Bribes de réel

Déambulations arachnéennes

Le web est un espace d'exploration fantastique quasi infini et j'aime m'y promener de liens en liens, passant de fil en fil en jouant les funambules, déjouant les tours de l'araignée qui voudrait bien que j'arrête de déambuler impunément sur sa Toile.

Et parce que j'aime partager ce que je découvre, j'ai décidé de consacrer toute une catégorie rien que pour toutes ces perles perdues dans l'immensité du web.

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2 février 2014

Bâtir la civilisation du temps libéré, André Gorz

« Une perspective nouvelle s’ouvre à nous : la construction d’une civilisation du temps libéré. Mais, au lieu d’y voir une tâche exaltante, nos sociétés tournent le dos à cette perspective et présentent la libération du temps comme une calamité. »
Bâtir la civilisation du temps libéré, André Gorz

Je n’ai pas encore 25 ans, et pourtant, je suis déjà cynique (un peu), désabusée (beaucoup) et sans trop d’espoir en l’avenir [1].
Et surtout, j’enrage.

J’enrage de constater les régressions en matière de droit des femmes et la persistance du sexisme et d’avoir l’impression d’être impuissante.
J’enrage de voir encore autant d’intolérance, de mépris et de haine vis-à-vis d’autrui.
J’enrage et je désespère des choix menés par les hommes politiques au pouvoir, en France et en Europe et je ne crois pas que les nouvelles générations feront mieux.

J’enrage surtout car je ne comprends pas qu’on en soit arrivé à un tel degré d’absurdité alors qu’il me semble qu’on a toutes les cartes en main que les choses aillent mieux.

Une de mes modestes façons de lutter, c’est de soutenir Le Monde diplomatique (et d’autres). Je me suis réabonnée récemment et j’ai été quelque peu surprise de recevoir, en plus de mon journal, un petit livre, d’une cinquantaine de pages environ.

Je ne connaissais pas André Gorz et j’ai découvert des textes bien écrits, clairs et encore extrêmement pertinents aujourd’hui alors qu’ils ont été écrits entre 1974 et 1993. J’ai été particulièrement sensible aux deux derniers textes Pourquoi la société salariale a besoin de nouveaux valets et Bâtir la civilisation du temps libéré qui mériteraient d’être (re)lus au lieu de dire et d’écrire des inepties sur le chômage.

« Il n’est plus possible, non plus, de continuer à faire du travail rémunéré la source principale de l’identité et du sens de la vie pour chacun. »
Pourquoi la société salariale a besoin de nouveaux valets, André Gorz

Une lecture à mettre entre toutes les mains, surtout celles qui refusent de voir à quel point notre politique économique nous asservit et que le revenu de base, minimum - appelez le comme vous voulez - mérite qu’on lui donne une chance.

Note

[1] Et comme rien n’est simple, je suis aussi encore souvent (très) naïve, prête à faire confiance et un rien rallume cet espoir irrationnel et fou qui me pousse à continuer à penser que l’humain est foncièrement bon.

25 novembre 2012

Des choses biens.

En attendant des billets plus détaillés qui n’arriveront peut-être jamais…

J’entame enfin le cycle de Dune.

Je vous conseille vivement le premier tome qui peut tout à fait se lire sans se lancer dans tout le cycle et qui fonctionne très bien comme roman indépendant. J’ai un brouillon de blog qui traîne quelque part, j’en ferai peut-être un billet si je trouve le courage de m’attaquer à un tel monstre.

Sur ce, je m’en vais essayer de ressusciter mon Minox 35GT et retourne ensuite sur Dune avec le troisième tome du cycle, Children of Dune.

15 avril 2012

Economie, Lordon et Spinoza.

Hier soir, après mon billet, j’arrivais pas à dormir. Ou plutôt, j’avais pas envie.
Alors, je suis allée sur ma nouvelle came, Arrêt sur images.

Me suis bien marrée avec la chronique de Didier Porte sur l’émission de télé-réalité politique parce que mieux vaut en rire qu’en pleurer. Je ne me sens absolument pas représentée par ces jeunes, est-il utile de le préciser. Triste tout de même de voir ce mimétisme ridicule des hommes politiques dans ce qu’ils ont de pire.

