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Moi, Je & Ego

Egotist, n : A person of low taste, more interested in himself than in me.

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3 octobre 2017

Sectobre

Septembre, c’est toujours ce mois qui passe un peu vite parce que je reprends doucement ma vie francilienne et sa cadence effrénée et épuisante. Cette année, je n’ai tellement rien vu venir que j’ai dû mal à croire qu’un mois ait pu se caser aussi furtivement entre mon retour et maintenant.

Trop de monde, trop de bruit. Les premiers jours dans les transports sont les plus difficiles. Ce quotidien semble tellement absurde et j’ai une pensée pour tous ceux qui sont contraints de faire l’aller-retour métro-boulot-dodo tous les jours dans des conditions parfois déplorables. Coincée entre deux inconnus, je peste contre le manque d’investissement dans le réseau ferré francilien, les chefaillons présentéistes, les personnes sur les voies… Et puis, doucement le corps et l’esprit se réhabituent et recréent une bulle où se lover.

À peine rentrée, direction Londres le temps d’un long week-end pour aller voir l’exposition Pink Floyd au Victoria and Albert Museum qui est… insérez ici vos adjectifs et vos interjections dithyrambiques préférés… waouh !

L’expérience est géniale. J’en suis ressortie débordante d’enthousiasme avec l’envie d’y retourner tellement ses contenus sont riches, passionnants (iconographie, musiques, films, témoignages, instruments, décors)1 et très bien mis en valeur. On pourrait facilement y passer la demi-journée ou plus.

Retour à Paris et en banlieue. Les souvenirs s’entremêlent déjà badminton, les balades automnales en forêt et en bord de Seine, les glaces Berthillon sous le soleil.

Et puis Lille, brièvement pour le boulot. Mieux vaut ne pas calculer le ratio sucre absorbé/temps passé sur place entre les gaufres fourrées, le merveilleux et le cramique avalés le même soir. Le peu que j’en ai vu avait l’air très sympathique et j’ai hâte de pouvoir y retourner.

Pas si mal pour un mois de septembre où j’ai eu le sentiment angoissant de ne rien réussir à faire et à gérer.


  1. Je n’ai pas pris le catalogue de l’exposition sur le coup (c’est lourd !), mais je pense que je vais me rattraper. 

21 septembre 2017

Dix ?

Ce blog regorge de billets d’annonce de reprise qui pour diverses raisons ont toutes finies en queue de poisson, mais depuis 2006 ou 20071 et mon passage à Dotclear, je ne l’ai jamais fermé et j’ai toujours pris soin de le mettre à jour même quand je n’écrivais plus.

Mon bol de céréales ne s’est pas trompé, Bribes de réel semble effectivement destiné à une espérance de vie bien plus longue que celle de ses malheureux prédécesseurs (et de toutes les autres expériences parallèles2 ouvertes ensuite).

À l’origine, je trouvais le blog trop bien nommé pour un blog perso. J’avais de naïves velléités d’écriture que la prépa piétinera. Oser écrire alors que je ne sais que balbutier et aligner maladroitement des mots ? Près de dix ans plus tard, je me souviens encore de cette blessure infligée par ces premiers mal dit ou très mal dit en marge de mes copies.

Mon rapport au langage est encore aujourd’hui très difficile et j’enrage souvent de me sentir si maladroite et pataude. Je ne vous parle même pas de ma frustration avec le vietnamien ou le croate. L’une de mes obsessions et de mes angoisses existentielles, c’est de ne pas réussir à m’exprimer et de perdre l’usage du langage : oublier les mots, ne plus les comprendre et devenir incapable de dialoguer.

Face à cette angoisse qui se fait plus forte depuis quelques années, j’aimerais m’astreindre à plus de régularité ici (ou sur un autre format, peu importe). Sortir des listes à puce, des quelques bouts de phrases verbales que je griffonne ou saisis hâtivement ou péniblement un peu partout. Carnet(s), bouts de papier, diverses applis sur iPhone ou iPad, fichiers textes sur l’ordi, véritable capharnaüm numérique.

Le début de ce billet a été écrit peu après mon retour de Croatie, j’étais alors très enthousiaste, stimulée par mes lectures de François Bon. Je le reprends une dizaine de jours plus tard, avec moins d’énergie, mais encore motivée3.

