Moi, Je & Ego

Egotist, n : A person of low taste, more interested in himself than in me.

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Cokhâgne - L'Après Cokhâgne - Vélologie

22 avril 2018

Coupures de vie

Je cours toujours - le boulot, la famille, la vie - à se demander quand est-ce que les choses vont enfin ralentir.

Et puis les douleurs qui reprennent insidieusement d’abord avant de s’installer plus franchement1. Comme si le diagnostic, couperet brutal et soudain, les désinhibait. Je le digère tout doucement, j’ai besoin encore un peu de temps et tellement plus intéressant à faire que d’y penser. Je redoute un peu les résultats de l’IRM à vrai dire.

J’ai adopté des plantes (des succulentes et un aloe vera ou assimilé), elles m’apaisent et me réjouissent à chaque fois que je les vois.

Une crêpe bretonne au caramel beurre salé, Atom Heart Mother et Alan’s Psychedelic Breakfast, un imprimé citrons 🍋, du soleil et du repos. Ce week-end était plutôt pas mal.

P.S. : Je voudrais mettre plus de photos par ici. Dotclear a bien des qualités, mais pas celle de permettre de partager rapidement ou simplement des instantanés à partir du téléphone. Je cherche une alternative à Instagram que j’ai arrêté d’utiliser, si jamais vous avez des pistes, je prends.


  1. Pire que la douleur, supporter le pharmacien qui mecsplique les règles et l’endométriose en me disant qu’une boîte d’Antadys (15 comprimés) me suffira largement pour le mois parce que « Mlle, les règles, c’est 5 jours ». 

19 février 2018

Entrain

Il y a quelques jours, ma mère m’a appris que mon arrière-grand-père était chef de gare. Ta grand-mère en était très fière. « C’était quelque chose à l’époque ! » disait-elle. Elle rit en imitant le ton emphatique de sa mère.

Chef de gare, c’est vrai ? Mais… mais… c’est génial !

Je ne crois pas que ma mère s’attendait à ce que sa révélation anodine provoque un tel emballement. Ravie et surprise, j’ai impression d’avoir enfin trouvé où placer une pièce de puzzle et d’obtenir ainsi un nouvel ensemble plus compréhensible et cohérent.

Les liaisons établies sont tout à fait arbitraires. Il n’y a évidemment aucun lien de causalité entre l’arrière-grand-père chef de gare et mon apprentissage chez SNCF ou bien mon intérêt pour le matériel roulant et les gares. Juste une coïncidence qui me fait sourire.

La pomme, l’arbre… Everything is connected!1


  1. Si vous ne connaissez pas encore la série Dirk Gently, je vous la conseille très chaudement ! 

2 février 2018

Rabougri

Je n’ai jamais été vraiment proche de lui.

Lui, c’est Louis, mon grand-père. Français1 eurasien, né le 29 août 1921 à Moncay dans le nord de l’Indochine. De père français et de mère vietnamienne. Marié en 1950 à Haïphong. Père de 4 enfants. Voilà pour l’état civil français.

Pour moi. Ses façons maladroites d’exprimer son affection. Les liserons d’eau cuits à l’eau et les nems2. Un billet rapidement et secrètement fourré dans ma poche en me demandant de ne rien dire à ma mère. Ses yeux vairons, magnifiques et fascinants, encore aujourd’hui.

Eurasien indochinois, un drôle de mélange des cultures française et vietnamienne3 et un produit de la colonisation française. Plus à sa place au Vietnam, pas complètement chez lui en France4. Je crois qu’il a toujours eu un certain sentiment d’infériorité vis-à-vis des Français “français”.

Je connais à peine quelques fragments de sa vie. Il n’a jamais été très loquace et enclin à partager ses souvenirs ou ses émotions. Il ne m’a jamais été possible de le faire parler sur les événements politiques au Vietnam et des impacts sur sa vie. Peut-être que je n’étais pas disposée à écouter non plus. Ma réflexion sur mon complexe héritage vietnamien est assez récente après tout.

Son quasi mutisme actuel m’empêche de développer le sujet avec lui. Plus grave, il l’empêche de se faire comprendre et d’être soigné plus efficacement. Le voir essayer péniblement de prononcer quelques mots est douloureux.

