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22 octobre 2016

Danser à l'Opéra

À 27 ans et epsilon[1], alors que ma cousine me range déjà dans la catégorie « presque vieille », pour l’Opéra de Paris, je suis encore jeune. Consciente que cet état de grâce tarifaire ne durera pas bien longtemps et décidée à voir de belles choses parce que ça fait du bien à l’âme, j’ai pris une des formules d’abonnement Jeune encore disponibles pour découvrir quatre spectacles de la saison 2016/2017.

J’ouvre le bal avec les œuvres de Sehgal / Peck / Pite / Forsythe, quatre chorégraphes de danse contemporaine, domaine qui m’est complètement inconnu. C’est avec un peu d’appréhension et d’incertitude que je suis allée à Garnier[2], en me demandant si le spectacle me plairait.

Métaspectacle

Je ne suis pas arrivée assez tôt pour profiter de l’intégralité de « Quatre œuvres » de Tino Sehgal, performances hors scène en amont du spectacle ; j’y suis à temps toutefois, pour être accueillie par des danseurs, camouflés en ouvreurs, statues figées, que le passage des spectateurs anime soudain et que l’on s’étonne de voir prendre vie sans crier gare, danser le regard espiègle et le sourire aux lèvres et scander mi- timide, mi-amusé Oh, this is so contemporary, contemporary, contemporary! Perplexe et décontenancée, je ne sais pas trop quoi penser de cette performance méta et esquisse un sourire poli aux artistes que je n’ai pas l’habitude de voir si près avant de filer rapidement vers ma place.

Avec un peu plus de recul, je me dis qu’il aurait été amusant d’observer, complice, les artistes à l’œuvre et les réactions des spectateurs. Les œuvres et performances contemporaines me déroutent souvent, parce que, nouvelles, elles proposent une esthétique inhabituelle, que le cerveau n’arrive pas toujours à appréhender. Certaines flirtent également à la frontière de l’imposture, du foutage de gueule, parfois vulgaire et éveillent la suspicion. Le roi ne serait-il pas nu ?

Ici, j’ai été tellement prise au dépourvu que j’ai d’abord trouvé le tout fort incongru, puis amusant au fur et à mesure que je filais vers ma place. Une performance anecdotique peut-être, mais qui, a eu le mérite de me faire réfléchir à des notions que je ne me pose pas souvent (proximité de l’artiste qui évolue, sans cette médiation qu’est la scène, dans le même monde que le commun des mortels ; possibilité d’interagir et d’être partie prenante et d’autres oubliées) et de secouer un peu mes préjugés qui me font penser que je suis incapable d’apprécier l’art contemporain.

In Creases & Blake Work I

Je n’ai pas grand souvenir d’In Creases de Peck et pas beaucoup plus de Blake Work I de Forsythe qui, je pense, ont complètement été éclipsés dans mon esprit par le magistral The Season’s Canon de Pite.

J’ai beaucoup apprécié les deux pourtant et j’avais même peur d’être déçue par la suite à l’entracte, tellement il me semblait que ça pourrait être difficilement mieux.

Le fait qu’il n’y ait ni décor ni costume m’a montré que j’étais capable d’apprécier la danse pour elle-même. Il faut donc croire que je n’aime juste pas les variations, ces passages obligés parfois lourdement redondants, de certains ballets. Oui, Don Quichotte, c’est toi que j’accuse !

The Season’s Canon : la Méduse affrontant les 4 Saisons recomposées

Les 4 Saisons Vivaldi, c’est un de mes premiers chocs esthétiques, gamine. J’ai encore le souvenir très vivace des émotions ressenties. Je ne vous cache pas mon chagrin quand j’ai découvert qu’il servait de musique de répondeur téléphonique[3].

Alors quand j’ai appris à l’entracte que The Season’s Canon se danserait sur des 4 Saisons recomposées (par Max Richter) la gamine encore en moi s’est dit youpi !

Contrairement à mimy, souris balletomane, je n’avais aucune attente et je n’avais rien vu ni lu au préalable. J’en suis bien heureuse, car l’émotion n’en a été que plus forte. J’ai été complètement transportée. Il s’agit pour moi d’une des plus belles expériences de danse et de mise en scène que j’ai eu l’occasion de voir (les mauvaises langues diront que je n’ai pas vu grand-chose).

Le radeau de la Méduse surgit comme une évidence et je suis captivée par ces corps qui donnent l’illusion de ne faire qu’un, par leurs mouvements et les impressions et émotions qu’ils transmettent. Bouleversante, l’œuvre me restera longtemps en mémoire et je vous invite vivement à lire ce qu’écrit la souris à ce sujet.

Après tant d’émotions, difficile de passer directement à la dernière œuvre. Les applaudissements sont extrêmement nourris et ô combien mérités.

Hors scène

Je finis avec Sehgal qui a ouvert et fermé la soirée. Je ne partage pas les avis de ceux qui auraient souhaité que la création de Sehgal se déroule pendant un entracte. Il y a, je trouve, une certaine logique à la placer à la fin, comme si elle ramenait peu à peu le spectateur au réel, tout en évacuant, comme l’analyse finement la souris, le trop-plein d’émotions suscité par The Season’s Canon.

J’ai été emballée (sans titre), qui s’est fait pourtant huer par quelques personnes, qui devraient avoir honte de se comporter ainsi [4]. C’est d’abord un jeu avec les lumières et l’Opéra (scène, les rideaux, les coulisses), au rythme entraînant de la Symphony X d’Ari Benjamin Meyers. Toutes ces strates insoupçonnées et ces différents niveaux que Sehgal fait danser pour nous ! Au charme de la découverte, s’ajoute la surprise de voir ce genre de choses à Garnier.

Les danseurs apparaissent enfin, d’abord loin pour ensuite se répandre sur scène et en déborder, pour rejoindre les spectateurs à tous les étages de l’Opéra. Fin abrupte, nous sommes “oustés” de nos places pour découvrir les danseurs chanteurs, dans le grand escalier de l’Opéra, leurs voix résonnant dans tout le bâtiment. À ces échos se superpose l’amusement curieux de la majorité des gens qui se pressent pour observer les artistes. Une joyeuse et énergisante atmosphère se dégage de l’ensemble.