À suivre. En attendant, joyeux non-anniversaire à Bribes de réel !


  1. N’ayant pas gardé ou perdu certaines de mes archives, le blog n’a pas de date anniversaire. Vous ne trouverez d’ailleurs pas un seul billet écrit à cette époque dans mes archives. Le seul rescapé de ma folie destructrice et de mon inconscience informatique (des sauvegardes, mais pourquoi faire ?) est désormais hors ligne. 

  2. J’aimais beaucoup tester de nouvelles plateformes, trouver des noms et m’éparpiller, mais je ressens dernièrement le besoin de me recentrer sur un nombre restreint d’outils et d’endroits. Alors même que j’écris cette note de bas de page, il me vient l’idée et l’envie d’ouvrir un nouveau blog que j’intitulerais Notes de bas de page

  3. Je ne me sens pas encore capable de m’imposer des défis chiffrés comme le NaNoWriMo ou le projet Bradbury qui m’inspire plus, mais j’aimerais bien écrire une fois par semaine au moins. 

31 août 2017

Derniers jours

Les longues et nonchalantes journées d’été s’étiolent inexorablement. Soudain août s’achève déjà, emportant avec lui la torpeur estivale.

Mon autre vie, mon quotidien, se rappelle à moi. Il faut songer à rentrer. Le cœur un peu plus lourd chaque année depuis cette double prise de conscience il y a dix ans que mes deux vies, croate et française, s’éloignent peu à peu malgré mes efforts et que la part croate se réduira certainement un peu encore au fil des années. Alors je multiplie les allers-retours, mais ça ne suffit pas à adoucir cette mélancolie secrète que je dissimule à ma famille.

À chaque fois, la fermeture de cette parenthèse croate que j’associe intrinsèquement à l’été (et inversement, il n’y a véritablement d’été que s’il est passé en Croatie) est une déchirure que je comble de larmes une fois dans la salle d’embarquement.

Je n’ai pas les mots pour exprimer, avec justesse, l’amour que je ressens envers ce petit bout de village familial, l’Adriatique et ces montagnes qui m’entourent et gardent précieusement les souvenirs que je leur ai confiés.

Aussi m’en vais-je les contempler, encore tant que je le peux, sous les étoiles.

2 août 2017

Burning 🔥

La version 2.12 de Dotclear est sortie et j’ai enfin mis à jour ! J’en profite donc pour écrire un billet et donner des nouvelles, du fin fond de mon petit village croate où je passe l’été.

Je commence à ralentir progressivement la cadence effrénée des derniers mois. Il était temps. Au bout d’un moment, le corps et le cerveau ne suivent plus ; la mule ne veut plus tirer. Je reconnais être proche de la saturation et du burnout, malgré des conditions de travail assez idéales (télétravail, holacratie, horaires souples…). Sur le sujet, je vous renvoie vers l’excellente initiative et sensibilisation de Marie-Cécile Paccard et Goulven Champenois sur le burnout, Burnout : rallumons la flamme.

Au programme d’août, continuer à aller nager tôt le matin ou lorsque le soleil se couche, me promener dans la montagne, passer du temps avec ma grande famille, lire, me reposer et regarder les étoiles en espérant en voir filer quelques unes. Rajoutons à cela si j’ai le temps, m’occuper de mon blog1 et écrire plus :)


  1. Chantier en cours comme vous pouvez le voir ! 

18 juin 2017

Ces petites choses qui font les grandes

Cette année 2016-20171 a été extrêmement riche professionnellement avec 4 embauches formidables, des projets intéressants et stimulants, de nouveaux clients, des idées et des envies à foison.

Ça me démange parfois parler de mon boulot ici et ne pas me contenter de l’évoquer parce que notre projet d’entreprise est une aventure qui me passionne autant que notre domaine d’expertise. Néanmoins, j’aime trop l’idée que ce blog soit un espace personnel, éloigné de ce boulot qui prend déjà tellement de place, non que je m’en plaigne, dans ma vie.

Lorsque tout s’accélère et que la fatigue, la frustration et le stress s’accumulent jusqu’à provoquer un sentiment d’étouffement et de ras-le-bol, je m’accroche aux petites choses2, à la fois bouées et bouffées d’oxygène, qui contribuent à pimenter, enchanter, adoucir, égayer le quotidien.

