To infinity and beyond en 3D

Pixar signe encore un petit bijou qui en 1h30 vous fera rire, retenir votre souffle, verser une larme, sourire, pester contre les méchants.

Quelques spoilers se baladent dans le texte (très peu toutefois et aucune image pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir le film). Je vous aurai prévenus !

Les Pixar en général, et Toy Story 3 encore plus, sont classés de façon réductrice dans la catégorie “Film pour enfants”.

Hors de question de laisser les bijoux visuels et narratifs que sont Là-haut (Up), Wall-e, Ratatouille, pour ne citer que les derniers, à ces machines à bouffer du pop-corn braillardes et insupportables pour qui le cinéma n’est qu’un autre lieu où chahuter ! [1] Bénies soient donc les séances en VO et à 22h !

Je disais donc que Toy Story 3 ne mérite absolument pas de se voir attribuer l’étiquette le plus souvent un peu péjorative de “Film pour enfants” [2]. Comme si les films d’animation ne pouvaient être que destinés aux enfants, enfants que la société adulte prend d’ailleurs pour des idiots finis et qui à force de le croire les transforme effectivement en zombies atrophiés du bulbe coupés de la réalité. Passons.

“Film pour enfants”, Toy Story 3 est, à mon avis, plus tourné vers les jeunes adultes ou même adultes que vers ces derniers pour qui le film est soit disant destiné. Et je ne parle pas des petits clins d’œil dont sont parsemés les Pixar (en passant, j’ai bien aimé le “Ham-let”). Les enfants apprécieront sans aucun doute le film, encore plus s’ils ont vu le 1et le 2, ils saisiront sûrement le malheur de ces jouets délaissés et le pincement au cœur que ressent Andy lorsqu’il part à l’université.

Je n’ai pas pu m’empêcher d’être un brin mélancolique en observant l’acte symbolique du passage à l’âge adulte [3] d’Andy que constitue le don de ses jouets et ce même de son plus fidèle ami Woody [4]. Soit dit en passant, Andy et la petite toute choupi en plus d’être des enfants plutôt modèles sont des archétypes de l’enfant tel que l’adulte le conçoit et voudrait qu’il soit, imaginatif, simple, curieux de tout et s’amusant de rien. Ce que beaucoup d’enfants ne sont pas (comme Sid par exemple dans le premier Toy Story) et ce indépendamment des générations !

Émue donc, traversée par une réflexion un brin passéiste alors que je ne verse habituellement pas dans le mythe du “c’était mieux avant” en pensant à une petite fille de 4 ans crier Maman regarde un string dans un centre commercial et en la comparant à la petite toute choupi à la magnifique peluche Totoro dont je ne suis absolument pas jalouse et dont le nom m’échappe [5], mais pas nostalgique ou alors juste un chouilla en repensant aux jouets dont je me suis séparée.

Je n’ai pas vraiment de raison pour l’être plus et le film n’en donne pas non plus. Andy a beau être presque adulte, il a toujours en lui cette capacité magnifique de transformer son quotidien et le monde qui l’entoure que l’on prête à l’enfance.

Ce troisième film vient clore une très belle histoire d’amitié entre Andy et ses loyaux jouets mais aussi entre les jouets (Woody et Buzz, best pals ever !) et il est pour moi le meilleur des trois. Peut-être parce qu’il est plus proche de moi, peut-être parce que je l’ai vu en 3D (more on that later on), peut-être parce qu’il réussit le tour de force de nous donner cette impression de retrouver une vieille bande d’amis (comme le 2 déjà) ou tout bêtement parce que c’est le dernier et que l’au revoir était particulièrement bien composé avec de nombreuses références aux deux premiers (“Le grappin / The claaw” peut-être le meilleur clin d’œil et si bien utilisé !).

Parlons un peu de la forme. Toy Story 3 est ma première expérience de la 3D. Oui, je suis une noob qui n’est pas allée voir Avatar. C’était aussi ma première expérience de la projection numérique.