À la sortie, le spectacle n’est pas fini. Des couples dansent (le tango ?) sur le seuil de l’Opéra. Que de bonheur et de beauté pour une soirée !

Notes

[1] J’ai découvert récemment cette expression empruntée aux mathématiques et je la trouve fort jolie. De même pour l’adjectif epsilonesque.

[2] Je ne me suis pas encore débarrassée de ce sentiment d’être une barbare rustre en territoire étranger lorsque je vais à l’Opéra.

[3] Alors qu’il faudrait plutôt se réjouir d’avoir échappé à la généralisation d’une musique de répondeur nulle et envahissante comme le Papa Pingouin ou le poussin Piu. Ne me remerciez pas. Oh, il me vient soudain une magnifique idée de torture-répondeur téléphonique ! Imaginez, pire que de subir ces chansons, être obligé de les chanter sans faute avant d’obtenir votre interlocuteur !

[4] Je ne comprends absolument pas ce comportement, personne ne mérite ça. Je trouve ça tellement puéril et surtout si grossier…

17 janvier 2016

Propagande, amour et poésie

Je découvre, grâce à l’épisode Poetry of Propaganda de l’excellent podcast The American Life, les campagnes de propagande destinées à démobiliser les combattants FARC de Jose Miguel Sokoloff, publicitaire engagé par le gouvernement colombien.

Le récit est passionnant, le sujet intéressant1 et les anecdotes touchantes. Je vous invite fortement à l’écouter : Act One: Guerrilla Marketing ou à lire le transcript.

Fleur bleue, c’est l’histoire d’amour heureuse entre ce jeune couple de combattants FARC qui m’émeut tout particulièrement et qui constitue mon petit bonheur du soir.

Pour creuser le sujet, ce documentaire d’Arte : Jose Miguel Sokoloff : la publicité pour la paix ?


  1. La publicité au service de la paix, c’est quand même nettement plus classe que de la pub pour de la nourriture canine

27 décembre 2015

Réveillon à l'Opéra : La Bayadère

À la place d’un réveillon-gueuleton, je me suis offert mon premier ballet de l’Opéra de Paris1, un peu par hasard.

Un ballet, des balais ?

Mes expériences praguoises m’avaient laissée l’impression frustrante de ne pas être pleinement capable d’apprécier les ballets.

Lors de Don Quichotte notamment, je me suis impatientée (et ennuyée) devant ce qui m’a semblé être des passages obligés destinés à montrer les prouesses techniques des danseurs. Même sentiments, nettement moins marqués, lors du Lac des Cygnes et Casse Noisette (en même temps, la musique de Tchaikovsky vaut à elle seule le détour). Seul Valmont de Libor Vaculík, belle et surprenante adaptation des Liaisons dangereuses2, au somptueux Théâtre des États, a su me plaire de bout en bout.

Me pensant donc trop rustre, j’avais quelque peu renoncé en me disant que c’était gâché sur moi.

La Bayadère

Je ne connaissais pas La Bayadère (je vous ai dit, rustre inculte !) avant que ma collègue, une merveilleuse personne (mais chut, je préfère que ça reste un secret !), me donne envie d’y aller et que mimylasouris achève de piquer ma curiosité en me disant qu’il s’agit de son « ballet classique préféré ».

Confiante, je ne me suis du coup pas posée de question quand j’ai trouvé une place abordable sur la Bourse de billets de l’Opéra et c’était vraiment une très belle idée de cadeau.

Pour changer, j’y suis allée mieux préparée.

J’ai lu le déroulé du ballet, dans le magnifique programme prêté par ma collègue, pour ne pas me retrouver lors du spectacle à me dire On en est où dans l’histoire là ? Et c’est qui lui/elle ? Je ne comprends rien à ce qui se passe. Une fois que l’esprit n’a plus à se concentrer sur l’histoire et les personnages, c’est beaucoup plus facile de se laisser aller et d’apprécier ce que l’on voit.

Je me suis renseignée en amont sur le nom des danseurs et j’ai découvert que la distribution était un critère de choix (je pensais naïvement que celle-ci ne changeait pas durant toute la durée du spectacle…) et que parmi les balletomanes, on était prêt à aller voir le même ballet plusieurs fois pour comparer les distributions.

Je n’ai pas vraiment d’élément de comparaison, mais j’ai beaucoup aimé Laura Hecquet/Nikiya et Hugo Marchand/Solor. Valentine Colosante/Gamzati m’a fait une moins forte impression, peut-être étais-je trop occupée à regarder Nikiya et Solor pour pleinement l’apprécier. Les autres rôles m’ont beaucoup plu (mentions spéciales au danseur de l’Idole dorée, Fabien Revillion et au Fakir/Antoine Kirscher) également.

Pour des débriefs bien plus précis et pointus que les miens :

2016 : voir des belles choses.

J’ai passé une soirée formidable malgré quelques fâcheux qui n’auront pas réussi à me gâcher le spectacle (bien décidée à passer une bonne journée, j’ai réussi à enclencher mon mode /ignore).

C’était3 somptueux, enthousiasmant, magique, drôle, beau, fort, énergisant et émouvant. Ou dit autrement, c’était « wahou, grand sourire heureux et étoiles dans les yeux, sautille et tourne sur elle-même ». Et ça m’a fait du bien.

Enchantée par l’expérience, j’ai décidé qu’en 2016, j’irai voir plus de belles choses et que j’essaierai d’assister à toutes les avant-premières jeunes de l’Opéra4. L’occasion de découvrir l’Opéra Garnier en étant bien placée peut-être :)


  1. Je connaissais néanmoins déjà Bastille pour y avoir vu, le 26 avril dernier, mon premier opéra à Paris, Rusalka de Dvořák (forcément, pour braver le préjugé absurde que m’inspire l’Opéra de Paris, j’ai choisi un opéra tchèque pour me retrouver en terrain connu et puis bon… Dvořák <3), sublimement mis en scène par Robert Carsen. 

  2. À toi lecteur, lectrice qui ne connaîtrait pas, les Liaisons dangereuses de Laclos, c’est un cocktail « amour, sexe, séduction, mensonges, trahison et jeux de pouvoir » sous forme de roman épistolaire au style particulièrement savoureux. Quand je l’ai découvert en première, j’avais été fortement impressionnée et je m’étais jurée d’être moins naïve conne (j’étais impitoyable à pas encore 17 ans) que cette pauvre Cécile. 