Pour m’en souvenir, je prends beaucoup de photos et parfois j’écris des bribes que j’oublie ensuite dans les applications où je les ai semées. J’en partage finalement assez peu.

Près de chez moi

Ces derniers mois, je me suis rendue compte que j’étais extrêmement attachée à ma petite banlieue et surtout à mon quartier.

J’ai la chance de vivre dans un coin très vert, entourée d’arbres, de grandes étendues d’herbes et de fleurs sauvages. Je ne sais si c’est une nouvelle politique de la ville, mais les pelouses ne sont plus tondues entièrement et aussi fréquemment, avec pour heureuse conséquence d’avoir un champ de pissenlits magnifique en face de ma chambre.

La vie de quartier est plutôt agréable, surtout depuis que la population s’est diversifiée et qu’une épicerie africaine mais pas que (merci à eux de me fournir en paquets de riz thaï de 10kgs, parce que je ne le répéterai jamais assez, le riz, c’est la vie !) a ouvert il y a deux ou trois ans.

Je ne sais pas encore si je m’installe complètement, mais c’est la première fois que je commence à me dire que je suis plutôt bien quelque part.

Pas très loin, un projet de potagers urbains partagés a vu le jour et j’y ai planté des potimarrons \o/ À voir ce que ça donnera sur le long terme, je trouve en tout cas l’idée excellente. Des plantes, j’en ai également quelques unes sur mon balcon (plante grasse intuable dont j’ai oublié le nom, menthe, basilic, marjolaine et lavande) et je ne pensais pas que ça me procurerait autant de joie de les voir pousser.

En parlant de jardin, à l’initiative de Nasiviru et Le Roncier, le ParisCarnet de mai (je crois) s’est transformé également en bourse aux plantes. Malheureusement, mauvais timing, j’ai tué les bébés plantes qu’on m’avait donné en n’ayant pas de quoi les rempoter.

Les chouettes gens

Je me fais souvent la réflexion que je connais de bien belles personnes (et souvent, mais moins maintenant, je me demande ce qu’elles peuvent bien me trouver). J’ai eu l’impression qu’elles m’ont particulièrement aidée ces derniers temps et je leur en suis grandement reconnaissante.

Mi, une personne formidable et que j’ai la chance d’avoir comme collègue m’a fait une poupée kawaii comme tout à mon effigie et qui sent bon la lavande. C’est à la fois super mignon et très utile en cas de rhume :D #PratiqueEtMignon

Ce qui me fait penser à cette réflexion d’Amanda Palmer dans une interview :

« la vie est trop courte pour travailler avec des gens que je n’ai pas envie de connaître mieux. »

C’est une chance incroyable d’être entourée au boulot de personnes que j’apprécie et je la mesure tous les jours quand j’entends des proches raconter leurs mésaventures.

Une amie m’a fait la surprise de passer à la maison après son voyage en Écosse. Événement planifié en fait de longue date ensemble, mais que j’avais complètement oublié et qui m’a sauvé mon week-end. En allant la chercher à l’aéroport, tout le stress de la conduite avec connards hostiles sur la route s’est dissipé devant un coucher de soleil et un ciel fabuleux avec envol d’avion.

Alors que ça n’allait pas super fort, Sacripanne m’a invitée à un brunch en chouette compagnie. Qui peut résister à Lomalarchovitch devant la harpe en carton <3 ?

Berthillonner3 avec la souris après une grosse journée de boulot est toujours un plaisir. Cette fois, trio chocolat, vegan (dattes, noix de cajou et ?) et figue. Un délice !

Et autres

Il y a aussi des choses dont j’ai envie de vous parler plus en détails et que j’espère prendre le temps de faire.

En attendant, je vous embrasse et vous souhaite de passer une belle journée !


  1. Je ne suis pas prof, mais j’ai gardé l’habitude de raisonner en année scolaire. 

  2. Je considère ma capacité à voir et m’arrêter devant des petits détails du quotidien comme une qualité précieuse que j’espère toujours conserver. Le merveilleux est à nos pieds, à nous de savoir lui faire de la place et de l’accueillir dans nos vies. 

  3. Berthillonner : décider d’aller manger une glace Berthillon à l’improviste et discuter de tout et de rien en se promenant. 

