En voyage

Il y a un peu plus de 3 semaines déjà, je suis partie au Vietnam fêter le Têt à Hô-Chi-Minh-Ville[1] pour la deuxième fois avec la partie de ma famille restée là-bas. Avant de rentrer, j’ai pris un détour et passé une semaine à Singapour.

Ce n’est qu’une fois sur place que je me suis rendue compte à quel point j’avais besoin de ces vacances. Être loin, dans une autre temporalité[2], m’a fait énormément de bien.

D’ailleurs, en parlant de temporalité, lorsque je voyage, j’aime particulièrement ces temps « perdus » en transports[3]. J’ai toujours l’impression d’être dans un espace-temps différent, une sorte de sas de décompression propice à la réflexion et à l’observation de soi et des autres. Un voyage dans le voyage.

Ce qui explique sans doute mon intérêt pour ces lieux de transition et de passage que sont les gares et les aéroports et leurs gestions des flux. C’est quelque chose que j’aimerais beaucoup approfondir[4].

Je me suis aussi posée la question de l’instantanéité, de la connexion et du partage en voyage en échangeant sur La Lune Mauve avec Marie.

J’adore partager les découvertes que je fais et j’ai tendance à le faire prise dans l’instant, toute à mon enthousiasme. Certains proches en ont fait l’expérience (notamment lorsque j’ai commencé à avoir un forfait téléphonique illimité et ensuite un smartphone). Appels impromptus et communication en rafale, mais qui ne demandent pas de réponse immédiate[5].

J’aime surtout le fait de capturer une émotion encore un peu brute et non médiée, même si c’est sans doute une illusion, dès lors que l’on cherche à mettre des mots ou des images sur ce qu’on ressent et la rendre ainsi intelligible à autrui (et parfois à soi)[6].

Au delà du cercle proche, je n’ai pas vraiment réfléchi et utilisé Twitter et Instagram pour leur simplicité. Maintenant que je suis rentrée, j’ai envie de réfléchir à une solution pour que le tout soit chez moi[7].

Notes

[1] Je continue à dire Saigon en vietnamien par habitude et mimétisme familial, mais bizarrement, en français, je préfère presque Hô-Chi-Minh-Ville.

[2] Somme du rythme personnel ralenti, du décalage horaire évidemment (entre six à sept heures), mais aussi des rythmes des gens autour de moi, tout me semblait si lointain : le boulot, l’actualité et le quotidien français et encore plus les événements américains et mondiaux.

[3] Ça vaut dans une moindre mesure lors des trajets franciliens, sans doute parce que j’ai la chance de ne pas avoir à faire la majorité en heures de pointe. J’aime essentiellement les retours, surtout ceux tardifs, en train de banlieue et le bout de marche jusqu’à chez moi. Derrière ce quotidien banal, du charme et de la poésie.

[4] La rumeur veut que je n’ai pas fait mon alternance chez SNCF uniquement pour le pass Carmillon. Dans un autre possible, j’intégrais une L3 de géographie à Paris 1 après ma prépa.

[5] Comme je n’ai quasiment aucune notification et que mon téléphone est presque toujours en mode Ne pas déranger, je ne me rendais pas compte que ça équivalait pour certains à une sur-sollicitation stressante et à une injonction de répondre.

[6] Aux éventuels détracteurs, je n’ai pas l’impression de ne pas apprécier l’instant présent ou de ne pas le vivre pleinement. Pour la photographie, il semblerait au moins que ça ne soit pas le cas et qu’elle agisse au contraire comme intensificateur d’expérience. Au passage, je vous recommande vivement la lecture du carnet de recherche.

[7] Une chouette lecture à ce sujet : la réflexion de Pep sur nos pratiques de publication en ligne.

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