2019 en quelques livres

En 2019, j’ai essayé de me remettre à lire des livres. C’est encore trop peu, mais je suis contente d’avoir reconquis du temps de lecture sur une année qui fût très dense.

J’ai essentiellement lu des femmes sur des questions féministes ou raciales pour rattraper mon retard et m’armer sur ces sujets.

King Kong Théorie, Virginie Despentes

À force d’entendre Virginie Despentes citée régulièrement, j’ai eu envie de découvrir sa pensée féministe sans intermédiaire. J’ai lu King Kong Théorie d’une traite. Le texte est court, incisif et percutant ; l’écriture directe et sans détours.

Le livre bouleverse l’ordre établi et les préjugés sur des sujets comme le viol, la prostitution ou la pornographie.

Certains livres nous donnent de la force et nous construisent. King Kong Théorie en fait partie pour moi.

Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s’agit pas d’opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l’air.
Sur ce, salut les filles, et meilleure route…

Je conseillerai également d’écouter la série d’entretiens avec Virginie Despentes du podcast Les couilles sur la table (pas de transcription disponible).

Une culture du viol à la française, Valérie Rey-Robert

Je suivais déjà la militante féministe Valérie Rey-Robert sur Twitter et je n’ai donc pas hésité à aller à la rencontre organisée par la librairie féministe Violette and co pour acheter son livre et l’écouter.

Ce livre me semble constituer une lecture indispensable pour comprendre la situation française et la duplicité actuelle sur la question du viol.

La Nébuleuse a publié en mai une excellente chronique que je vous invite à lire.

À lire aussi un billet passionnant sur la question de la culture du viol et de sa prise en compte dans les disciplines, que sont l’histoire et les études littéraires où il est notamment question des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.

Sorcières : La puissance invaincue des femmes, Mona Chollet

De Mona Chollet, j’ai commencé par lire Chez soi : une odyssée de l’espace domestique fin 2018. Une lecture passionnante que je vous recommande.

Alors, après le billet de Marie sur La Lune Mauve où elle relate une rencontre avec Mona Chollet pour la sortie de Sorcières, je n’ai pas hésité à rajouter le livre sur ma liste de livres à lire en 2019.

En 2020, je compte bien enfin lire Beauté fatale !

La domination touristique : points de vue du Sud

Après le Manuel de l’anti-tourisme de Rodolphe Christin, j’avais envie de creuser la question. Ce recueil d’essais est assez inégal et souvent très universitaire, mais il est éclairant et permet de prolonger la réflexion sur le tourisme en tant que domination.

A room of one’s own, Virginia Woolf

a woman must have money and a room of her own if she is to write fiction; and that, as you will see, leaves the great problem of the true nature of woman and the true nature of fiction unsolved

Un essai mordant sur la place des femmes dans la littérature que j’ai eu envie de lire pour aller au-delà du passage sur la chambre à soi si souvent cité.

Women have served all these centuries as looking-glasses possessing the magic and delicious power of reflecting the figure of man at twice its natural size.

Woolf aborde la création artistique au-delà de l’aspect du confort matériel et du temps nécessaire pour créer et propose ce qui lui semble un état d’esprit propice à l’art.

So long as you write what you wish to write, that is all that matters; and whether it matters for ages or only for hours, nobody can say. […] I find myself saying briefly and prosaically that it is much more important to be oneself than anything else.

Why I’m No Longer Talking to White People About Race, Reni Eddo-Lodge

La couverture anglaise est un bel exemple de graphisme au service du sens. Le texte blanc “to White People” se fond avec la couverture blanche. Un joli pied de nez aux discours qui affirment que la question de la race est dépassée et qu’il n’y a plus de raison d’en parler.

Parler du racisme avec des personnes blanches, non concernées par la question, peut souvent être éprouvant et décevant ; celles-ci ayant particulièrement tendance à nier ou à minimiser le vécu et le ressenti des personnes racisées.

L’essai de Reni Eddo-Lodge pose des mots sur ce que l’on ressent dans ces moments et au-delà éclaire sur la portée systémique du racisme et la violence subie par les personnes concernées qui dépassent les faits concentrés sur le Royaume-Uni.

Trois podcasts sur le sujet :

Pour 2020, que je vous souhaite belle, je possède déjà une petite pile de livres à lire, mais j’accueille vos recommandations avec plaisir et curiosité.

P.S. : La façon dont Melanie Richards met en avant les livres qu’elle a lu en jouant sur les couvertures simplifiées dont le titre et la couverture n’apparaissent qu’au survol de la souris (et au focus clavier !) me plaît et m’inspire beaucoup.

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