14 avril 2017

Harpiste en herbe

Malgré une fin de semaine stressante au possible, j’entame le week-end épuisée, mais sereine et confiante, comme, je crois, je ne l’ai jamais été1.

Depuis quelques temps, vous pouvez suivre les sons que je produis très modestement à la harpe sur mon compte Instagram (#HarpisteEnHerbe), faute de mieux.

Au départ, c’est parti d’une vidéo faite parce que je me trouvais bête de ne pas avoir osé jouer devant des amis. J’ai continué parce que Kozlika me l’a suggéré et qu’à mon grand étonnement, il y a des gens qui trouvent ça chouette.

La qualité de la vidéo et du son est médiocre2. Mon installation précaire : mon iPhone tient en équilibre sur un bout de tréteau pas du tout adapté pour. L’idée, c’est que la publication ne me prenne pas de temps et que je sois régulière. Donc, je filme, je joue, je coupe et je publie dans la foulée. Parfois, je m’y reprends à plusieurs fois pour ne pas publier quelque chose de trop brouillon tout de même.

Je réfléchis à mettre ça ailleurs que sur Instagram, parce que je n’aime pas l’interface et que je ne la trouve pas appropriée3.

En parlant de progression, aujourd’hui, c’était la reprise des cours avec Lucie. L’ambition, c’est de tenir le rythme d’une fois par semaine et parfois deux quand c’est possible.

Jusqu’à juillet, ça promet donc d’être des mois chargés en harpe.


  1. Je me sens bien, très bien même. Je crois que ces 28 ans vont être superbes :) 

  2. J’avais pris l’habitude de m’enregistrer avec mon Zoom à chaque session, mais outre que personne n’a envie de m’entendre jurer lorsque je rate une note, publier une séance de travail n’a aucun intérêt. Il faudrait retravailler l’enregistrement et je sais que je n’aurais pas le courage de le faire régulièrement. 

  3. J’ai envie de constituer un journal de bord pour évaluer ma progression et je ne m’y retrouve pas vraiment sur Instagram. 

12 mars 2017

La harpe, ça cartonne.

Observer Lomalarchovitch, 2 ans et demi, découvrir ma harpe et jouer avec plein d’entrain, ça m’a fait drôlement plaisir1 et ça m’a beaucoup touchée.

Je ne me rappelle pas de ma première rencontre avec cet instrument ni ce qui m’a décidée. D’après ma mère, je suis venue la voir un jour avec un air très sérieux. Maman, je veux faire de la harpe. Ça a toujours été la harpe et rien d’autre. Comme une évidence. Je devais avoir 6 ou 7 ans.

J’ai eu de la chance. L’école de musique du coin pratiquait des tarifs adaptés en fonction de chaque situation familiale et ma mère s’est démenée pour moi et m’a toujours encouragée, malgré la somme que la location de l’instrument représentait pour elle2. Quelques années plus tard, lorsqu’on a déménagé, j’ai arrêté, dégoûtée par la pratique en conservatoire et les prix demandés3.

J’ai repris en 2013-2014 pour tenter de me sortir de ma dépression. Un peu par hasard (et par manque d’argent), j’ai découvert la harpe celtique, Stivell et surtout une prof géniale, Lucie Morice, que je vous recommande chaudement si vous cherchez un enseignement vivant, bienveillant tout en restant exigeant et moderne. C’est une grande et généreuse harpiste qui mériterait d’être bien plus connue.

Je regrette régulièrement que la harpe soit un instrument cher et donc trop souvent inabordable pour la plupart des gens. Son prix, conjugué à sa relative fragilité et à son poids, en fait, qu’on le veuille ou non, un objet précieux, que l’on craint de toucher ou de voir touché par d’autres que soi de peur qu’ils l’abîment4. C’est dommage pour un instrument, vous ne trouvez pas ?

Sa fragilité et son poids sont également une source de frustration. Impossible de la prendre avec moi en Croatie, de me poser dans un parc avec ou de l’apporter chez des amis (si j’osais jouer devant eux :D).

J’ai longtemps cherché une solution économique et transportable sans succès. Je suis tombée sur le projet des harpes en carton de l’association Pop’Harpe un peu avant mon départ en vacances fin janvier sans avoir eu le temps de trop creuser, un peu sceptique sur le matériau. Du carton, et puis quoi encore ? Ben effectivement, elle semble sonner plutôt bien pour une harpe en carton et fils de pêche !