Mais surtout, j’ai appris que mon économiste contemporain préféré [1], Frédéric Lordon, que j’ai découvert à travers Le Monde diplomatique et son blog La pompe à phynance, était passé chez Arrêt sur Images en 2010 pour une émission d’1h30.

Je vous conseille vivement de regarder cette émission qui mérite le détour et que je trouve fichtrement stimulante.

Quelques remarques en vrac :

  • Spinoza, c’est une lecture difficile mais passionnante.

Parmi tous les philosophes, c’est lui qui m’a le plus marquée. Découvert en hypokhâgne à travers l’Éthique, que le site Spinoza et nous m’avait beaucoup aidé à appréhender. J’avais téléchargé alors l’Éthique en pdf parce que je trouvais plus pratique de naviguer dessus qu’avec mon édition énorme, parce que bilingue, de l’Éthique chez Poche. A l’époque, David Bosman, pour moi c’était “juste” le type qui avait numérisé l’Éthique. Drôle de hasard. Plus tard, je le rencontre à travers son blog via MacG. Le temps est passé par là. Je ne fais pas le lien. Et hier, je télécharge le pdf à nouveau et soudain le lien se fait ! [2]

  • Économie et les autres sciences humaines : Si vous avez accès au contenu de @si, Lordon, sur les sciences humaines et l’économie en particulier (Acte 1), met le doigt sur ce complexe d’infériorité des sciences humaines face aux sciences “dures” qui est peut-être le plus flagrant dans le domaine économique.

Dans le monde universitaire, on insiste si lourdement sur le côté scientifique, objectif de nos démarches (que ce soit en histoire, science politique, philo, lettres pour parler de ce que je connais un peu) que je ne peux pas m’empêcher d’être exaspérée par cette attitude défensive qui ne veut pas voir les spécificités des sciences humaines et sociales [3]. Je me doute que cette position est renforcée par les discours ambiants sur la prétendue inutilité des études d’histoire, de philo, de linguistique, de lettres anciennes et modernes, etc. A côté de ces matières “qui ne servent à rien”, l’économie, peut-être gonflée de l’importance que lui accorde notre société, cherche à se démarquer de ces gueuses consœurs et me semble parfois un brin méprisante à leurs égards.

Alors le fait que Lordon emprunte à la philosophie et à Spinoza. Je trouve ça particulièrement intéressant parce que j’aime lorsque les disciplines se croisent. C’est le plus souvent enrichissant et j’aurai tendance à penser complémentaire. Mais vous avez devant vous, une éternelle indécise curieuse, touche à touche, spécialiste de rien, qui aime la pluridisciplinarité et qui aurait volontiers passé plusieurs années en hypokhâgne.
Je serai bien incapable de parler aussi bien de Spinoza (parce que je connais encore mal sa pensée) et je vous renvoie à ce qu’en dit Lordon rapporté à l’économie. Mais vraiment, c’est stimulant intellectuellement. C’est l’économie telle que j’aimerais qu’on nous en parle en cours.

  • « un texte qui s’adresse aux dominants, alors qu’il dénonce les rapports de domination »

Décidément. Une émission qui aborde plein de points qui me tiennent à cœur.

Parfois, souvent. Je trouve que nombreux sont ceux qui parlent ou écrivent tout en excluant les non-initiés ou ceux qui n’ont pas eu la chance d’avoir une “bonne” éducation [4] Je me rappelle encore de la remarque exprimée par un camarade de classe particulièrement intelligent et brillant pourtant en Tle à notre prof de philo. Grosso modo, c’était pourquoi donc les philosophes s’amusent-ils à utiliser des concepts inintelligibles au commun des mortels. C’était à propos du concept d‘extranéité chez Hegel, peu importe. Je partageais son opinion un peu naïve [5] à l’époque. On a pas mal changé depuis tous les deux et compris l’importance des concepts et du sens contenu dans un mot.