Sur la projection numérique, passons rapidement, image parfaite, pas de petits défauts que l’on rencontre parfois lorsque l’on va voir un film et qui peuvent être particulièrement gênants.

La 3D maintenant. J’avais des lunettes Real 3D (j’essaierai les autres lunettes de roxxor PGM promis) modèle Ray Ban like mais cheap et qui te font les yeux bizarres et quelques appréhensions concernant la 3D (rapport au fait que j’ai les muscles des yeux paresseux et qu’ils ne veulent pas se donner la peine de faire une mise au point correcte). “Allais-je passer 1h30 de calvaire avec une migraine insupportable et un film flou ?
A part la pub Haribo tant attendue (ou pas…) et un peu fatigante pour les yeux, le court métrage Day & Night (un petit chef d’œuvre d’animation à lui tout seul) et le film n’ont posé aucun problème. Pas d’effets m’as tu vu / prends ça dans ta gueule ou pour les intimes d’effets Jacky (Est ce que par hasard vous avez vu le tuning de Jacky de la tour dans une des pubs anté-film ? Une horreur !), aucune fatigue oculaire. La 3D est savamment utilisée par Pixar et se fait entièrement oubliée. On voit bien les personnages se détacher de l’arrière-plan mais sans vraiment y penser.

Quant à l’animation, je suis encore éblouie par la qualité des images (même si mon plus gros coup de cœur reste Ratatouille à ce sujet) et le réalisme des jouets. Coup de cœur pour les personnages de Barbie et Ken (aucun rapport avec le graphisme, mais la scène où elle se met à parler philosophie politique ou encore celle où elle torture Ken sont juste savoureuses !), mais surtout pour Tortilla Head !

Rien à redire, j’ai passé un excellent moment et je compte bien aller revoir le film incessamment sous peu parce que je ne me résous pas à quitter nos amis. Je veux entendre à nouveau les “Reach for the sky ! There’s a snake in my boots ! The claaaaw ! You have save our life, we are eternally grateful” (Je ne connais pas les équivalents français pour n’avoir jamais vu les VF et n’avoir lu que très partiellement les sous-titres).

Finalement, Toy Story 3 (et la trilogie entière) aurait pu être résumé en une seule phrase : To infinity and beyond ! Et en une chanson : “You got a friend in me”.

La magie de Pixar, c’est peut-être ça. Réussir à charger d’émotions et de sens ce qui est d’abord une simple catch phrase de Buzz Lightyear sans tomber dans la mièvrerie, à donner vie à ces jouets et à nous faire voir le monde à travers leurs yeux.

Merci à vous les gars, continuez à nous faire rêver.
A voir et à revoir.

P.S. : Excusez (et surtout signalez) les fautes qui peuvent parcourir mon billet, je n’ai pas le courage de me relire vu l’heure qu’il est. Quant aux quelques formules en anglais, désolée également, ça sort tout seul. Aucune volonté de faire chic de ma part.

Je pars pour un peu moins d’une semaine dans un petit coin de paradis perdu où règnent les chèvres, le picodon et les framboises. Pas sûre d’emporter mon ordi portable avec moi. A bientôt !

Notes

[1] Et s’il n’y avait que les gamins… Une des raisons pour laquelle je ne vais que très rarement au cinéma  : l’irrespect total de certains spectateurs qui ont bien de la chance qu’aimer son prochain à coups de matraque ou mieux pied de biche (Freeman roxx !) soit interdit.

[2] Q’un Picolo Saxo (BTW : Worst movie experience eveeeer ! Soit dit en passant, même les enfants que j’accompagnais se sont ennuyés à mourir. A réserver aux moins de 5 ans !) soit rangé dans la même catégorie… Non, c’est juste impossible à concevoir.

[3] Ça paraît si lointain quand on est petit.

[4] Oui, je l’avoue sans aucune honte. Je suis incapable de me séparer de ma première peluche.

[5] Pourquoi on ne voit pas plus souvent des enfants comme ça ? Ah oui je sais… parce que ces choupis tout discrets sont masqués par l’immonde masse braillarde de gamins mal élevés !

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