Lecture numérique, usage et expérience. (II)

Après ce, j’espère, charmant petit, mais non moins long, épanchement sur mes premiers amours : les encyclopédies numériques.

Passons à la vitesse supérieure en faisant un crochet par le secondaire. De pis en pis… si quelqu’un me lit jusqu’au bout, je crois que je peux m’estimer heureuse.

Fascination

Charmée et fascinée par les potentialités offertes par la technologie ; jeune, enthousiaste et naïve, je rêve.
De plans de cours et d’annexes envoyés à l’avance [1] comme support.
De manuels numériques pour remplacer les enclumes que sont nos sacs.
D’ouvrages classiques tombés dans le domaine public et accessibles gratuitement sur l’ordinateur. Ou comment précipiter une fatigue oculaire prématurée.

Forcément, au lycée, les ordinateurs portables étaient encore chers, les netbooks n’existaient pas, et encore moins les liseuses et tablettes dans la forme où on les connaît [2] et le remplacement des manuels n’était pas envisageable - il ne l’est d’ailleurs pas encore. Ce n’était que douces rêveries, peu originales par ailleurs, et j’étais loin d’imaginer les sauts technologiques qui eurent lieu.

En parlant de saut, faisons un bond dans le temps pour en arriver à ce qui nous intéresse le plus, le présent.

Je n’ai pas fait ce détour pour rien et je le crois utile pour planter le lecteur le décor.

Lecture numérique, ebooks et vie pratique.

Vous l’aurez compris à travers ces lignes que mon attrait premier pour la lecture numérique, ou disons le numérique en général, a d’abord été scolaire et ensuite universitaire. C’est/ce sont en effet un/des outil(s) pédagogique(s) mais aussi scientifique(s) à très fort potentiel à mes yeux et j’envie les futures générations.

Des exemples concrets : entre usages souhaités et usages réels.

Encyclopédies, dictionnaires, revues, journaux, articles, manuels, ouvrages techniques ou scientifiques, notices et que sais-je encore, tout ça me semble avoir tout intérêt à passer au format numérique parce que les avantages sont légion [3].

Rapidement et très concrètement en ce qui concerne les notices et instructions de montage. Un PDF ou un epub les remplacerait tout aussi bien. On peut aussi imaginer des photos ou des vidéos pour remplacer les schémas parfois sibyllins proposés. IKEA est déjà passé à la première étape qui consiste à proposer sur son site toutes les notices en téléchargement. La prochaine, à mes yeux, serait de ne plus imprimer. Et des mauvaises langues de me dire que tout le monde n’a pas : accès à Internet, d’ordinateur, de liseuse ou de tablette. Et bien le vendeur de meubles pourrait si besoin lui imprimer une copie avec ces imprimantes à manuels et livres.

Quant à la presse, l’iPad offre une jolie et tentante alternative au papier. De mon côté, n’ayant pas de tablette, j’attends encore une offre sérieuse et pensée pour les liseuses. (Généralement, le mieux qu’on nous propose, c’est un PDF qui reprend exactement le format papier.) Et malheureusement, je crois qu’on peut attendre encore longtemps… Je reviendrai dessus.

Le numérique et les ebooks dans le milieu scientifique et universitaire.

Ce qui m’intéresse le plus, c’est le monde universitaire et scientifique. Il ne faut pas croire qu’il soit à la ramasse et vieux jeu pas comme en prépa. Bien au contraire !

J’ai découvert avec joie les revues électroniques à la fac et le nombre incalculable d’abonnements dont nous disposons, nous étudiants, parfois à notre insu. Seulement, c’est complexe, brouillon parfois et gros grief la consultation a longtemps et est toujours dans de nombreux cas limitée à une consultation sur les postes de la BU.

C’est d’ailleurs la même chose pour la BNF qui a un gros train de retard en la matière. Imaginez donc, les ordinateurs sont des ancêtres avec un navigateur qui ressemble fort à IE6 et la consultation des documents est fortement désagréable. Si une consultation à domicile (en cas je ne sais pas moi de séjour à l’étranger) serait idéale, et après tout c’est possible dans certains cas à la Bibliothèque Sainte Barbe [4], Paris IV, Paris III (selon l’humeur du réseau), Nanterre (Paris X ?) et Versailles-Saint Quentin en Yvelines ; je n’en demande pas forcément autant (enfin si en fait). S’il était juste possible de consulter ses ressources sur notre propre ordinateur via le réseau de la bibliothèque, ça serait déjà pas mal.

J’ai l’air de me plaindre comme ça mais je me rends bien compte des ressources nécessaires derrière ce que je demande et à côté de ça, il existe de très bons portails.

Mes portails de revues préférés :

  1. Revues.org que j’utilise sans doute à 1/10e de ses possibilités. D’ailleurs, pour toute personne intéressée par les Balkans, Balkanologie est un must.
  2. Cairn : génial quand on y a accès via une bibliothèque ou la fac. Sinon, ça revient cher :/
  3. Persée dont j’aime moins l’interface par rapport aux deux autres mais beaucoup de ressources accessibles gratuitement.


Le hic ? Tout est en PDF et pour avoir un usage universitaire de sa liseuse, c’est pas vraiment ça.

Et donc, les revues/ressources électroniques, c’était le côté positif de la chose et ce qui marche plus ou moins bien.

Évidemment, il y en a une ici qui n’est pas tout à fait heureuse avec le système actuel de prêt de livres. Vous êtes malheureux étudiant en master (en Erasmus), vous devez faire un mémoire ? Pire, vous êtes thésard ? Mais quelle idée, pauvre fou ! Ou vous êtes tout simplement un étudiant qui doit lire tel ou tel manuel recommandé par le professeur qui explique que non, personne n’est obligé de l’acheter puisqu’il se trouve à la BU [5]. Selon le domaine, c’est difficile à mission impossible d’avoir l’ouvrage qui vous intéresse [6].

Si après ça, vous ne voyez pas l’intérêt du numérique et des ebooks… Je ne parle même pas de format ici. C’est que vous n’avez aucune empathie pour ces étudiants et chercheurs dans leur quête du Graal savoir. Partage et accès facilité à un grand nombre d’usagers. Réduction des coûts (ça reste à vérifier si on prend en compte les investissements nécessaires). C’est ça que permet le numérique. Et je ne fais que répéter ce que tout le monde dit. Espérons que des systèmes de prêt en format ebook se développera rapidement.

Reste à faire bouger les choses et les éditeurs ; le nombre d’ouvrages universitaires et scientifiques mais aussi de manuels disponibles en ebook étant actuellement assez risible.

Prochain épisode, retour d’expérience avec ma liseuse. Enfin du concret diront certains !

Notes

[1] Le premier qui me dit que j’avais de bien tristes rêves à l’époque, je le flûte. J’étais une élève studieuse en plus d’être quelqu’un de curieuse.

[2] Fichtre ! Quand je me lis, j’ai l’impression que 2005-2007, c’était la préhistoire.

[3] Rapport avec les Romains du précédent billet. Ah comment ça c’est nul ? Je devrais avoir honte d’utiliser les notes de bas de page pour des bêtises. Oh bon, d’accord j’arrête les blagues douteuses !

[4] Ma bibliothèque universitaire préférée ! Loin devant Sainte Geneviève et la BNF.

[5] Généralement, il y a au mieux trois exemplaires dont un qui reste obligatoirement à la BU. Imaginez pour 90 étudiants…

[6] Quand vous n’étudiez pas à Paris, c’est quasi mission impossible à quête épique pour espérer obtenir l’ouvrage qui vous intéresse. J’exagère un peu mais c’est pas loin de la vérité.

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