Cette perte progressive du langage infantilise. Ce silence l’isole également.

Je rappelle à ma mère et à ma tante que c’est un vieux monsieur et non un vieil enfant. Elles ne se rendent pas compte et je ne peux les blâmer, surtout pas ma tante, qui a mis sa vie entre parenthèses depuis fin septembre, pour s’occuper de lui au quotidien. J’imagine que moi aussi, je ne prendrais peut-être plus la peine de lui demander son avis au bout de la énième fois sans réponse5.

Difficile de savoir s’il ne nous comprend plus parce qu’il n’entend plus bien ou s’il déraille complètement.

Il me fend le cœur lorsqu’il semble vouloir communiquer et qu’il renonce ensuite en se recroquevillant sur lui-même. Il a alors l’air si seul, perdu dans ses pensées.

J’étais la petite-fille léopard en octobre lorsque je suis allée le voir à l’hôpital peu après sa chute. Un peu plus tard, lorsqu’on pensait qu’il récupérerait ses esprits, il a prononcé mon prénom en me voyant.

Aujourd’hui, il ne m’a pas reconnue.


  1. Ce qui l’a à la fois obligé et lui a permis de quitter Saïgon et de venir en France avec sa famille. 

  2. La nourriture et cuisine vietnamiennes plus généralement. Son éternelle préoccupation était de savoir si l’on mangeait correctement. 

  3. C’est flagrant chez lui, mais aussi très présent chez ma mère, mes tantes et mon oncle. 

  4. L’arrivée en France, encore un pan de l’histoire familiale peu ou pas documentée. Réussir l’assimilation française et oublier le passé. 

  5. Depuis l’accident de mon grand-père, je lis avec beaucoup plus d’attention les articles et témoignages sur le soin des personnes âgées. Ces lectures ont croisé des lectures sur le handicap et sa prise en charge problématique. L’institutionnalisation des personnes âgées ou handicapées m’apparaît désormais intolérable. D’autant qu’elle a un caractère systématique très dérangeant. Cachons ces personnes qui ne correspondent pas aux critères acceptables de la société et retirons-leur le droit de vivre parmi nous. 

3 octobre 2017

Sectobre

Septembre, c’est toujours ce mois qui passe un peu vite parce que je reprends doucement ma vie francilienne et sa cadence effrénée et épuisante. Cette année, je n’ai tellement rien vu venir que j’ai dû mal à croire qu’un mois ait pu se caser aussi furtivement entre mon retour et maintenant.

Trop de monde, trop de bruit. Les premiers jours dans les transports sont les plus difficiles. Ce quotidien semble tellement absurde et j’ai une pensée pour tous ceux qui sont contraints de faire l’aller-retour métro-boulot-dodo tous les jours dans des conditions parfois déplorables. Coincée entre deux inconnus, je peste contre le manque d’investissement dans le réseau ferré francilien, les chefaillons présentéistes, les personnes sur les voies… Et puis, doucement le corps et l’esprit se réhabituent et recréent une bulle où se lover.

À peine rentrée, direction Londres le temps d’un long week-end pour aller voir l’exposition Pink Floyd au Victoria and Albert Museum qui est… insérez ici vos adjectifs et vos interjections dithyrambiques préférés… waouh !

L’expérience est géniale. J’en suis ressortie débordante d’enthousiasme avec l’envie d’y retourner tellement ses contenus sont riches, passionnants (iconographie, musiques, films, témoignages, instruments, décors)1 et très bien mis en valeur. On pourrait facilement y passer la demi-journée ou plus.

Retour à Paris et en banlieue. Les souvenirs s’entremêlent déjà badminton, les balades automnales en forêt et en bord de Seine, les glaces Berthillon sous le soleil.

Et puis Lille, brièvement pour le boulot. Mieux vaut ne pas calculer le ratio sucre absorbé/temps passé sur place entre les gaufres fourrées, le merveilleux et le cramique avalés le même soir. Le peu que j’en ai vu avait l’air très sympathique et j’ai hâte de pouvoir y retourner.

