Fatigue, sport et silence

Je me suis rarement sentie aussi lasse. J’ai fort envie que tout ralentisse.

L’incertitude, dans laquelle nous sommes placés, me ronge petit à petit. Le confinement aura-t-il été prononcé avant la nouvelle année lunaire ? Est-ce que je pourrai aller voir ma mère ? Est-ce qu’un bout de la saison de badminton pourra être sauvé ?

À défaut de pratiquer, je me suis réfugiée ces derniers mois dans le sport.

La voile avec le Vendée Globe où je me suis surprise à me prendre au jeu au point de lire beaucoup sur le sujet. Voir la mer et voyager par procuration, mais aussi partager un peu le quotidien de ces navigateurs et navigatrices effectuer une course complètement incroyable autour du monde.

J’ai été impressionnée par le projet très ambitieux d’Alex Thomson (regardez cette vidéo où il escalade son mât), grand favori, et touchée lorsqu’il a dû renoncer à la course, déçue que Samantha Davies puis Isabelle Joschke soient obligées d’abandonner. Comme beaucoup de gens, j’ai suivi avec inquiétude le sauvetage de Kevin Escoffier, soulagée que Jean Le Cam le retrouve.

À défaut d’être originale, Jean Le Cam a été mon grand chouchou. Marin de la génération Tabarly, il est à la fois bourru et si sensible. Le fait qu’il ait continué la course sur son bateau, Hubert (hommage à son ami décédé), malgré une avarie importante et potentiellement très dangereuse (coque délaminée), en serrant les dents pour que sa réparation tienne jusqu’à l’arrivée, force le respect.

Je suis aussi admirative de toustes les autres à vrai dire et j’envie un peu Maxime Sorel qui découvre que la course donne du temps pour nous (même si je trouve que c’est bien cher payé quand on voit ce qu’il a dû affronter au quotidien).

Ce n’est clairement pas une expérience que je souhaiterai vivre ; l’océan à perte de vue est une vision sublime et terrible. Une part de moi néanmoins donnerait beaucoup pour être perdue au milieu de nulle part pendant quelque temps.

Et puis, il y a eu le mondial de handball. J’avais arrêté de suivre et ai donc découvert un peu surprise les difficultés de l’équipe de France, que j’étais habituée à voir dominer les compétitions.

Dommage pour les Français qui perdent en demi-finale. La finale Danemark - Suède était elle réjouissante à regarder. Le tout sans public crée une atmosphère assez étrange tout de même.

La fatigue des joueurs est évoquée également. Le rythme soutenu qu’on leur impose à tous pour condenser les compétitions (que ce soit en clubs ou en équipe nationale) me semble tout aussi dur que celui que l’on subit actuellement. Alors oui, eux ont la chance de pouvoir pratiquer leur sport, pendant que nombre de licencié·es patientent. Il y a plus grave, mais je me demande comment les fédérations et les clubs vont traverser la crise sanitaire et quel sera l’impact sur le sport associatif.

Je ne sais pas pourquoi le badminton me manque cruellement ces derniers jours. Peut-être qu’on aurait dû aller jouer en grandes surfaces tant qu’on le pouvait encore ? Il était impensable de maintenir l’activité évidemment. C’est juste plus dur à accepter quand il y a tant de dérogations.

Heureusement, il reste le vélo. À moins qu’ils nous le retirent aussi… Restera-t-on sur un rayon de 20 kms ? Comme on se contente vite d’un horizon rétréci !

Au milieu de tout ça, j’ai supprimé mon compte Twitter. Je ne sais pas si c’était vraiment malin alors que j’ai déjà une sociabilité plus que limitée désormais, mais ce soudain silence fait du bien.

Ajouter un commentaire

Lire la politique de confidentialité.
Les champs obligatoires sont marqués d’un astérisque *.

Les commentaires peuvent être formatés avec la syntaxe Markdown Extra.

M’écrire

Vous pouvez également m’envoyer un mail si vous préférez.

Ajouter un rétrolien

URL de rétrolien : https://bribesdereel.net/trackback/504