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27 décembre 2015

Réveillon à l'Opéra : La Bayadère

À la place d’un réveillon-gueuleton, je me suis offert mon premier ballet de l’Opéra de Paris1, un peu par hasard.

Un ballet, des balais ?

Mes expériences praguoises m’avaient laissée l’impression frustrante de ne pas être pleinement capable d’apprécier les ballets.

Lors de Don Quichotte notamment, je me suis impatientée (et ennuyée) devant ce qui m’a semblé être des passages obligés destinés à montrer les prouesses techniques des danseurs. Même sentiments, nettement moins marqués, lors du Lac des Cygnes et Casse Noisette (en même temps, la musique de Tchaikovsky vaut à elle seule le détour). Seul Valmont de Libor Vaculík, belle et surprenante adaptation des Liaisons dangereuses2, au somptueux Théâtre des États, a su me plaire de bout en bout.

Me pensant donc trop rustre, j’avais quelque peu renoncé en me disant que c’était gâché sur moi.

La Bayadère

Je ne connaissais pas La Bayadère (je vous ai dit, rustre inculte !) avant que ma collègue, une merveilleuse personne (mais chut, je préfère que ça reste un secret !), me donne envie d’y aller et que mimylasouris achève de piquer ma curiosité en me disant qu’il s’agit de son « ballet classique préféré ».

Confiante, je ne me suis du coup pas posée de question quand j’ai trouvé une place abordable sur la Bourse de billets de l’Opéra et c’était vraiment une très belle idée de cadeau.

Pour changer, j’y suis allée mieux préparée.

J’ai lu le déroulé du ballet, dans le magnifique programme prêté par ma collègue, pour ne pas me retrouver lors du spectacle à me dire On en est où dans l’histoire là ? Et c’est qui lui/elle ? Je ne comprends rien à ce qui se passe. Une fois que l’esprit n’a plus à se concentrer sur l’histoire et les personnages, c’est beaucoup plus facile de se laisser aller et d’apprécier ce que l’on voit.

Je me suis renseignée en amont sur le nom des danseurs et j’ai découvert que la distribution était un critère de choix (je pensais naïvement que celle-ci ne changeait pas durant toute la durée du spectacle…) et que parmi les balletomanes, on était prêt à aller voir le même ballet plusieurs fois pour comparer les distributions.

Je n’ai pas vraiment d’élément de comparaison, mais j’ai beaucoup aimé Laura Hecquet/Nikiya et Hugo Marchand/Solor. Valentine Colosante/Gamzati m’a fait une moins forte impression, peut-être étais-je trop occupée à regarder Nikiya et Solor pour pleinement l’apprécier. Les autres rôles m’ont beaucoup plu (mentions spéciales au danseur de l’Idole dorée, Fabien Revillion et au Fakir/Antoine Kirscher) également.

Pour des débriefs bien plus précis et pointus que les miens :

2016 : voir des belles choses.

J’ai passé une soirée formidable malgré quelques fâcheux qui n’auront pas réussi à me gâcher le spectacle (bien décidée à passer une bonne journée, j’ai réussi à enclencher mon mode /ignore).

C’était3 somptueux, enthousiasmant, magique, drôle, beau, fort, énergisant et émouvant. Ou dit autrement, c’était « wahou, grand sourire heureux et étoiles dans les yeux, sautille et tourne sur elle-même ». Et ça m’a fait du bien.

Enchantée par l’expérience, j’ai décidé qu’en 2016, j’irai voir plus de belles choses et que j’essaierai d’assister à toutes les avant-premières jeunes de l’Opéra4. L’occasion de découvrir l’Opéra Garnier en étant bien placée peut-être :)


  1. Je connaissais néanmoins déjà Bastille pour y avoir vu, le 26 avril dernier, mon premier opéra à Paris, Rusalka de Dvořák (forcément, pour braver le préjugé absurde que m’inspire l’Opéra de Paris, j’ai choisi un opéra tchèque pour me retrouver en terrain connu et puis bon… Dvořák <3), sublimement mis en scène par Robert Carsen. 

  2. À toi lecteur, lectrice qui ne connaîtrait pas, les Liaisons dangereuses de Laclos, c’est un cocktail « amour, sexe, séduction, mensonges, trahison et jeux de pouvoir » sous forme de roman épistolaire au style particulièrement savoureux. Quand je l’ai découvert en première, j’avais été fortement impressionnée et je m’étais jurée d’être moins naïve conne (j’étais impitoyable à pas encore 17 ans) que cette pauvre Cécile. 

  3. Il faut m’imaginer en train de parler vite et d’essayer de partager ce que je ressens tout en ayant un sourire de bienheureuse. 

  4. J’ai de la chance, je suis encore « jeune » pour l’Opéra. L’initiative est franchement sympa (10€ pour avec un peu de chance une super place en catégorie Optima), même si je ne suis pas fan de ces ventes avec ouverture à date et heure précises et places limitées. 

Commentaires

1. Le 27 décembre 2015, 19:11 par la souris

Hiiii, ravie que cela t’ait plu ! Je trouve qu’il y a dans La Bayadère moins de divertissements que dans les autres ballets classiques, ou plutôt que ces divertissements sont moins gratuits, mieux intégrés à l’histoire : fakirs et porteuses de perroquets sont tout de suite plus hauts en couleur (locale) que les nobles des interminables danses de cours… Après, on supporte plus ou moins bien le kitsch afférent ; Palpatine, par exemple, n’y arrive pas du tout, alors que le tigre en peluche me ravit par-dessus tout. :D

2. Le 27 décembre 2015, 19:46 par Llu

Ça m’a beaucoup plu et ça m’a donné envie de m’intéresser un peu plus au ballet et à la danse en général. Tu n’avais pas un projet de petit guide d’ailleurs ?

Effectivement, je trouve que les divertissements sont beaucoup mieux amenés et plus variés dans La Bayadère que dans mes souvenirs de Don Quichotte, où j’avais trouvé ça un peu barbant et répétitif. Quand est-ce qu’ils arrêtent d’enchaîner tous la même chose ? On a compris. C’est bon !

Ici, j’ai eu plaisir à voir tout le monde danser et avoir son moment sans que ça semble forcé et purement « regarde comme je maîtrise » ou « personnage pas important pour l’histoire, mais il faut bien que les autres danseurs puissent montrer leur talent ».

Aucun problème avec le kitsch (mes origines viet doivent sans doute m’immuniser ^^), j’ai beaucoup aimé le tigre en peluche et l’éléphant :D

3. Le 28 décembre 2015, 11:05 par la souris

Don Quichotte est le rôti le plus mal ficelé qui soit ! Un plaidoyer involontaire pour le ballet non narratif. ^^

(Mon guide fait pas loin d’une trentaine de pages, mais il est brut de décoffrage… Si tu veux contribuer au polissage, fais-moi signe ; tu es mon public cible ;)

4. Le 29 décembre 2015, 14:25 par Llu

Ce n’était sans doute pas le premier ballet à voir pour une néophyte :)

Volontiers pour le polissage !

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