Et donc, pour en revenir à Lordon, qui est ardu à lire très souvent ; j’ai trouvé son explication sur le choix de sa façon de s’exprimer (latinisme, termes complexes) convaincante même si sa pensée est du coup difficile à comprendre et à faire partager. En éternelle optimiste, je me dis toutefois que ce n’est pas plus mal qu’il ne nous livre pas sa pensée en bouillie prémâchée et une fois qu’on commence, c’est vraiment agréable de réfléchir [6]. Et plutôt que de se mettre à niveau des autres, son discours est, je pense, pile à la frontière, ni trop savant ni trop vulgarisé. Ça oblige à faire des efforts mais après tout, on a rien sans y mettre un peu du sien.

Me reste plus qu’à lire ses ouvrages et ceux de Bourdieu (parce que oui, j’ai jamais lu Bourdieu et je pense qu’il n’est pas trop tard pour s’y mettre. En plus, je soupçonne que ses idées me plairont bien.).

Bon et j’ai encore écrit plus que ce que je pensais écrire. Mais pourquoi les mots ne me viennent pas aussi facilement pour mon mémoire ! Raah… C’est encore décousu, mais je crois que vous devrez vous habituer à ce genre d’écrits pour l’instant.

P.S. : J’ai pas relu (je le ferai plus tard). Je sais c’est pas bien. Soyez cléments et ne me jetez pas au bûcher de l’orthographe et de la grammaire.

Edit : Je ne sais pas si vous avez déjà eu des spams philosophes. Moi, oui. J’espère que la mention de Spinoza ne les réveillera pas. Et hop, un petit lien vers un délire que j’assume encore.

Notes

[1] C’est lui qui m’a vraiment fait découvrir à quel point l’économie, c’est intéressant même si difficile.

[2] Pourquoi je raconte ça ? Juste parce que ça m’amuse de voir qu’indirectement une personne, que je suis la plupart du temps silencieusement sur son blog depuis un bout de temps, avait déjà influé sur ma petite existence. Et là, vous découvrez que je lis plein de blogs et sites que je n’ai pas mis en lien.

[3] Humanités, c’était pas plus beau quand même ?

[4] Je ne sais pas si j’y suis d’autant plus sensible que mes parents n’ont pas eu la chance d’y avoir accès. En tout cas, s’il y a une chose que je déteste, c’est la condescendance moqueuse de certains spécialistes ou juste des plus/mieux éduqués. Et j’ai vraiment pas envie de devenir comme eux.

[5] En effet, je crois que nous n’envisagions que l’angle de l’accessibilité. En tout cas moi. A mes yeux, j’étais bourdieusienne sans le savoir il faut croire, l’usage de termes complexes était avant tout un moyen de rendre inaccessible à une grande partie de la population la réflexion philosophique. Ou encore une marque de pédantisme que je trouve affreusement horripilant. J’étais persuadée qu’il était possible d’exprimer les mêmes idées en des termes plus simples. Avec le recul, je me dis heureusement que ces mots et ces concepts existent ! Parce que novlangue pas loin. Ben oui, affreux, c’est pareil que moche non ? A quoi bon avoir encore le mot affreux dans notre vocabulaire ? Bref, vous voyez l’idée.

[6] En plus les courbatures du cerveau et des neurones, ça n’existe pas !

2 décembre 2011

Des plugins et des liens

Ça faisait un bout de temps que je n’avais pas fait un billet regroupant ce qui m’a plu/intéressé/ému sur le web mais que je ne prends pas forcément le temps de commenter.

On commence par des photos chez Cassia, chez qui j’ai installé le très pratique plugin GalleryInsert couplé à Colorbox. Pour ensuite aller chez Laurence qui peste contre l’hiver, puis chez Spiruline, chasseuse de chasseurs de canards. Un détour par le Japon, ça vous dit ? Direction Le petit laboratoire de Chloé.

On continue avec du texte. Chez annso (qui j’espère se remettra à écrire plus souvent) et chez mimy avec ce billet qui m’a redonné courage et dont les liens sont très intéressants (surtout celui sur les annotations).
Allez voir aussi son billet sur la lecture numérique. Pour ma part je suis déjà convaincue et séduite par le potentiel de la lecture numérique mais je n’arrive pas encore à franchir le pas à cause des liseuses qui ne m’attirent pas franchement et surtout à cause de cette guerre de formats et de ces stupides DRMs…

Dans un tout autre registre, l’expo Munch au centre Pompidou me tente bien, quelqu’un y a été et pourrait me dire si elle vaut le coup ? Je me permets également de faire un peu pub pour la pièce d’une ancienne camarade de khâgne, rendez-vous le 9 décembre à 18h à Nanterre.