  3. Il faut m’imaginer en train de parler vite et d’essayer de partager ce que je ressens tout en ayant un sourire de bienheureuse. 

  4. J’ai de la chance, je suis encore « jeune » pour l’Opéra. L’initiative est franchement sympa (10€ pour avec un peu de chance une super place en catégorie Optima), même si je ne suis pas fan de ces ventes avec ouverture à date et heure précises et places limitées. 

19 avril 2012

Lecture numérique, usage et expérience (IV) : ma liseuse.

Retrouvez les premiers billets sous le tag “lecture numérique” de ce qui s’avère être une série de billets plus longue que ce que j’avais envisagé au départ. Ici, un retour sur ma liseuse, la Sony PRS-T1.

Révélation(s)

La PRS-T1 donc. Et bien d’abord, impressions et premiers retours.

C’est fou ce qu’elle est légère et fine. C’est fou cette manie à persister dans le plastique glossy au rendu assez cheap à mes yeux. La Sony reste tout de même élégante et ne donne pas l’impression d’être un objet de pacotille. Mais c’est sûr, vous ne ferez pas “wahou’ comme en voyant un iPad. Absolument pas comparable de toute façon.

L’objet liseuse…

Légèreté et finesse, un plus incomparable. Elle s’ajoute à votre sac en se faisant oublier. A vous la liberté ! Depuis janvier, elle m’accompagne un peu partout même si je ne l’utilise pas tous les jours. Le glossy ? Et noir (choix entre blanc, rouge et noir) qui plus est… Idiotie ergonomique. Selon l’angle où vous la tenez, il est possible d’être gêné par un vilain reflet mais il suffit de trouver la bonne inclinaison et hop, c’est oublié. Mauvais point pour Sony tout de même.

Aspect général au bout de quelques mois. Alors sachez que je ne suis pas particulièrement soigneuse (cf. l’usage que j’ai parfois des livres de Poche). Quelques micro-rayures, pas trop visibles mais vous savez ce que c’est, une fois qu’on le remarque…, au niveau du glossy et surtout des traces de doigts qui sont un calvaire à faire partir. Aucune idée sur la longévité du slot SD parce que je ne m’en suis jamais servie. On verra par la suite.

Le stylet fourni m’est très utile. J’ai pris pas mal de notes manuscrites grâce à lui. On peut s’en passer mais c’est un ersatz qui compense ma manie de griffonner quand j’annote. Gros bémol, rien n’est prévu pour pouvoir l’attacher à la liseuse. Très facile à perdre donc…

… à l’usage.

Je passe sur les fonctionnalités de la liseuse que tout un chacun peut trouver partout. Je vous propose de vous présenter mes usages de la liseuse.

J’ai utilisé quelques rares fois le Wifi sur ma liseuse :

  • pour tester le téléchargement de livres directement sur la liseuse. Impec’ sur Feedbooks.
  • pour lire quelques blogs avec plus ou moins de succès selon les thèmes [1]
  • et euh… je crois pour In My Head de Jiminy Panoz mais ça remonte à janvier et je ne suis pas sûre. Je me souviens avoir apprécié l’histoire et je peux encore vous la résumer mais je suis passée à côté des musiques, écoutées après coup.


C’est clairement pas quelque chose d’essentiel au regard de mon usage mais ça reste une très bonne chose - surtout pour découvrir de nouveaux ouvrages et se passer de l’ordinateur pour les télécharger - et ça peut être très utile pour dépanner.

De même, je n’utilise pas du tout la possibilité d’écouter de la musique. J’imagine pourtant bien des livres en VO avec option où l’audio suivrait le texte pour pouvoir améliorer notre prononciation. Mais peut-être que ça existe ?

Avant tout de la lecture plaisir.

Essentiellement de la fiction. La liseuse est parfaite pour ça.

Dictionnaire

L’intégration des dictionnaires anglais-français/français-anglais ou encore anglais est plus que précieuse. Je regrette l’absence d’un dico français et je n’utilise pas les autres. Mais je n’ai lu que du français et de l’anglais pour l’instant.
Il y un dico anglais-allemand et réciproque, de même pour l’espagnol, l’italien et le néerlandais. La définition vient se loger en bas de l’écran quand on sélectionne le mot. Et, on retourne en un clic au récit.

Bémol cependant si vous voulez changer de dictionnaire. Dans mon cas, d’abord avoir la définition en anglais du mot anglais et ensuite si je ne devine pas en français (à noter également que le dictionnaire français/anglais et réciproque n’est pas tellement fourni puisque j’ai pu le mettre à défaut plusieurs reprises).
Il faut cliquer avec une pression longue sur le petit onglet à côté du dictionnaire en cours, ce qui ouvre ensuite une page avec tous les dictionnaires et vous permet de changer. C’est un peu fastidieux puisque vous quittez votre récit mais rien de tragique.

Une amélioration serait néanmoins la bienvenue. L’idéal serait de pouvoir définir un ordre de priorité pour les dictionnaires et ensuite en un clic passer au dictionnaire sélectionné en 2de position, etc. Un peu comme le système de passage d’un clavier à un clavier tchèque sur iOs si ça vous aide à visualiser.

Je déplore par ailleurs l’impossibilité de rajouter ou supprimer des dictionnaires à partir de la liseuse ou, à défaut, de l’ordinateur . Sony n’a visiblement pas prévu grand chose de ce côté là. Peut-être avec une mise à jour improbable de firmware. Il faudrait se tourner sur les forums d’utilisateurs comme Mobileread.

Annotations

Je n’annote pas beaucoup quand je lis pour le plaisir mais je souligne tout de même certains passages. Quand je travaille sur ma liseuse, j’ajoute souvent des notes manuscrites avec le stylet ou via le clavier. Le tout est relativement fluide, je n’ai pas à me plaindre.

Et je les exploite finalement ces notes ? Pas toutes et pas fréquemment quand il s’agit de lecture plaisir mais je sais qu’elles sont là et facilement consultables.

En effet, et c’est un bon point en la faveur de cette liseuse, on peut retrouver très aisément l’ensemble de ses notes (surbrillance, signet et notes manuscrites ou dactylographiées) rassemblées sous l’onglet “Toutes les notes”. Il est possible ensuite de n’afficher qu’un type de note, de les trier par date, par titre ou par nom de fichier. L’option de recherche est également très satisfaisante.

