Pensées en kit

Mémoire à rendre pour le 9 mai.

Bien entendu, je suis en retard. Mon sujet ne me passionne plus ou plutôt il me dépasse. Trop technique. Trop économique. Mode de pensée qui m’échappe. Décidément, ma vie étudiante consiste en un rendez-vous manqué avec ma passion pour l’histoire, matière qui me plaît et qui me sied mais que je n’ai jamais osé embrasser. [1] Peur de contacter le directeur de mémoire et de me faire rembarrer. Et je repousse, politique de l’autruche.
Allez, demain, je m’y mets sérieusement, ce soir j’écris ici.

Procuration.

C’est fait. Je vais pouvoir voter par procuration pour les présidentielles et les législatives. Un peu triste de vivre les présidentielles à l’étranger. Je me sens déconnectée. De loin, le débat bruit médiatique semble vain et bas. Peu de bonnes questions, aucune vision claire sur notre futur européen - parce que je suis convaincue qu’on ne peut pas envisager notre futur en dehors de l’Europe. Si le papier de The Economist m’agace, force est de reconnaître que tout est fait pour voiler la face aux électeurs.

Les discours ponctués de “vive la France, vive les Français” ou de “grandeur de la France” me dérangent. Cette distinction entre petits et grands candidats m’agace. Encore plus les appels à “voter utile” des candidats des “grands” partis. J’y vois une tentative de détruire notre système pluripartite et de ne plus laisser le choix qu’entre l’UMP ou le PS. Messieurs, si vous voulez que les gens votent pour vous, vous n’avez qu’à avoir des propositions fédératrices. Sachez que vous n’aurez jamais ma voix en brandissant le spectre de l’ennemi et je conchie ce concept inepte de “vote utile”. Laissez moi mon premier tour, c’est déjà assez pénible de devoir choisir le moindre mal au second.

Lecture & numérique.

Ça fait un bail que j’attendais que le monde du livre entre dans le numérique et que les prix baissent. Les premières liseuses étaient trop chères pour moi. Je suis quelqu’un qui réfléchit beaucoup avant un achat. Peu importe de ne pas être une pionnière. Depuis, j’ai une liseuse. J’en suis heureuse mais je suis loin d’être comme certains, passionnée et prête à convertir tout mon entourage. Comprenez moi bien, j’adore ma liseuse. Mais je ne trouve pas qu’elle soit forcément supérieure à un livre papier. De toute façon, je trouve stupide les deux camps qui se combattent bec et ongles pour affirmer que leur choix est le meilleur.

Ce qui suit va sans doute choquer les amoureux de l’objet livre, je m’en excuse d’avance.

Pour moi l’avantage du livre papier, c’est qu’on peut le malmener. Je ne suis pas toujours soigneuse. Je dors avec/sur mes livres, ils me servent de protection quand je lézarde au soleil. De colère, il m’est aussi arrivée de jeter un livre rageusement, de le fermer brusquement. Des pratiques que je n’envisage pas avec ma liseuse que j’aurai trop peur d’abîmer.
J’ai également plus de plaisir à griffonner dans un livre papier plutôt que de tapoter sur le clavier tactile de ma liseuse. Une question d’habitude sans doute.
Dernière chose, j’ai ce projet, un peu idiot sans doute, de déposer des livres que je ne lis plus sur des bancs, des stations de métro ou autres espaces publics avec un petit mot à l’intérieur pour celui qui le découvrirait. L’idée est de faire voyager ces livres de lecteur en lecteur, chacun laissant un petit mot ou non. Le but du jeu serait de ne pas garder le livre pour soi mais continuer à le partager même si le fait que quelqu’un recueille le livre et le garde ne me dérange pas non plus. C’est pas très clair, idéaliste et utopiste, à peaufiner certainement.

Outre cet aspect matériel, ce qui m’embête le plus c’est l’offre numérique. Encore trop chère à mes yeux. Peu qualitative même si un certain nombre de libraires sont innovants. Les liens illégaux sont encore ceux qui sont les mieux référencés. Énervant. Beaucoup de choses à dire. Le point lecture & numérique gonfle plus que je ne l’avais prévu. Des jours et des jours de lecture et de réflexion, des pages et des pages lues. Non décidément, ça mérite des billets dédiés.

Quelques mots encore quand même. Pour la littérature, la liseuse est parfaite. Je suis moins convaincue pour les manuels et ouvrages scientifiques. Moins rapide de bouger dans un livre numérique que d’ouvrir un livre à la bonne page et de faire des aller/retour dans différents chapitres. Peut-être que ça aide grandement d’autres mais dans mon usage, ce n’est pas toujours très pratique. Même la fonction recherche n’est pas vraiment convaincante pour des raisons logicielles à mon avis.

Bon bon, je me laisse entraîner, les risques de l’écriture spontanée. Je reprendrai tout ça de façon plus organisée et développée. Après le mémoire, promis.

Facebook, Twitter, Google.

Facebook

Je ne sais pas trop quoi penser. J’ai voulu éviter Facebook. Je pourrai. En même temps malgré tout, c’est un moyen de parler à des personnes que je ne penserai pas forcément à contacter par mail. Les échanges ne sont pas toujours fréquents mais certains sont intéressants [2] Et je m’amuse. Alors oui, je sais. Je devrais me faire des soucis. Ne pas dire à Facebook que je suis arrivée à CDG2 mais je m’en moque et Facebook sans doute aussi.

Twitter

Je suis encore une noob de Twitter. Je trouve que c’est un outil de recherche intéressant et qui permet des échanges assez spontanés. Je n’ose pas toujours commenter certains blogs où j’ai l’impression (souvent fausse) que si l’on ne fait pas partie du petit cercle fermé, on n’est pas le bienvenu. Par contre, j’ose répondre ou interpeller quelqu’un sur Twitter. C’est étrange, je sais. Je n’en maîtrise pas complètement les codes encore mais je l’apprécie de plus en plus. Pas enchantée par contre par l’usage de nos tweets par Twitter.