Pas si mal pour un mois de septembre où j’ai eu le sentiment angoissant de ne rien réussir à faire et à gérer.


  1. Je n’ai pas pris le catalogue de l’exposition sur le coup (c’est lourd !), mais je pense que je vais me rattraper. 

21 septembre 2017

Dix ?

Ce blog regorge de billets d’annonce de reprise qui pour diverses raisons ont toutes finies en queue de poisson, mais depuis 2006 ou 20071 et mon passage à Dotclear, je ne l’ai jamais fermé et j’ai toujours pris soin de le mettre à jour même quand je n’écrivais plus.

Mon bol de céréales ne s’est pas trompé, Bribes de réel semble effectivement destiné à une espérance de vie bien plus longue que celle de ses malheureux prédécesseurs (et de toutes les autres expériences parallèles2 ouvertes ensuite).

À l’origine, je trouvais le blog trop bien nommé pour un blog perso. J’avais de naïves velléités d’écriture que la prépa piétinera. Oser écrire alors que je ne sais que balbutier et aligner maladroitement des mots ? Près de dix ans plus tard, je me souviens encore de cette blessure infligée par ces premiers mal dit ou très mal dit en marge de mes copies.

Mon rapport au langage est encore aujourd’hui très difficile et j’enrage souvent de me sentir si maladroite et pataude. Je ne vous parle même pas de ma frustration avec le vietnamien ou le croate. L’une de mes obsessions et de mes angoisses existentielles, c’est de ne pas réussir à m’exprimer et de perdre l’usage du langage : oublier les mots, ne plus les comprendre et devenir incapable de dialoguer.

Face à cette angoisse qui se fait plus forte depuis quelques années, j’aimerais m’astreindre à plus de régularité ici (ou sur un autre format, peu importe). Sortir des listes à puce, des quelques bouts de phrases verbales que je griffonne ou saisis hâtivement ou péniblement un peu partout. Carnet(s), bouts de papier, diverses applis sur iPhone ou iPad, fichiers textes sur l’ordi, véritable capharnaüm numérique.

Le début de ce billet a été écrit peu après mon retour de Croatie, j’étais alors très enthousiaste, stimulée par mes lectures de François Bon. Je le reprends une dizaine de jours plus tard, avec moins d’énergie, mais encore motivée3.

À suivre. En attendant, joyeux non-anniversaire à Bribes de réel !


  1. N’ayant pas gardé ou perdu certaines de mes archives, le blog n’a pas de date anniversaire. Vous ne trouverez d’ailleurs pas un seul billet écrit à cette époque dans mes archives. Le seul rescapé de ma folie destructrice et de mon inconscience informatique (des sauvegardes, mais pourquoi faire ?) est désormais hors ligne. 

  2. J’aimais beaucoup tester de nouvelles plateformes, trouver des noms et m’éparpiller, mais je ressens dernièrement le besoin de me recentrer sur un nombre restreint d’outils et d’endroits. Alors même que j’écris cette note de bas de page, il me vient l’idée et l’envie d’ouvrir un nouveau blog que j’intitulerais Notes de bas de page

  3. Je ne me sens pas encore capable de m’imposer des défis chiffrés comme le NaNoWriMo ou le projet Bradbury qui m’inspire plus, mais j’aimerais bien écrire une fois par semaine au moins. 

31 août 2017

Derniers jours

Les longues et nonchalantes journées d’été s’étiolent inexorablement. Soudain août s’achève déjà, emportant avec lui la torpeur estivale.

Mon autre vie, mon quotidien, se rappelle à moi. Il faut songer à rentrer. Le cœur un peu plus lourd chaque année depuis cette double prise de conscience il y a dix ans que mes deux vies, croate et française, s’éloignent peu à peu malgré mes efforts et que la part croate se réduira certainement un peu encore au fil des années. Alors je multiplie les allers-retours, mais ça ne suffit pas à adoucir cette mélancolie secrète que je dissimule à ma famille.

À chaque fois, la fermeture de cette parenthèse croate que j’associe intrinsèquement à l’été (et inversement, il n’y a véritablement d’été que s’il est passé en Croatie) est une déchirure que je comble de larmes une fois dans la salle d’embarquement.