Autre solution, pour ne voir que les notes d’un ebook en particulier, le sélectionner puis appuyer sur la touche tout à droite qui fait apparaître différentes options, dont l’option “Notes”. En deux clics, vous avez l’ensemble des mots/phrases que vous avez souligné [2], les notes que vous avez écrites et les pages que vous avez cornées. Et vous avez toujours la possibilité de n’afficher qu’un certain type d’annotation et l’option recherche.

Ça m’a pas mal aidé pour un ouvrage scientifique - acheté à prix d’or et avec des DRMs incompatibles avec ma liseuse [3] - et mon travail de recherche. Plutôt que d’éparpiller mes notes un peu partout sur des feuilles volantes, tickets de métro et tout bout de papier à ma disposition, comme je faisais avant, tout est désormais réuni.

Reste l’export des annotations. Et c’est je dois dire un grand mystère pour moi. Je ne me suis pas encore penchée sur la question. Ho l’autre là, elle nous bassine sur l’importance de pouvoir exporter et conserver ses annotations et elle cherche même pas à savoir comment faire ?! Je regrette juste qu’il faille passer par l’ordinateur pour exporter les notes. Une option pour tout envoyer par mail et je pense que je l’aurais fait depuis belle lurette. Cependant, je crois avoir lu que l’export était possible et relativement aisé. A confirmer.

Les PDFs

Mon Dieu. Hérésie. Elle lit des PDFs sur sa liseuse 6 pouces. Ben oui. C’est pas optimisé pour mais si vous avez des PDFs avec essentiellement du texte, ça peut même très bien être parfaitement lisible.

Généralement, quand je peux, je passe le PDF à la moulinette Calibre pour qu’il me fasse un ePub dont le code ferait sans doute crier les spécialistes mais moi ça me suffit tant qu’il ne s’agit pas de longs textes. Quand ce n’est pas possible, et bien la liseuse gère vraiment pas mal du tout, même si c’est parfois un peu lent et moins fluide qu’un epub. En bonne geek de l’UE, j’ai testé avec la Charte des droits fondamentaux, le TUE et le TFUE.

Alors, je ne vais pas vous mentir. C’est bien moins agréable et rapide qu’à l’ordi ou j’imagine que sur un iPad mais le zoom marche et le rescale (mise à l’échelle ?) de la liseuse est loin d’être mauvais. Au départ, je pensais qu’on devait obligatoirement zoomer, et c’était relativement fastidieux. Un tour dans les options (accessibles sans quitter le PDF) pour agrandir la police, et magie, la liseuse semble découper le PDF pour qu’il s’adapte pile poil à l’écran. Sauf que, sauf que… C’est du découpage en 4 d’une page (de ce que j’ai compris) et le passage à une autre page n’est pas vraiment facile.

Du coup, je ne lis que rarement des PDFs (c’est pas fait pour…), alors que j’avais espéré pouvoir envoyer une partie des PDFs que je dois lire sur ma liseuse. Tant pis, ça dépanne quand même d’avoir les traités à portée en attendant d’en faire un, joli et fonctionnel, epub.

Conclusion et remarques d’ordre général (ou la rubrique fourre-tout)

Et le tactile dans tout ça ?

Bien pratique pour les annotations, pour choisir son livre et pour tourner les pages pour avoir la définition d’un mot. Et c’est déjà beaucoup. Pour tourner les pages, j’utilise généralement les boutons physiques de la liseuse [4] La disposition des flèches gauche/droite côte à côte dans un coin de la liseuse me convient parce que je peux ainsi aisément avancer ou revenir en arrière d’une main. C’est bien pensé de la part de Sony.

La gestion de la bibliothèque.

La Sony se débrouille particulièrement bien mais je ne connais pas les autres liseuses.

Un petit truc qui m’agace, c’est l’inesthétique bulle “New” sur tous les ebooks importés et jamais ouverts.
Passons sur ce léger détail.

Autre point, l’écran d’accueil se divise en trois parties. Tout en haut, la liseuse vous propose de reprendre le dernier livre ouvert et où vous vous êtes arrêtés dans votre lecture. Ça c’est super, plus besoin de chercher à quel passage on s’est arrêté [5]. Ensuite, la liseuse met en avant les trois derniers livres que vous avez transféré. Pourquoi pas… Mais, je préférerais avoir les trois derniers livres lus. Tout bêtement parce qu’il m’arrive de jongler entre l’ouvrage scientifique que je suis obligée de lire et un roman.

Heureusement ensuite, vous avez la possibilité, une fois dans l’onglet “Livres”, de choisir la façon dont vous voulez les ranger (par titre, date d’ajout, auteur ou dernière date de lecture) et la fonction recherche marche très bien pour retrouver un bouquin que ce soit via son titre ou via l’auteur [6].

Et puis, le petit truc en plus que j’aime. C’est la possibilité de faire des “collections” et regrouper ainsi des livres selon ses envies. Très facile à coupler avec Calibre auparavant cité, l’équivalent de Itunes ou de Lightroom mais pour mes livres. Depuis la liseuse par contre, si j’ai trouvé comment créer une collection, je n’ai pas trouvé comment rajouter des livres dans la dite collection. C’est sans doute possible mais ce n’est tout bonnement pas intuitif et je vais devoir parcourir le manuel d’utilisation, ce que je n’ai jusque là jamais eu besoin de faire.

Juste un dernier petit truc. Les polices d’écriture : vous n’en avez que 7 [7] à la Kobo que j’avais testé en magasin. Personnellement, j’utilise soit la police originale soit Amasis ou “Really No 2” qui ressemblent à Georgia et Garamond et que je trouve agréables pour lire.

Et voilà.

Je crois que j’ai fait le tour, je n’ai pas abordé certains points techniques parce que je pense qu’on peut les retrouver dans d’autres tests et avis et parce que mon retour est déjà assez long et peut-être pas assez synthétique. J’aurai voulu aborder la lecture de journaux mais je ne m’en sers quasiment jamais parce que je préfère lire la presse sur l’ordinateur.

Je suis vraiment pleinement satisfaite de cette liseuse dont je n’utilise pas toutes les fonctions (mais qui sait si je ne leur découvrirai pas une utilité dans un futur plus ou moins proche).