En lisant la présentation du projet sur Ulule, tout m’enthousiasme : le caractère social, la recherche musicale et l’inventivité des créateurs, la robustesse et le poids plume de l’instrument5 et l’aspect pédagogique et ludique de fabriquer sa harpe.

Je me suis inscrite au prochain stage disponible. C’est en mai, j’ai un peu hâte !


  1. Il a une joie si communicative, c’est un bonheur ! 

  2. Si vous le pouvez, je vous conseille de privilégier l’achat d’une harpe d’occasion que vous pourrez revendre ensuite, ça ne décote pas beaucoup. Et vous vous éviterez le déchirement que ça a été pour moi de devoir rendre ma harpe. 

  3. J’ai le vif souvenir de ne pas m’être sentie pas à ma place au milieu de tous ces enfants et de m’être révoltée après avoir appris que ma mère payait autant que leurs parents alors qu’ils étaient plus riches. 

  4. J’ai appris à lâcher prise à ce sujet et la joie de faire découvrir mon instrument à ceux qui viennent à la maison l’emporte sur la crainte irrationnelle de voir ma harpe détruite entre d’autres mains que les miennes. 

  5. Énorme coup de cœur pour le projet Mochilarpa et cette harpe bleue décorée avec des cartes IGN <3 

27 décembre 2016

Des faits secondaires

Badminton, ballet, boulot[1]. Surtout boulot. Et à fond. Le boulot. Un peu trop.

Je ne me plains pas, je vis une aventure professionnelle passionnante avec des collègues formidables et que j’aime. J’en oublie juste parfois que je n’ai pas de corps de rechange et que ça serait con de m’user prématurément. Déjà que bon…

Puisque j’en suis à évoquer mon corps déjà un peu défectueux, côté endométriose, la bête est belle est bien endormie au prix de quelques effets secondaires à peu près sous contrôle désormais[2].

Je finis l’année presque épuisée au ralenti.

Un réveillon à l’Opéra de Paris pour revoir le Lac des Cygnes[3]. Et comme l’an dernier pour La Bayadère, c’était « wahou, grand sourire heureux et étoiles dans les yeux, sautille et tourne sur elle-même », au rythme de la danse des petits cygnes. Effet secondaire contre lequel on ne vous met pas en garde, vous risquez fort de rentrer chez vous en fredonnant les différents airs du ballet.

Un voyage dans l’espace, les étoiles et la poésie avec Les Seigneurs de l’Instrumentalité de Cordwainer Smith, la très belle découverte SF, que je dois à mon collègue Jean-Pierre.

Et beaucoup de repos.

Notes

[1] Et récemment Babbel par intermittence grâce à Vi <3

[2] J’utilise une application, Clue, pour gérer et c’est plutôt fiable. Ça permet d’anticiper les crises d’angoisse et les soudains états dépressifs liés, d’après mon observation empirique, à mon SPM, depuis que je suis sous traitement hormonal. Quelle merde quand même !

[3] Magie de Noël ou meilleure distribution, c’était très supérieur à l’avant-première Jeunes.

2 juillet 2016

27

J’ai plein de choses que j’ai envie de vous dire, je ne prends pas souvent le temps de les écrire[1] et je les oublie.

Endométri(ch)ose

D’abord, concernant l’endométriose, c’est presque comme si ça n’était jamais arrivé et ça semble drôlement loin tout ça. Tout se remet doucement en place[2] et la visite d’il y a quelques jours chez ma gynécologue confirme que tout va bien. On va encore se voir pour ajuster des points de détails, mais croisons les doigts, ça ne sera bientôt plus qu’un mauvais et douloureux souvenir - et loin d’être le pire de 2016 !

J’espère bien vous suivre dans le futur pour une grossesse. Il n’y a pas si longtemps, cette phrase et la mention de ma fertilité m’auraient fait bondir. Toute à ma douleur, l’apparente obsession de mes médecins pour la préservation de ma fertilité lors du traitement me révoltait. J’avais juste envie de hurler « JE VOUS PRIE DE REVOIR VOS PRIORITÉS, BANDE DE NATALISTES ! » ou d’autres choses moins polies, mais toujours avec des guillemets français et en Caps Lock accentuées, parce que faut pas déconner, ma vulgarité a des limites.