Dans les deux cas, je suis parfois frustrée par le format. J’ai parfois l’impression de laisser ma réflexion se rétrécir et s’appauvrir. Au lieu d’un commentaire, un “j’aime” ou un “retweet” parce que ça va vite, que c’est facile et qu’on a jamais le temps. C’est de la paresse intellectuelle. Je suis parfois inutilement paranoïaque mais j’ai peur qu’ils phagocytent les commentaires déjà rares sur les blogs et que dans un futur plus ou moins proche, on ne soit plus capable que de “liker”, de “+1er” ou de “RT” limitant ces échanges que j’aime lire [3].

Google

J’ai finalement fermé mon compte Google Reader. Je n’utilise plus que Vienna. Je ne synchronise plus mes flux. Tant pis. Suivre tout le monde et lire dès que l’article est dispo n’est pas une nécessité. Alors si je rate un article, pas grave, je me rattraperai. Pouvoir se déconnecter du flux est un luxe que je peux encore m’octroyer.
J’ai encore des comptes Google, j’apprécie trop Gmail pour m’en passer. Je m’agace de plus en plus des tentatives de Google d’avoir accès à mon numéro de téléphone ou encore à mon n° de plaque d’immatriculation avec pour prétexte la sécurisation de mon compte.

J’ai découvert via metrozendodo le Project Glass de Google. J’en avais déjà vaguement entendu parlé mais après avoir vu la vidéo, j’en suis tout bonnement horrifiée. Lisez l’article d’Anthony Nelzin qui met le doigt et les bons mots sur le malaise que j’ai ressenti. Je n’ai pas encore de smartphone. Je suis très attirée par l’iPhone mais je résiste parce que je déteste les téléphones portables. Surtout j’ai horreur de pouvoir être joignable constamment. Être coupée de tout, c’est vraiment devenu quelque chose de précieux. Et déjà, beaucoup sont ceux qui ne comprennent pas ma position. Alors imaginez donc quand ces affreuses lunettes (on a pas l’air débile avec…) envahissantes se démocratiseront. On sera has been parce que pas constamment connecté. On vous dira mais tu devrais quand même avoir un smart truc, c’est indispensable. On fait comment pour savoir que t’es pas loin de nous ? Mais si j’ai pas envie que vous sachiez que je suis à x mètres de vous ?! Où est le plaisir de se rencontrer par hasard…
Non, non, non. Faites que ceci ne soit pas notre futur.

C’est brouillon. Il faut dire qu’il est tard aussi. 2h du mat’ déjà. Alors que je voulais me coucher tôt et commencer une journée studieuse demain. Mais ça me manquait quand même beaucoup d’écrire ici. Non vraiment, allez lire l’article d’Anthony Nelzin. C’est bien écrit, c’est bien construit et c’est intéressant.

Photographie et matos

J’ai envie de céder et en même temps je me dis que c’est complètement idiot. Un beau blanc. Une belle optique. Mais, mais… je devrais d’abord m’améliorer avant de me faire plaisir. Cerner mes besoins en matière de photo. Pratiquer plus souvent. Utiliser cet argent autrement que de m’offrir le 70-200 IS L de Canon. M’acheter un billig [4]. Des vêtements. Me payer des voyages ou des cours de harpe (et de piano - parce que oui, j’ai terriblement envie de m’y mettre). Ou encore acheter ce vélo elliptique pour garder la forme. Offrir un iPad à ma mère et à ma tante.

J’en sais rien. Je me dis que tout semble plus raisonnable que ce beau blanc.

S’arrêter ici

Je crois qu’il est temps que j’arrête ce long billet décousu. J’ai encore plein de choses sur le cœur et dans la tête. Je voudrais parler de mon Erasmus. De mes doutes à propos de mon orientation. Des voyages en général. De photo. Des découvertes que je fais. Des changements que je vis. De l’envie que j’ai de me couper de tout pendant un an ou plus et de me consacrer à la photo, à l’écriture, à la lecture et à la musique et à l’apprentissage de plusieurs langues. Essayer de construire quelque chose de concret et d’arrêter de perdre mon temps à être improductive et passive. Et j’ai aussi envie de vous parler d’amitié, d’angoisses, de dépression, de petits bonheurs simples mais je ne sais pas encore comment. J’admire la capacité qu’à le blogueur Lâm de le faire dans ce billet qui m’a énormément touchée alors que je ne connais absolument pas Lâm. S’il fait mouche, c’est qu’il écrit bien mais aussi quelque part, à travers lui, qu’il touche une part d’universel je pense. Mes mots sont maladroits, mais j’espère que vous comprenez l’idée.

Vous l’aurez compris, écrire sur mon blog, ça me manque !

P.S. : A ceux qui passeraient par hasard ici, vous voulez que je rajoute des ancres pour mieux naviguer dans ce capharnaüm ?

Notes

[1] Merci à tous les discours qui répètent qu’après des études d’histoire, à part prof, on ne fait rien !

[2] Et je regrette le fait de ne pas pouvoir les conserver et les exporter facilement si je ferme un jour mon compte Facebook.

[3] Je ne sais pas vous, mais j’adore lire les commentaires. C’est parfois bougrement enrichissant, parfois désespérant (je pense notamment aux commentaires que l’on peut trouver dans les journaux). En tout cas, je peux pas m’empêcher de les lire. Modo, un job fait pour moi ;p

[4] Je ne remercie pas Franck Paul de m’avoir donné envie de façon répétée d’en acheter un.

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