C’est presque la fin de cette série “La lecture numérique”. Je pense consacrer encore un billet sur l’offre numérique mais ce n’est pas pour tout de suite.

Notes

[1] Juste pour dire, très bon travail pour Ductile ;) Ça passe très très bien.

[2] J’utilise beaucoup la surbrillance pour ensuite les retrouver dans cette liste de notes : très utile pour engranger du vocabulaire par exemple.

[3] Ou c’est moi qui ne pige rien au DRM Adobe. En tout cas, après m’être arrachée les cheveux dessus pendant 2h, j’ai tout bonnement décidé de tomber dans l’illégalité et de faire sauter le DRM (moins de 5 minutes) pour pouvoir lire le bouquin.

[4] Je ne sais pas vraiment pourquoi ceci dit puisque le tactile marche bien. Mais c’est pour moi plus rapide parce que tout juste sous le pouce de la main qui tient la liseuse.

[5] Je ne sais pas vous, mais ça m’est arrivé plus d’une fois qu’on ferme mon livre (papier) ou que mon marque page glisse.

[6] Note : je n’ai qu’une centaine de bouquins dans ma liseuse. Il faudrait refaire un point quand j’en aurai plus pour voir si cela affecte la rapidité de la recherche et de la liseuse en général.

[7] Amasis, Frutiger Neue, Palatino nova, Really No 2, Univers Next, Verdana. Les polices soulignées sont de la même famille, sans doute des linéales si je me souviens correctement des différentes catégories en typographie et je les apprécie moins.

17 avril 2012

Lecture numérique, usage et expérience. (III)

Retrouvez les premiers billets sous le tag “lecture numérique” de ce qui s’avère être une série de billets plus longue que ce que j’avais envisagé au départ et que du coup, j’envisage de remanier un peu un jour parce que je n’ai pas pris le temps de me relire [1]. Vous pouvez également commencer directement ici, ce troisième billet étant quasi indépendant des deux premiers.

Tentation

Les premières liseuses ou e-readers sortent. Je suis tentée mais je ne considère pas le marché prêt. Et puis surtout, elles font pâle figure ces liseuses. Elles me rappellent nos vieilles ardoises magiques. Les élégantes sont hors de prix. Je suis tentée mais je ne cède pas. Des fonctionnalités annexes qui m’intéressent ne sont pas au rendez-vous et le prix est un sérieux frein.

Entre temps, Apple sort l’iPad. Avec le succès qu’on lui connaît. Vous vous rappelez les rumeurs de l’époque ? Une tablette à 1000 euros qu’on pensait que ça serait. Un gadget, un bide selon certains sur MacG. Je ne sais pas trop quoi penser. L’iPad est un magnifique objet/jouet/outil et un peu un OVNI à sa sortie annoncé comme sauveur de la presse par cette même presse. Mais, l’écran rétroéclairé n’est pas, et de loin, aussi confortable, pour une personne qui lit comme moi quasiment toute la journée, que le papier ou l’encre électronique e-ink. Dommage. Comme beaucoup, je rêve d’un iPad identique en tout point mais avec technologie e-ink en plus.

Quelques précisions à ce sujet et j’insiste dessus en tant que myope. Vous ne vous rendez même pas compte à quel point votre vue est précieuse. [2]

L’e-ink, c’est loin d’être juste du marketing du côté des fabricants de liseuses. On peut avoir l’impression que l’écran rétroéclairé n’est pas si fatigant que ça. Et ce n’est pas entièrement faux si votre écran est bien réglé. Sauf que généralement, on a tendance à le garder trop lumineux. Je sais que c’est mon cas par exemple

Vous voulez mon secret pour passer en moyenne plus de 12h/jour à lire et écrire sur mon écran qui ferait presque bronzer ? Bon, vous le répétez pas, juré ? J’ai subi un entraînement intensif au sein des services secrets yougoslaves pour ne pas être déstabilisée par les fortes lumières des interrogatoires. Fatigue oculaire importante entraînant baisse de la vue temporaire (heureusement !), obligation d’aller chez l’orthoptiste pour rééduquer ces yeux devenus flemmards à force de fixer l’ordi.

Vous ne pouvez pas savoir combien l’e-ink m’a changé la vie (grosse économie de papier surtout !). Ça et de nouvelles habitudes également. L’ennemi, ce n’est pas tant l’écran que l’environnement dans lequel vous travaillez. Ne bossez pas dans des endroits mal éclairés. Ça tombe sous le sens mais on est plein à ne pas éclairer assez. Et rigolez pas hein, je m’oblige à jeter des coups d’œils sans bouger la tête autour de moi pour forcer mes yeux à travailler et éviter de fixer l’écran trop souvent. Et je m’astreins à avoir des phases de frappe sans regarder l’écran mais le clavier.

Ça vaut ce que ça vaut. Le mieux serait encore de faire des pauses mais ce n’est pas toujours évident.

Hésitation

Quelle liseuse l’emportera ?

Évolution technologique et baisse des prix. On y est !
Je n’accroche pas au look de la Kobo [3]. La Kindle et la non gestion native des epubs me refroidit sans compter le précédent doucement ironique du roman 1984 d’Orwell - j’entends bien Amazon n’avait pas le choix et se trouvait dans l’obligation de supprimer l’ebook acheté.

Reste qu’il est hors de question de laisser le constructeur de ma liseuse toucher à son contenu. Je pleurerais de rage s’il décidait de supprimer un livre sur lequel je travaille en ce moment pour mon mémoire, non seulement parce que je n’aurais plus accès à un livre que j’ai acheté au même prix que sa version papier et que toutes mes annotations [4] seraient irrémédiablement perdues et qu’elles m’appartiennent. It’s mine. My own. My precious.

Restaient la Cybook Odyssey de Bookeen au nom évocateur joliment choisi ou la Sony PRS-T1 au nom… cryptique pourri, disons le sans détour, et puis facile à retenir surtout… Toutes deux élégantes. Toutes les deux au même prix si on ne voulait pas de la surcouche Virgin.

Et la gagnante est… la PRS-T1 ! La quoi ? La PRS-T1 voyons ! La quoi ? La Sony ! Aaah, la PRS-T1 !