Je n’ai pas les mots pour exprimer, avec justesse, l’amour que je ressens envers ce petit bout de village familial, l’Adriatique et ces montagnes qui m’entourent et gardent précieusement les souvenirs que je leur ai confiés.

Aussi m’en vais-je les contempler, encore tant que je le peux, sous les étoiles.

2 août 2017

Burning

La version 2.12 de Dotclear est sortie et j’ai enfin mis à jour ! J’en profite donc pour écrire un billet et donner des nouvelles, du fin fond de mon petit village croate où je passe l’été.

Je commence à ralentir progressivement la cadence effrénée des derniers mois. Il était temps. Au bout d’un moment, le corps et le cerveau ne suivent plus ; la mule ne veut plus tirer. Je reconnais être proche de la saturation et du burnout, malgré des conditions de travail assez idéales (télétravail, holacratie, horaires souples…). Sur le sujet, je vous renvoie vers l’excellente initiative et sensibilisation de Marie-Cécile Paccard et Goulven Champenois sur le burnout, Burnout : rallumons la flamme.

Au programme d’août, continuer à aller nager tôt le matin ou lorsque le soleil se couche, me promener dans la montagne, passer du temps avec ma grande famille, lire, me reposer et regarder les étoiles en espérant en voir filer quelques unes. Rajoutons à cela si j’ai le temps, m’occuper de mon blog1 et écrire plus :)


  1. Chantier en cours comme vous pouvez le voir ! 

18 juin 2017

Ces petites choses qui font les grandes

Cette année 2016-20171 a été extrêmement riche professionnellement avec 4 embauches formidables, des projets intéressants et stimulants, de nouveaux clients, des idées et des envies à foison.

Ça me démange parfois parler de mon boulot ici et ne pas me contenter de l’évoquer parce que notre projet d’entreprise est une aventure qui me passionne autant que notre domaine d’expertise. Néanmoins, j’aime trop l’idée que ce blog soit un espace personnel, éloigné de ce boulot qui prend déjà tellement de place, non que je m’en plaigne, dans ma vie.

Lorsque tout s’accélère et que la fatigue, la frustration et le stress s’accumulent jusqu’à provoquer un sentiment d’étouffement et de ras-le-bol, je m’accroche aux petites choses2, à la fois bouées et bouffées d’oxygène, qui contribuent à pimenter, enchanter, adoucir, égayer le quotidien.

Pour m’en souvenir, je prends beaucoup de photos et parfois j’écris des bribes que j’oublie ensuite dans les applications où je les ai semées. J’en partage finalement assez peu.

Près de chez moi

Ces derniers mois, je me suis rendue compte que j’étais extrêmement attachée à ma petite banlieue et surtout à mon quartier.

J’ai la chance de vivre dans un coin très vert, entourée d’arbres, de grandes étendues d’herbes et de fleurs sauvages. Je ne sais si c’est une nouvelle politique de la ville, mais les pelouses ne sont plus tondues entièrement et aussi fréquemment, avec pour heureuse conséquence d’avoir un champ de pissenlits magnifique en face de ma chambre.

La vie de quartier est plutôt agréable, surtout depuis que la population s’est diversifiée et qu’une épicerie africaine mais pas que (merci à eux de me fournir en paquets de riz thaï de 10kgs, parce que je ne le répéterai jamais assez, le riz, c’est la vie !) a ouvert il y a deux ou trois ans.

Je ne sais pas encore si je m’installe complètement, mais c’est la première fois que je commence à me dire que je suis plutôt bien quelque part.

Pas très loin, un projet de potagers urbains partagés a vu le jour et j’y ai planté des potimarrons \o/ À voir ce que ça donnera sur le long terme, je trouve en tout cas l’idée excellente. Des plantes, j’en ai également quelques unes sur mon balcon (plante grasse intuable dont j’ai oublié le nom, menthe, basilic, marjolaine et lavande) et je ne pensais pas que ça me procurerait autant de joie de les voir pousser.

