rage qui explosent et la peur des résultats de l’IRM qui s’insinue, encore à peine perceptible. La vie, hors du cabinet, continue et n’attend pas. Hébétée, je me détache autant que possible de ce bouillonnement de sentiments pour régler le plus urgent (prise de rendez-vous pour l’IRM, achat de médicaments).

Avant l’IRM, je lis certains témoignages, mais ne m’y retrouve pas. Je n’ai pas la tête à ça, je ne veux pas y penser.

Les résultats révèlent qu’en plus de l’endométriome détecté à l’échographie, des plus petits sont là également. Jackpot… Il fait très beau ce jour-là, les glycines sont en fleurs. Je rentre à pied chez ma mère, que j’ai promis d’aller voir et qui ne sait encore rien, en passant par un parc boisé et magnifiquement fleuri. Se mettre au vert, littéralement.

Marcher pour réfléchir et se défausser des angoisses s’avère toujours efficace chez moi. Arrivée, je me sens un peu plus sereine déjà. L’endométriose, ça fait chier, mais va bien falloir s’en accommoder.

Je me prépare à informer ma mère et ma tante et à les rassurer. J’ai songé une seconde à ne pas en parler pour ne pas les inquiéter, mais je préfère ne pas leur cacher mon état et rompre avec le tabou qu’il y a autour des maladies dans notre famille.

Taire la maladie, c’est à mes yeux lui donner plus d’importance qu’elle n’en a et la transformer en spectre effrayant et menaçant. Parler ouvertement et sans honte, au contraire, m’aide à accepter l’endométriose comme faisant partie de moi, sans qu’elle me définisse et dirige ma vie.

Lectures recommandées

J’ai mis de côté l’endométriose aussi longtemps que j’ai pu. Je l’ai annoncée rapidement et factuellement après les résultats pour mieux la mettre de côté et ne pas y réfléchir ensuite. Oublier, plutôt qu’accepter est très tentant.

L’indélicate s’est rappelée à moi à plusieurs reprises entre avril et aujourd’hui. Elle me pousse à m’interroger sur de nombreux sujets.

Je voudrais conclure en partageant quelques lectures qui m’ont aidée dans mon cheminement et apporté de belles pistes de réflexion.

Je n’éprouve ni honte, ni crainte à dire ce que j’ai. Les autres peuvent en penser ce qu’ils veulent, leur jugement ne m’atteint pas. Quelqu’un à qui j’en ai parlé et qui avait traversé la même épreuve quelques années plus tôt m’a confié qu’elle n’avait pas souhaité l’ébruiter car sa maladie “avait mauvaise presse”.

“Un cancer pas si grave”: 6. Comment dire, Géraldine Dormoy

Géraldine Dormoy raconte dans ce billet comment elle dit sa maladie et comment son entourage réagit. Toute sa série de billets est à la fois passionnante et émouvante. Je la suis depuis un certain temps et j’aime beaucoup sa plume et sa façon d’exposer ses réflexions de manière générale.

Depuis que je sais que j’ai l’endométriose, je me suis toujours jurée d’en parler ouvertement. Tout d’abord par militantisme. Je suis féministe et pour moi l’endométriose est une question féministe.

Parler de l’endométriose autour de soi, Parhelie

J’ai d’abord découvert Parhelie sur Twitter au hasard d’un hashtag lorsqu’elle a partagé son billet sur la violence médicale et l’endométriose.

Je ne suis pas énormément de comptes ou de blogs sur l’endométriose, je n’en ressens pas forcément le besoin, mais j’aime beaucoup le sien, Cachez cette endométriose que je ne saurais voir. Je suis également @superendogirl sur Twitter et son Tumblr, Endométriose mon amour et occasionnellement je lis le #endométriose.

Si vous avez des lectures à me recommander pour l’été, ça m’intéresse. J’aimerais prendre le temps de creuser le sujet.

En attendant, je vous embrasse. Prenez soin de vous !

Ce billet est accessible à l’adresse suivante :
https://bribesdereel.net/post/2018/07/28/accepter-endometriose

6 commentaires

  • 1

    Je t’embrasse, prends soin de toi !

    Franck

    Le 28 juillet 2018 à 18:43

  • 2

    Prends soin de toi ! Bises.

    Tomek

    Le 28 juillet 2018 à 19:46

  • 3

    Plein de pensées et comme dis Franck prend soins de toi. On est souvent démunis face à la maladie des autres… Donc des bises, cela ne peut pas faire de mal ;-)

    Gilsoub

    Le 28 juillet 2018 à 19:47

  • 4

    De tout cœur avec toi !

    Biou

    Le 28 juillet 2018 à 21:48

  • 5

    Merci à vous !

    @Gilsoub : Moi la première ! Effectivement, les bises, ça ne fait jamais de mal :)

    Llu

    Le 29 juillet 2018 à 18:52

  • 6

    “Je préfère rompre avec le tabou qu’il y a autour des maladies dans notre famille.”

    Cette phrase me parle beaucoup ! Merci de partager ton état d’esprit et pleins de courage pour la suite. Des bisous

    annso

    Le 30 juillet 2018 à 09:28

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