Je vous passe le pourquoi du comment technique, vous trouverez ça partout (et pourquoi pas sur le forum lire-numérique). Sachez seulement qu’il n’y a pas de mauvaises liseuses en soi. La mauvaise liseuse, c’est celle qui ne répond pas à vos besoins et à votre cahier des charges. Bien sûr, c’est toujours rassurant ou inquiétant et intéressant de lire le retour des utilisateurs mais au final, vous êtes tout de même censé mieux connaître vos besoins que les autres et surtout, ils ne peuvent pas choisir pour vous.

Notes

[1] C’est mal et je laisse sans doute m’échapper des fautes. Je passerai un petit coup d’Antidote dès que possible. En même temps, il faut bien comprendre que ces billets n’ont aucune prétention (je ne suis pas spécialiste du numérique, de l’édition, etc.) que celle de pouvoir peut-être aider une âme en perdition ici et que mon blog est un peu le lieu où je relâche la pression et oublie les conventions universitaires.

[2] Pas encore 23 ans et déjà maman poule… ;)

[3] Mais les fonctionnalités semblent impec’ et elle a un large choix de polices d’écriture.

[4] Je ne peux pas évoquer les annotations - sujet ô combien passionnant - sans vous renvoyer sur le site de SoBookOnline.

Lecture numérique, usage et expérience. (II)

Après ce, j’espère, charmant petit, mais non moins long, épanchement sur mes premiers amours : les encyclopédies numériques.

Passons à la vitesse supérieure en faisant un crochet par le secondaire. De pis en pis… si quelqu’un me lit jusqu’au bout, je crois que je peux m’estimer heureuse.

Fascination

Charmée et fascinée par les potentialités offertes par la technologie ; jeune, enthousiaste et naïve, je rêve.
De plans de cours et d’annexes envoyés à l’avance [1] comme support.
De manuels numériques pour remplacer les enclumes que sont nos sacs.
D’ouvrages classiques tombés dans le domaine public et accessibles gratuitement sur l’ordinateur. Ou comment précipiter une fatigue oculaire prématurée.

Forcément, au lycée, les ordinateurs portables étaient encore chers, les netbooks n’existaient pas, et encore moins les liseuses et tablettes dans la forme où on les connaît [2] et le remplacement des manuels n’était pas envisageable - il ne l’est d’ailleurs pas encore. Ce n’était que douces rêveries, peu originales par ailleurs, et j’étais loin d’imaginer les sauts technologiques qui eurent lieu.

En parlant de saut, faisons un bond dans le temps pour en arriver à ce qui nous intéresse le plus, le présent.

Je n’ai pas fait ce détour pour rien et je le crois utile pour planter le lecteur le décor.

Lecture numérique, ebooks et vie pratique.

Vous l’aurez compris à travers ces lignes que mon attrait premier pour la lecture numérique, ou disons le numérique en général, a d’abord été scolaire et ensuite universitaire. C’est/ce sont en effet un/des outil(s) pédagogique(s) mais aussi scientifique(s) à très fort potentiel à mes yeux et j’envie les futures générations.

Des exemples concrets : entre usages souhaités et usages réels.

Encyclopédies, dictionnaires, revues, journaux, articles, manuels, ouvrages techniques ou scientifiques, notices et que sais-je encore, tout ça me semble avoir tout intérêt à passer au format numérique parce que les avantages sont légion [3].

Rapidement et très concrètement en ce qui concerne les notices et instructions de montage. Un PDF ou un epub les remplacerait tout aussi bien. On peut aussi imaginer des photos ou des vidéos pour remplacer les schémas parfois sibyllins proposés. IKEA est déjà passé à la première étape qui consiste à proposer sur son site toutes les notices en téléchargement. La prochaine, à mes yeux, serait de ne plus imprimer. Et des mauvaises langues de me dire que tout le monde n’a pas : accès à Internet, d’ordinateur, de liseuse ou de tablette. Et bien le vendeur de meubles pourrait si besoin lui imprimer une copie avec ces imprimantes à manuels et livres.

Quant à la presse, l’iPad offre une jolie et tentante alternative au papier. De mon côté, n’ayant pas de tablette, j’attends encore une offre sérieuse et pensée pour les liseuses. (Généralement, le mieux qu’on nous propose, c’est un PDF qui reprend exactement le format papier.) Et malheureusement, je crois qu’on peut attendre encore longtemps… Je reviendrai dessus.

Le numérique et les ebooks dans le milieu scientifique et universitaire.

Ce qui m’intéresse le plus, c’est le monde universitaire et scientifique. Il ne faut pas croire qu’il soit à la ramasse et vieux jeu pas comme en prépa. Bien au contraire !

J’ai découvert avec joie les revues électroniques à la fac et le nombre incalculable d’abonnements dont nous disposons, nous étudiants, parfois à notre insu. Seulement, c’est complexe, brouillon parfois et gros grief la consultation a longtemps et est toujours dans de nombreux cas limitée à une consultation sur les postes de la BU.

C’est d’ailleurs la même chose pour la BNF qui a un gros train de retard en la matière. Imaginez donc, les ordinateurs sont des ancêtres avec un navigateur qui ressemble fort à IE6 et la consultation des documents est fortement désagréable. Si une consultation à domicile (en cas je ne sais pas moi de séjour à l’étranger) serait idéale, et après tout c’est possible dans certains cas à la Bibliothèque Sainte Barbe [4], Paris IV, Paris III (selon l’humeur du réseau), Nanterre (Paris X ?) et Versailles-Saint Quentin en Yvelines ; je n’en demande pas forcément autant (enfin si en fait). S’il était juste possible de consulter ses ressources sur notre propre ordinateur via le réseau de la bibliothèque, ça serait déjà pas mal.

J’ai l’air de me plaindre comme ça mais je me rends bien compte des ressources nécessaires derrière ce que je demande et à côté de ça, il existe de très bons portails.

Mes portails de revues préférés :

  1. Revues.org que j’utilise sans doute à 1/10e de ses possibilités. D’ailleurs, pour toute personne intéressée par les Balkans, Balkanologie est un must.
  2. Cairn : génial quand on y a accès via une bibliothèque ou la fac. Sinon, ça revient cher :/
  3. Persée dont j’aime moins l’interface par rapport aux deux autres mais beaucoup de ressources accessibles gratuitement.