En parlant de jardin, à l’initiative de Nasiviru et Le Roncier, le ParisCarnet de mai (je crois) s’est transformé également en bourse aux plantes. Malheureusement, mauvais timing, j’ai tué les bébés plantes qu’on m’avait donné en n’ayant pas de quoi les rempoter.

Les chouettes gens

Je me fais souvent la réflexion que je connais de bien belles personnes (et souvent, mais moins maintenant, je me demande ce qu’elles peuvent bien me trouver). J’ai eu l’impression qu’elles m’ont particulièrement aidée ces derniers temps et je leur en suis grandement reconnaissante.

Mi, une personne formidable et que j’ai la chance d’avoir comme collègue m’a fait une poupée kawaii comme tout à mon effigie et qui sent bon la lavande. C’est à la fois super mignon et très utile en cas de rhume :D #PratiqueEtMignon

Ce qui me fait penser à cette réflexion d’Amanda Palmer dans une interview :

« la vie est trop courte pour travailler avec des gens que je n’ai pas envie de connaître mieux. »

C’est une chance incroyable d’être entourée au boulot de personnes que j’apprécie et je la mesure tous les jours quand j’entends des proches raconter leurs mésaventures.

Une amie m’a fait la surprise de passer à la maison après son voyage en Écosse. Événement planifié en fait de longue date ensemble, mais que j’avais complètement oublié et qui m’a sauvé mon week-end. En allant la chercher à l’aéroport, tout le stress de la conduite avec connards hostiles sur la route s’est dissipé devant un coucher de soleil et un ciel fabuleux avec envol d’avion.

Alors que ça n’allait pas super fort, Sacripanne m’a invitée à un brunch en chouette compagnie. Qui peut résister à Lomalarchovitch devant la harpe en carton <3 ?

Berthillonner3 avec la souris après une grosse journée de boulot est toujours un plaisir. Cette fois, trio chocolat, vegan (dattes, noix de cajou et ?) et figue. Un délice !

Et autres

Il y a aussi des choses dont j’ai envie de vous parler plus en détails et que j’espère prendre le temps de faire.

En attendant, je vous embrasse et vous souhaite de passer une belle journée !


  1. Je ne suis pas prof, mais j’ai gardé l’habitude de raisonner en année scolaire. 

  2. Je considère ma capacité à voir et m’arrêter devant des petits détails du quotidien comme une qualité précieuse que j’espère toujours conserver. Le merveilleux est à nos pieds, à nous de savoir lui faire de la place et de l’accueillir dans nos vies. 

  3. Berthillonner : décider d’aller manger une glace Berthillon à l’improviste et discuter de tout et de rien en se promenant. 

14 avril 2017

Harpiste en herbe

Malgré une fin de semaine stressante au possible, j’entame le week-end épuisée, mais sereine et confiante, comme, je crois, je ne l’ai jamais été1.

Depuis quelques temps, vous pouvez suivre les sons que je produis très modestement à la harpe sur mon compte Instagram (#HarpisteEnHerbe), faute de mieux.

Au départ, c’est parti d’une vidéo faite parce que je me trouvais bête de ne pas avoir osé jouer devant des amis. J’ai continué parce que Kozlika me l’a suggéré et qu’à mon grand étonnement, il y a des gens qui trouvent ça chouette.

La qualité de la vidéo et du son est médiocre2. Mon installation précaire : mon iPhone tient en équilibre sur un bout de tréteau pas du tout adapté pour. L’idée, c’est que la publication ne me prenne pas de temps et que je sois régulière. Donc, je filme, je joue, je coupe et je publie dans la foulée. Parfois, je m’y reprends à plusieurs fois pour ne pas publier quelque chose de trop brouillon tout de même.

Je réfléchis à mettre ça ailleurs que sur Instagram, parce que je n’aime pas l’interface et que je ne la trouve pas appropriée3.

En parlant de progression, aujourd’hui, c’était la reprise des cours avec Lucie. L’ambition, c’est de tenir le rythme d’une fois par semaine et parfois deux quand c’est possible.

Jusqu’à juillet, ça promet donc d’être des mois chargés en harpe.