Sauf que c’était dit avec un si gentil sourire, que je ne me suis pas offusquée[3] et que je me suis même dit que ça serait drôlement pas mal, mais dans une paire d’années hein.

D’ailleurs, sur le désir ou non d’avoir un enfant, j’ai lu un billet de blog qui a pas mal résonné chez moi et je ne me souviens absolument plus chez qui et que j’ai retrouvé grâce à Annso !

Je voudrais des enfants. Éventuellement. Si je rencontre « la bonne personne ». Pas comme un besoin égoïste, ni une manière de m’accomplir, ni une obligation sociale, ni un état à plein temps. Un projet de vie à deux parce que j’ai fini par comprendre ce que signifie pour moi l’idée d’être parent : la transmission des valeurs. (…)
Devenir parent(s) - ou ne pas, Mademoiselle LaNe

Et en passant, le compte Twitter @MereFeministe et le blog Maternités féministes, parce que c’est drôlement intéressant.

+1 : bienveillance & estime de soi

Je n’ai pas envie de tirer de bilan de mes 26 ans et n’en ressens plus (ou moins) le besoin. La vie, fort heureusement, résiste encore à la catégorisation et à la quantification[4] et ne se résume pas, faute de passer à côté de l’essentiel.

Je me suis et ai été secouée un peu rudement de ce que je craignais être un confort étouffant. Et je continue à faire des choix inconfortables, mais qui me semblent être les bons. Heureusement, je suis née sous une sacrément bonne étoile et j’ai la chance de connaître des gens formidables.

J’ai 27 ans depuis bientôt 2 mois (je ne m’y fais pas encore :p) et j’entame désormais cette année de plus avec beaucoup plus de sérénité que l’an dernier, après un gros passage à vide à l’approche de mon anniversaire où je me suis demandée s’il ne valait pas mieux que je disparaisse de la vie de tout le monde[5]. Dans ces moments-là, j’ai appris à solliciter les ami·e·s et les copains, même si c’est de manière détournée à l’occasion d’un On se voit quand ?[6].

Plus sereine donc et plus bienveillante envers moi-même. J’ai arrêté de m’accuser de tout et n’importe quoi ou de me cracher des saloperies au visage. Je suis bien loin d’avoir réglé mes névroses, mais on apprend à se connaître et je trouve que je compose bien mieux avec.

C’est plutôt chouette de vieillir finalement.

TLDR : ce billet ne parle absolument pas du Brexit.

Notes

[1] Un jour, je devrais prendre le temps de rassembler toutes les bribes que je rédige sur mon téléphone depuis 2/3 ans et dans des carnets que j’éparpille.

[2] Les effets du Decapeptyl ont complétement disparu mi-juin.

[3] C’est inenvisageable. D. n’en veut pas. Jamais ! Je serai une mère horrible et c’est trop de responsabilités de toute façon. Foutez moi la paix, je fais des gosses si je veux et pas pour le taux de natalité du pays. Et du coup, rien que pour vous emmerder, j’en veux pas ! Hahaha, vous voilà bien ! Le monde, c’est de la merde et l’avenir est dark and full of terrors !

[4] J’ai en tête bilan comptable et bilan pédagogique et financier. J’imagine avec horreur un monde où on mesurerait et évaluerait chaque seconde vécue à l’aune de l’utilité et du profit.

[5] Parfois, j’ai tendance à dramatiser un peu. Ça se soigne :)

[6] Des énormes bises à ceux et celles qui ont été là pour moi à ce moment là. Et rien à voir, je me rappelle d’une interrogation qu’on avait eu avec Kozlika et Franck sur le point médian sur Mac. Il faut faire Alt + Shift + f !

30 mars 2016

Endométri(ch)ose : hormones

Previously on Endométri(ch)ose.

Spoiler : je vais bien et l’opération s’est passée comme sur des roulettes de brancard.

Il est encore trop tôt pour avoir du recul sur les résultats de la cœlioscopie (J+211), mais j’ai envie de revenir sur le déroulement de l’opération et dans un premier temps, sur mon traitement préopératoire.

En janvier, après avoir essayé pendant 3 mois un premier traitement hormonal plutôt léger, au joli nom de Leeloo, mais inefficace et très mal supporté dans mon cas, j’ai choisi d’être opérée.

