Pêle-mêle emberlificoté

Ça fait trois mois ou presque que j’essaie de finir un billet sur Souvenirs de Marnie, qui finira très certainement dans la pile des brouillons à jeter et que j’ai envie d’écrire sur des sujets qui me tiennent à cœur. Pas forcément sur le blog d’ailleurs. Ça serait déjà bien d’arriver à surmonter ce qui devient un réel blocage et de pouvoir aligner des mots qui expriment ce que je ressens et pense. Évidemment, moins j’écris, plus je peine. Plus je peine, plus je complexe et moins j’écris. Et moins j’écris… On aura compris.

J’aurais aimé savoir décrire ma dépression1. Mettre des mots dessus pour m’aider, mais je crois que je n’ai pas encore assez de recul. Et surtout, vous décrire la remontée inespérée - toujours en cours et qui semble infinie.

Je ne me sens pas invincible2, mais j’ai l’impression de baigner dans une douce et constante euphorie, à quelques baisses de régime près. Une sorte de bonheur étonné mêlé de gratitude envers la Terre entière ou presque (n’exagérons rien, je gueule toujours au volant). Au début, habituée des épisodes maniaques, je redoutais la rechute. Le bonheur ne pouvait qu’être éphémère, un leurre avant de souffrir davantage.

Encore maintenant, j’ai du mal à croire que je suis sortie de cet enfer. Si je me sens aussi reconnaissante, c’est que je m’estime être la plus chanceuse des personnes. J’ai pu quitter une formation qui me tuait à feu doux et me reconvertir. J’ai trouvé l’alternance quasi parfaite. Décroché mon diplôme de M2 avec mention. Je travaille dans la boîte dont je rêvais. Entre temps, j’ai bougé un peu partout où les rails de feu RFF et les trains de SNCF pouvaient me mener et puis je me suis envolée pour l’Irlande rendre visite à une amie très chère. J’ai fêté Noël en Croatie, sur la plage ou presque. Et puis je suis allée à Prague fin janvier. Au retour, les valises à peine défaites, je commence à travailler. Et même que c’est vraiment très sympa. Et que j’en parlerai peut-être sur un blog avec mon nom et mon prénom dedans.

Et ce weekend, le printemps est arrivé. Les yeux qui piquent et le nez qui coule ne trompent pas. Fontainebleau annulé, remplacé par un tour tardif en vélo au Grand Canal du Château3 et une balade dans le bois d’à côté de chez moi pour m’allonger au milieu des perce-neiges, apprécier le bruit des abeilles et bourdons (moins celui des enfants beuglant au loin) et essayer de figer le tout sur ma pellicule numérique avec mes yeux larmoyants. Une centaine de photos à trier. Pas grand chose de bon, mais je me suis énormément amusée à observer les bourdons sauter lourdement de fleur en fleur.

Oh et j’essaie de faire plus de photos au quotidien, à défaut de les trier. Je m’éclate vraiment bien avec l’iPhone et désormais je mets parfois le résultat sur Instagram. Beaucoup plus de mal à appréhender l’hybride que j’ai acheté à l’occasion d’une ODR. Je persévère encore un peu et puis je le revendrai !

Dans les tuyaux, une chaîne chez Franck que je ne me suis pas encore engagée à reprendre, un billet sur Marnie et un autre sur Prague.


  1. Relire les billets de Kozlika sur le sujet. 

  2. Je sais que je suis encore fragile. J’entends mon timbre chanceler quand j’évoque, désinvolte, ma dépression plus qu’en passant. Je sais également que la crise de nerfs n’est jamais loin, si je ne veille pas à dormir assez. 

  3. Résidu de l’influence versaillaise, le Château avec un grand C ne peut évidemment désigner que celui de Versailles. 

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