Ah et mercredi prochain, c’est la 101e de ParisCarnet (bon certes j’ai pas parlé à beaucoup de monde à la 100e mais c’était une chouette expérience).

1 février 2011

Trois petits liens et puis s'en vont

Je pensais pouvoir écrire avant mon départ pour Zagreb et finir le thème du blog ainsi que celui de La Dame… Aah c’est beau de rêver…
Et me voilà déjà confortablement installée chez mes cousins pour les deux semaines à venir.

En attendant, voici quelques liens vers des billets, articles et images qui ont retenu mon attention et que je n’ai pas toujours eu l’occasion de commenter.

Je ne crois pas avoir évoqué Vivian Maier auparavant. Je me rattrape aujourd’hui, pour découvrir son travail, faites un tour ici et ici. Ça vaut vraiment le détour surtout si vous aimez la “street photography”.

Photography by Vivian Maier

Quelques articles à son sujet :



Encore des liens en rapport avec la photo (décidément !) :


Et ailleurs :


Et zou au lit !

19 décembre 2010

Mon blog se nourrit de vos commentaires

Découvert via Annso (as i am)

14 décembre 2010

New York, New York

Guggenheim Museum - Cassia

J’ai une amie qui en a de la chance. Elle est en train de vivre the American Dream et elle a l’occasion/le temps de faire de la photographie en plus !

10 novembre 2010

Les jours de pluie...

…sont prétexte à photographie.

Rainy days

© Rachel.am


P.S. : Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

27 octobre 2010

Photographie encore

Quelques liens en vrac avant un billet sur l’expo Kertész au Jeu de Paume

Tout d’abord deux lieux de perdition et de désir : Photojojo et Four Corner Store (si vous y videz votre bourse, remerciez Bambou qui m’a fait découvrir ce site).

Ensuite, autour du Polaroid (nouvelle lubie non encore assouvie et réveillée par l’expo Kertész), Polaroid Passion, Polanoid, un site regroupant un nombre impressionnant de Pola, Polaroid Generator, un script Photoshop apparemment génial d’après les images que j’ai pu voir mais que je n’ai pas encore essayé. Et ce magnifique appareil qu’est le SX70 que The Impossible Project (mais pas que) vend à un prix déraisonnable (je vais devoir arpenter les brocantes…).

Petit tour sur les blogs :
- Larry Clark censored in Paris [1]
- Future now cleansed
- Anne-Laure publie un livre !
- Diptyques entre Spiruline et sa fille
- La macro pas chère : Tout est relatif, personnellement je trouve les bagues - allonge bien chères pour ce qu’elles sont, même si j’aimerai bien investir là dedans pour descendre en dessous de 1:1.
- Le Japon n’est pas loin (Galerie de Vincent Perret)

EDIT : J’ai oublié ce billet de Laurence… sur la photo nature en N&B.

Notes

[1] Ce qui me fait penser que j’avais eu le projet un peu fou de traduire des billets anglais intéressants mais est ce que j’ai des lecteurs pour qui l’anglais est moins compréhensible que la langue des Sims ?

20 septembre 2010

I want a flying house

victorian-dollhouse-pixar-up-1-509x381.jpg

Après avoir vu Là-Haut (Up), je suis tombée amoureuse de la maison d’Ellie et Carl.
Et voilà que je découvre qu’une personne généreuse propose les plans qu’il a utilisé pour créer sa maquette.
La vie est parfois bien faite !

Il ne reste plus qu’à annoncer ce nouveau projet (qui vient s’ajouter à une pile non encore réalisée…) au Rinard qui poussera sans doute encore un soupir [1] tout en ayant un regard mi-amusé mi désespéré « Oh de toute façon, on ne le fera sans doute jamais. ».

Note

[1] A comprendre comme “Mais dans quoi est-ce qu’elle va encore m’embarquer ?”

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