Décapeptyl, mon sauveur et bourreau

Pour bien préparer l’opération et stopper complètement les saignements, le chirurgien m’a prescrit un traitement hormonal nettement moins sympathique : une injection de Decapeptyl dont les effets durent environ 3 mois (parfois un peu plus longtemps chez certaines femmes).

En gros, il s’agit d’une ménopause artificielle avec promesse d’absence de douleurs, mais flopée d’éventuels effets indésirables.

Le chirurgien m’a présenté ça comme une routine et je dois dire qu’à ce moment-là je trouvais la solution géniale et les effets secondaires négligeables (il avait surtout évoqué les risques de prise de poids et les bouffées de chaleur).

Je ne me suis donc pas posé de question, jusqu’à ce que je lise la notice tranquillement chez moi et découvre parmi la liste des effets indésirables : « état dépressif ».

D’habitude, je ne me fais pas trop de bile, je sais que les risques sont faibles. Ici, j’ai eu une grosse bouffée de panique. L’idée qu’un médoc peut altérer mon humeur jusqu’à provoquer un état dépressif me fait frissonner à vrai dire. J’ai failli appeler l’hôpital pour avoir le chirurgien et lui annoncer que j’allais pas prendre sa merde, avant de me raisonner et de me dire que suffisait d’anticiper le problème.

Jusqu’à présent, je m’en suis plutôt bien sortie, mais depuis quelques jours, je cumule bouffées de chaleur2, troubles du sommeil et hyperémotivité3. Encore environ 21 jours1 et normalement, les effets du traitement devraient s’achever.

Décapeptyl, un passage obligé ?

J’ai découvert récemment que ce procédé est l’objet d’un débat entre les experts de la maladie.

Les partisans de ce traitement préopératoire expliquent que cela simplifie beaucoup l’opération et que c’est du confort en plus pour le chirurgien et son équipe. Les autres arguent que le traitement rend l’opération plus compliquée et moins efficace, car les inflammations seraient plus difficiles à repérer et donc à éradiquer.

Je trouve intéressant d’apprendre, que ce traitement ne va pas de soi en fait. Je suis un peu déçue d’avoir eu une information partielle lors de ma consultation, mais je ne blâme pas le chirurgien. Il n’allait pas me faire un topo sur l’état de l’art avec le nombre de patientes qu’il doit voir.

J’ai du mal à avoir une opinion pour l’instant. Le blog de l’association de victimes de tous les analogues agonistes GnRH me semble manquer de nuance, mais c’est une voix intéressante, surtout parmi tous ces discours sur l’endométriose où on n’arrête pas de te parler d’infertilité4. Je vais creuser le sujet et croiser des sources pour préparer mon RDV postopératoire avec le chirurgien.

Pour ma part, comme solution temporaire en attendant une opération, j’en suis assez contente parce que je juge que l’absence de douleurs compense largement mes effets secondaires.


  1. 21 jours déjà. 21 jours seulement. Ma notion du temps est complètement chamboulée depuis mon arrêt. Je n’ai pas vraiment vu le temps passer jusque là, mais depuis deux ou trois jours maintenant le temps me semble atrocement long. 

  2. Tu le savais peut-être/sans doute/of course déjà, bouffée de chaleur, en anglais, ça se dit “hot flash”. J’ai appris ça en regardant la saison 3 de Orange is The New Black et j’ai trouvé ça chouette et drôle. Ne me demandez pas pourquoi. C’était la note de bas de page “Magic English” ou apprendre l’anglais en s’amusant. 

  3. C’est usant, pour ceux qui me subissent et pour moi. Et en même temps, une part de moi trouve ça fascinant à observer et presque drôle. Quitte à subir quelque chose et ne pas pouvoir y faire grand-chose, autant essayer de bien le vivre et d’en rire :) 

  4. Je comprends la détresse des femmes qui veulent avoir des enfants et ne peuvent pas. Sauf qu’à force de lire des témoignages sur les grossesses et des articles sur la maladie qui mettent le paquet sur l’infertilité, ça finit par gonfler. Bordel, avant tout, c’est la douleur le problème. Et ne pas pouvoir enfanter, ne pas avoir ses règles, ne nous rend pas moins féminines, réveillez-vous ! Cette fois, c’était la note de bas de page coup de gueule ;) 

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