  1. Je me sens bien, très bien même. Je crois que ces 28 ans vont être superbes :) 

  2. J’avais pris l’habitude de m’enregistrer avec mon Zoom à chaque session, mais outre que personne n’a envie de m’entendre jurer lorsque je rate une note, publier une séance de travail n’a aucun intérêt. Il faudrait retravailler l’enregistrement et je sais que je n’aurais pas le courage de le faire régulièrement. 

  3. J’ai envie de constituer un journal de bord pour évaluer ma progression et je ne m’y retrouve pas vraiment sur Instagram. 

12 mars 2017

La harpe, ça cartonne.

Observer Lomalarchovitch, 2 ans et demi, découvrir ma harpe et jouer avec plein d’entrain, ça m’a fait drôlement plaisir1 et ça m’a beaucoup touchée.

Je ne me rappelle pas de ma première rencontre avec cet instrument ni ce qui m’a décidée. D’après ma mère, je suis venue la voir un jour avec un air très sérieux. Maman, je veux faire de la harpe. Ça a toujours été la harpe et rien d’autre. Comme une évidence. Je devais avoir 6 ou 7 ans.

J’ai eu de la chance. L’école de musique du coin pratiquait des tarifs adaptés en fonction de chaque situation familiale et ma mère s’est démenée pour moi et m’a toujours encouragée, malgré la somme que la location de l’instrument représentait pour elle2. Quelques années plus tard, lorsqu’on a déménagé, j’ai arrêté, dégoûtée par la pratique en conservatoire et les prix demandés3.

J’ai repris en 2013-2014 pour tenter de me sortir de ma dépression. Un peu par hasard (et par manque d’argent), j’ai découvert la harpe celtique, Stivell et surtout une prof géniale, Lucie Morice, que je vous recommande chaudement si vous cherchez un enseignement vivant, bienveillant tout en restant exigeant et moderne. C’est une grande et généreuse harpiste qui mériterait d’être bien plus connue.

Je regrette régulièrement que la harpe soit un instrument cher et donc trop souvent inabordable pour la plupart des gens. Son prix, conjugué à sa relative fragilité et à son poids, en fait, qu’on le veuille ou non, un objet précieux, que l’on craint de toucher ou de voir touché par d’autres que soi de peur qu’ils l’abîment4. C’est dommage pour un instrument, vous ne trouvez pas ?

Sa fragilité et son poids sont également une source de frustration. Impossible de la prendre avec moi en Croatie, de me poser dans un parc avec ou de l’apporter chez des amis (si j’osais jouer devant eux :D).

J’ai longtemps cherché une solution économique et transportable sans succès. Je suis tombée sur le projet des harpes en carton de l’association Pop’Harpe un peu avant mon départ en vacances fin janvier sans avoir eu le temps de trop creuser, un peu sceptique sur le matériau. Du carton, et puis quoi encore ? Ben effectivement, elle semble sonner plutôt bien pour une harpe en carton et fils de pêche !

En lisant la présentation du projet sur Ulule, tout m’enthousiasme : le caractère social, la recherche musicale et l’inventivité des créateurs, la robustesse et le poids plume de l’instrument5 et l’aspect pédagogique et ludique de fabriquer sa harpe.

Je me suis inscrite au prochain stage disponible. C’est en mai, j’ai un peu hâte !


  1. Il a une joie si communicative, c’est un bonheur ! 

  2. Si vous le pouvez, je vous conseille de privilégier l’achat d’une harpe d’occasion que vous pourrez revendre ensuite, ça ne décote pas beaucoup. Et vous vous éviterez le déchirement que ça a été pour moi de devoir rendre ma harpe. 

  3. J’ai le vif souvenir de ne pas m’être sentie pas à ma place au milieu de tous ces enfants et de m’être révoltée après avoir appris que ma mère payait autant que leurs parents alors qu’ils étaient plus riches. 

  4. J’ai appris à lâcher prise à ce sujet et la joie de faire découvrir mon instrument à ceux qui viennent à la maison l’emporte sur la crainte irrationnelle de voir ma harpe détruite entre d’autres mains que les miennes. 

  5. Énorme coup de cœur pour le projet Mochilarpa et cette harpe bleue décorée avec des cartes IGN <3