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Bâtir la civilisation du temps libéré, André Gorz

« Une perspective nouvelle s’ouvre à nous : la construction d’une civilisation du temps libéré. Mais, au lieu d’y voir une tâche exaltante, nos sociétés tournent le dos à cette perspective et présentent la libération du temps comme une calamité. »
Bâtir la civilisation du temps libéré, André Gorz

Je n’ai pas encore 25 ans, et pourtant, je suis déjà cynique (un peu), désabusée (beaucoup) et sans trop d’espoir en l’avenir [1].
Et surtout, j’enrage.

J’enrage de constater les régressions en matière de droit des femmes et la persistance du sexisme et d’avoir l’impression d’être impuissante.
J’enrage de voir encore autant d’intolérance, de mépris et de haine vis-à-vis d’autrui.
J’enrage et je désespère des choix menés par les hommes politiques au pouvoir, en France et en Europe et je ne crois pas que les nouvelles générations feront mieux.

J’enrage surtout car je ne comprends pas qu’on en soit arrivé à un tel degré d’absurdité alors qu’il me semble qu’on a toutes les cartes en main que les choses aillent mieux.

Une de mes modestes façons de lutter, c’est de soutenir Le Monde diplomatique (et d’autres). Je me suis réabonnée récemment et j’ai été quelque peu surprise de recevoir, en plus de mon journal, un petit livre, d’une cinquantaine de pages environ.

Je ne connaissais pas André Gorz et j’ai découvert des textes bien écrits, clairs et encore extrêmement pertinents aujourd’hui alors qu’ils ont été écrits entre 1974 et 1993. J’ai été particulièrement sensible aux deux derniers textes Pourquoi la société salariale a besoin de nouveaux valets et Bâtir la civilisation du temps libéré qui mériteraient d’être (re)lus au lieu de dire et d’écrire des inepties sur le chômage.

« Il n’est plus possible, non plus, de continuer à faire du travail rémunéré la source principale de l’identité et du sens de la vie pour chacun. »
Pourquoi la société salariale a besoin de nouveaux valets, André Gorz

Une lecture à mettre entre toutes les mains, surtout celles qui refusent de voir à quel point notre politique économique nous asservit et que le revenu de base, minimum - appelez le comme vous voulez - mérite qu’on lui donne une chance.

Note

[1] Et comme rien n’est simple, je suis aussi encore souvent (très) naïve, prête à faire confiance et un rien rallume cet espoir irrationnel et fou qui me pousse à continuer à penser que l’humain est foncièrement bon.

Ce billet est accessible à l’adresse suivante :
https://bribesdereel.net/post/2014/02/02/B%C3%A2tir-la-civilisation-du-temps-lib%C3%A9r%C3%A9%2C-Andr%C3%A9-Gorz

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Rétrolien :

Je n’ai pas dit

Je n’ai pas dit qu’il suffisait de vouloir pour pouvoir, non, je n’ai pas dit ça, parce que parfois c’est compliqué, difficile, effrayant aussi. C’est le lot commun de tous les vivants en quelque sorte, sauf peut-être pour quelques privilégiés — mais...

Source : Open Time

Le 4 février 2014 à 11:15

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