Le hic ? Tout est en PDF et pour avoir un usage universitaire de sa liseuse, c’est pas vraiment ça.

Et donc, les revues/ressources électroniques, c’était le côté positif de la chose et ce qui marche plus ou moins bien.

Évidemment, il y en a une ici qui n’est pas tout à fait heureuse avec le système actuel de prêt de livres. Vous êtes malheureux étudiant en master (en Erasmus), vous devez faire un mémoire ? Pire, vous êtes thésard ? Mais quelle idée, pauvre fou ! Ou vous êtes tout simplement un étudiant qui doit lire tel ou tel manuel recommandé par le professeur qui explique que non, personne n’est obligé de l’acheter puisqu’il se trouve à la BU [5]. Selon le domaine, c’est difficile à mission impossible d’avoir l’ouvrage qui vous intéresse [6].

Si après ça, vous ne voyez pas l’intérêt du numérique et des ebooks… Je ne parle même pas de format ici. C’est que vous n’avez aucune empathie pour ces étudiants et chercheurs dans leur quête du Graal savoir. Partage et accès facilité à un grand nombre d’usagers. Réduction des coûts (ça reste à vérifier si on prend en compte les investissements nécessaires). C’est ça que permet le numérique. Et je ne fais que répéter ce que tout le monde dit. Espérons que des systèmes de prêt en format ebook se développera rapidement.

Reste à faire bouger les choses et les éditeurs ; le nombre d’ouvrages universitaires et scientifiques mais aussi de manuels disponibles en ebook étant actuellement assez risible.

Prochain épisode, retour d’expérience avec ma liseuse. Enfin du concret diront certains !

Notes

[1] Le premier qui me dit que j’avais de bien tristes rêves à l’époque, je le flûte. J’étais une élève studieuse en plus d’être quelqu’un de curieuse.

[2] Fichtre ! Quand je me lis, j’ai l’impression que 2005-2007, c’était la préhistoire.

[3] Rapport avec les Romains du précédent billet. Ah comment ça c’est nul ? Je devrais avoir honte d’utiliser les notes de bas de page pour des bêtises. Oh bon, d’accord j’arrête les blagues douteuses !

[4] Ma bibliothèque universitaire préférée ! Loin devant Sainte Geneviève et la BNF.

[5] Généralement, il y a au mieux trois exemplaires dont un qui reste obligatoirement à la BU. Imaginez pour 90 étudiants…

[6] Quand vous n’étudiez pas à Paris, c’est quasi mission impossible à quête épique pour espérer obtenir l’ouvrage qui vous intéresse. J’exagère un peu mais c’est pas loin de la vérité.

Lecture numérique, usage et expérience. (I)

Genèse : découverte de la lecture numérique.

En 3e (en 2004, je crois), ma mère m’offre généreusement un ordinateur couplé par la suite à un abonnement ADSL illimité - devenu enfin relativement abordable - et dégroupage total. Comble du luxe, l’ordinateur ne sera pas dans le salon mais dans ma chambre. Pas de contrôle parental, une confiance absolue en moi.

Je découvre alors et me familiarise à la lecture sur écran [1].
Wikipédia n’existe pas encore à l’époque, j’installe Encarta et Universalis. Petite révolution pour moi que ce nouvel outil.

Je n’ai jamais trouvé les encyclopédies papier imprimées [2] très pratiques. Volumineuses, imposantes voire intimidantes et lourdes, par contre oui. Hyperliens, sons, vidéos, et images viennent agrémenter le texte ; autrefois austère et parfois minuscule, désormais à la taille voire même à la police personnalisable (si mes souvenirs ne me trompent pas). Une recherche à faire pour les cours et volonté d’approfondir mes connaissances sur les sujets abordés. Je lis avidement les pages concernant les mythologies grecque, romaine et égyptienne ; les religions (alors en pleine crise de contestation du catholicisme) ou encore l’histoire de France [3] avec un intérêt particulier pour le Moyen-Âge et la Révolution française et tant d’autres sujets.

Le tout jusqu’à en être ivre de savoirs. Je me souviens encore très nettement, parce que ce sentiment ne m’a pas quittée, de l’euphorie ressentie devant toutes ces connaissances à portée de clics et renvoyant à d’autres sujets inconnus découverts ainsi.

C’est à ce moment que commence ma rapide conversion à la lecture numérique.

Notes

[1] Je ne compte pas les heures, assez négligeables, passées au CDI sur les ordinateurs, la plupart du temps inacessible.

[2] Bouh, le vilain anglicisme !

[3] Je me demande encore ce qui m’a poussée à ne pas faire d’études d’histoire.

11 mars 2012

Antonin Dvořák, Le Jacobin au Théâtre national (Narodní divadlo)

Mon université regorge de belles surprises et outre le club de cinéma, j’ai découvert que nous avons la chance d’avoir un club Erasmus très actif qui se charge de réserver des billets de ballets et d’opéra pour tout étudiant intéressé à des prix incroyablement accessibles.

L’Opéra…

Hier, pour la première fois, je suis allée voir un opéra au Théâtre national de Prague [1].

C’est idiot, mais j’ai toujours considéré l’opéra (le lieu) comme inaccessible, réservé à une élite fortunée et/ou érudite, ou tout du moins à un cercle restreint d’initiés dont il faut connaître les codes. Je sais pertinemment que ce n’est pas (tout à fait) vrai, que des efforts pour élargir le public ont été faits et continuent d’être faits. Il n’empêche que j’ai toujours été intimidée et en France, il ne me serait jamais venu à l’idée de, ne serait-ce que, regarder le programme de l’Opéra national de Paris. Les préjugés ont la vie dure…

En jean baskets, loin de l’élégance arborée par un certain nombre de Praguois et Praguoises pour le plus grand plaisir de mes yeux [2], j’avais l’impression de faire tache dans ce décor somptueux qu’est le Théâtre national de Prague. Aucune remarque désobligeante toutefois, le public étant assez hétérogène.

Le Jacobin

Opéra apparemment très populaire en République tchèque, je n’en avais toutefois jamais entendu parler (ce qui ne veut, certes, pas dire grand chose vu mes maigres connaissances en la matière d’opéra) et je n’ai pas voulu faire de recherche préalable pour me laisser le plaisir de découvrir l’œuvre de Dvořák que Radio Prague vous présentera et résumera mieux que moi.

