Rok dábla (L'année du diable), Petr Zelenka

Le club de cinéma tchèque de ma fac d’accueil propose chaque semaine une séance de cinéma gratuite. Un chouette moyen, outre la bière, pour découvrir la culture tchèque. Je ne sais pas si je tiendrai le rythme - surtout que j’ai toujours un mal fou à écrire sur un film - mais je compte écrire un billet pour chaque séance.

Comme je suis ressortie de la séance de cinéma enchantée, enthousiaste et les joues endolories à force de rire aux éclats ; ce billet a été, comme je m’en doutais, un réel casse-tête à écrire…

Year of the Devil

““The Year of the Devil” is a film for people who can hear the internal melodies.”
Source : Petr Zelenka ?


Le film est quelque peu déconcertant. Complètement barré serait sans doute plus juste et sacrément diablement enthousiasmant et gouleyant si vous voulez mon avis.

Tourné sous la forme d’un documentaire, le film raconte, avec beaucoup d’humour, les rencontres improbables et incroyables entre Jaromír Nohavica, une star de folk tchèque ; un groupe de musiciens traditionnels spécialisés dans les mariages et les enterrements, un réalisateur de documentaires néerlandais et un compositeur-chef d’orchestre de musique classique/chanteur de rock, Jaz Coleman.

S’il commence de façon assez étrange par des témoignages de combustion spontanée, il reprend sur un registre réaliste avec Jaromír Nohavica qui, poussé par son ami Karel Plihal, décide de soigner son alcoolisme dans un institut spécialisé, où il rencontre Jan Holman qui a décidé de tourner un documentaire sur cet institut ; le film abolit ensuite progressivement la frontière entre réel et fiction en introduisant d’abord des événements incroyables mais encore vraisemblables (l’hôtel qui engage un violoniste pour qu’il joue dans l’ascenseur afin de ne pas payer de droits d’auteurs par exemple) puis des éléments appartenant au surnaturel : fantômes, anges et combustion spontanée.

Le spectateur ne sait plus trop ce qu’il doit croire. Jaromír Nohavica existe bel et bien, de même pour Karel Plihal, le groupe Czechomor et Jaz Coleman ; leur collaboration est par ailleurs avérée.
Vrai, faux, exagération, magie, tout est mêlé pour nous livrer une belle histoire drôle et émouvante sur ces rencontres qui comptent et vous changent, sur l’amitié entre deux personnes, etc.

Une comédie hilarante avec des scènes mémorables et un peu triste à la fois qui pousse à la réflexion, à travers l’alcoolisme de Jaromír ou de Jan mais aussi à travers le mutisme de Karel, repli sur soi et refuge pour fuir le monde qui devient finalement ouverture sur autrui.

L’année du diable, c’est aussi un film rythmé par une musique tchèque pleine de peps, celle de Jaromír Nohavica et du groupe Czechomor, à qui le réalisateur rend un bel hommage.

Un très bon moment cinématographique, une triple découverte et une belle rencontre.

P.S. : Et hop un petit lien vers une des musiques du film.

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