L’intrigue est somme toute assez simple et reprend différents clichés littéraires familiers : la brouille entre un père et son fils entretenue par un malentendu, la figure de l’arriviste ambitieux avide de pouvoir, les jeunes amoureux contrariés, le bon et gentil adjuvant (ici le professeur de musique). Le tout sur un doux fond d’exil et de retour au pays, avec célébration de l’amour tchèque pour la musique.
Tant mieux, ça permet de se concentrer sur la musique et le chant (et pour moi, de regarder les surtitres tchèques et anglais. [3])

Un mot sur la mise en scène que j’ai beaucoup aimé.
Un décor simple, de même pour les costumes. Je n’ai pas bien compris le coup des grandes chaises mais j’en ai apprécié l’usage très dynamique dont vous pouvez avoir un aperçu sur le site du Théâtre national.
Ce qui m’a surtout plu, c’est l’introduction du chef d’orchestre lors du deuxième acte. Celui-ci s’ouvre sur les dernières répétitions de la chorale menée par le professeur de musique qui fait l’appel et attend les retardataires dont fait partie le chef d’orchestre. De même, j’ai bien aimé le fait que les “enfants” de la chorale se chamaillent et jettent avions et boulettes de papier dans la classe mais aussi sur l’orchestre. Des petits clins d’œil sympathiques rappelant la présence de l’orchestre qu’on oublie je pense parfois.

Je connaissais déjà un peu Dvořák, je n’ai pas été déçue.
Déformation de formation, j’ai guetté la harpe qui n’apparaît qu’à l’acte III de façon assez anecdotique bien qu’elle soit bien mise en valeur par le solo. Si j’ai apprécié l’ensemble, je retiens deux moments en particulier que je trouve très réussis :

“Znate je, znate je”

Le titre qui n’a aucun rapport mais j’ai la réplique dans la tête.
Vous l’aurez compris, je suis vraiment heureuse d’avoir eu l’occasion d’aller voir un opéra et d’avoir découvert celui ci.
Décidément la culture tchèque, pour laquelle j’ai toujours ressenti une attirance inexpliquée, n’en finit pas de m’enthousiasmer.

J’ai failli me contenter d’un “Wahou” pour ce billet mais je suis contente d’avoir posé quelques mots dessus même si je ne suis pas tout à fait satisfaite.

Notes

[1] Je me rends compte que la phrase peut prêter à confusion. J’insiste donc, il s’agit bien de mon premier opéra. Pas d’une première fois au Théâtre national même si en l’occurrence, c’est aussi le cas.

[2] J’avoue une certaine admiration roturière pour ces élégant(e)s.

[3] J’étais vraiment contente de comprendre près de la moitié de l’opéra sans les surtitres anglais.

21 janvier 2012

Le Chat noir, Edgar Allan Poe

Pour m’obliger à lire plus et surtout à faire des comptes-rendus de mes lectures, je participe au défi de Missbouquinaix : “Lire en anglais”. Inscrite en tant qu’anglophone chevronnée, je m’astreins à lire au moins 12 livres en anglais et à en faire un compte-rendu en français. Difficulté supplémentaire rajoutée, je ferai au moins la moitié des comptes-rendus en anglais également.

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2 janvier 2012

Dévoreuse de livres

Cet été, alors que j’essayais de me souvenir des livres que j’avais lu depuis septembre, je me suis rendue compte, après avoir péniblement fait travailler ma mémoire “limitée et défaillante”, que je lis beaucoup moins qu’avant (en ne comptant pas les journaux et tout ce qui est lecture pour les cours) et que mes souvenirs, quand ils sont encore présents, ne sont que des “pâles résumés” de l’œuvre.

J’ai toujours été une lectrice passionnée et impatiente. Plongée très vite dans l’univers de l’auteur, je sympathise avec les personnages ou les déteste, partage leur angoisse, leur joie, leur déception. En bref, tout.
Très sensible, les romans avaient - et ont encore quoique moins - une très forte emprise sur moi. Impossible de me détacher d’un livre une fois entamé et de le fermer. Alors je dévore, je cours jusqu’à la fin, passant en hâte sans apercevoir ces belles tournures de style, ces détails décisifs. Une fois le sprint (ou le marathon dans certain cas) fini, je me dis que la prochaine fois je lirai moins vite, que je savourerai plus.
Et à chaque fois, je recommence à courir.

Ou parfois, je triche. Et je lis la ou les dernières pages du roman. La lecture est alors plus calme et agréable, connaissant l’issue du voyage, je l’apprécie d’autant plus.

Depuis, je me suis forcée à essayer de garder quelques traces de mes lectures. Si possible un billet ou au moins des notes dans un carnet. Au final, beaucoup de notes éparses, hiéroglyphes griffonnés à la hâte, incompréhensibles pour le commun des mortels et bien souvent de moi.

La lecture de la postface de François Ricard dans L’ignorance de Kundera m’a quelque peu rassurée et je me sens moins coupable des mes oublis :

(…) “ce qui constitue l’un des problèmes séculaires du roman : la mémoire limitée et défaillante du lecteur. Lire un roman, en effet, c’est toujours plus ou moins le « dévorer », c’est-à-dire, qu’on le veuille ou non, oublier ce qu’on lit à mesure qu’on le lit, négliger le détail des phrases, des scènes et des pensées, si frappantes qu’elles nous paraissent sur le coup, pour n’en retenir qu’un pâle résumé permettant la poursuite de notre lecture. De sorte que, malgré la meilleure volonté du monde, nous sommes fatalement des lecteurs myopes et distraits.”


Je continue occasionnellement selon mon humeur à noter des bouts de phrases ou les embryons de réflexion qui me viennent à la lecture d’un passage. Elles resteront sans aucun doute éparpillées un peu partout. Des petits bouts sur mes tickets de métro, perdues en marge de quelques pages ou d’autres sur Evernote ou .doc qui trainent sur l’ordi.

Ce que je veux faire par contre, c’est au moins faire un petit bilan de mes lectures. Tous les trois, six ou douze mois, je ne sais pas encore. Ou au fur de l’envie. Ça ne m’apportera sans doute pas grand chose plus tard de savoir que j’ai lu Errance de Depardon en janvier 2012 mais qui sait.

Petite rétrospective donc. Après tout, c’est la période ;)

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