Antonin Dvořák, Le Jacobin au Théâtre national (Narodní divadlo)

Mon université regorge de belles surprises et outre le club de cinéma, j’ai découvert que nous avons la chance d’avoir un club Erasmus très actif qui se charge de réserver des billets de ballets et d’opéra pour tout étudiant intéressé à des prix incroyablement accessibles.

L’Opéra…

Hier, pour la première fois, je suis allée voir un opéra au Théâtre national de Prague [1].

C’est idiot, mais j’ai toujours considéré l’opéra (le lieu) comme inaccessible, réservé à une élite fortunée et/ou érudite, ou tout du moins à un cercle restreint d’initiés dont il faut connaître les codes. Je sais pertinemment que ce n’est pas (tout à fait) vrai, que des efforts pour élargir le public ont été faits et continuent d’être faits. Il n’empêche que j’ai toujours été intimidée et en France, il ne me serait jamais venu à l’idée de, ne serait-ce que, regarder le programme de l’Opéra national de Paris. Les préjugés ont la vie dure…

En jean baskets, loin de l’élégance arborée par un certain nombre de Praguois et Praguoises pour le plus grand plaisir de mes yeux [2], j’avais l’impression de faire tache dans ce décor somptueux qu’est le Théâtre national de Prague. Aucune remarque désobligeante toutefois, le public étant assez hétérogène.

Le Jacobin

Opéra apparemment très populaire en République tchèque, je n’en avais toutefois jamais entendu parler (ce qui ne veut, certes, pas dire grand chose vu mes maigres connaissances en la matière d’opéra) et je n’ai pas voulu faire de recherche préalable pour me laisser le plaisir de découvrir l’œuvre de Dvořák que Radio Prague vous présentera et résumera mieux que moi.

L’intrigue est somme toute assez simple et reprend différents clichés littéraires familiers : la brouille entre un père et son fils entretenue par un malentendu, la figure de l’arriviste ambitieux avide de pouvoir, les jeunes amoureux contrariés, le bon et gentil adjuvant (ici le professeur de musique). Le tout sur un doux fond d’exil et de retour au pays, avec célébration de l’amour tchèque pour la musique.
Tant mieux, ça permet de se concentrer sur la musique et le chant (et pour moi, de regarder les surtitres tchèques et anglais. [3])

Un mot sur la mise en scène que j’ai beaucoup aimé.
Un décor simple, de même pour les costumes. Je n’ai pas bien compris le coup des grandes chaises mais j’en ai apprécié l’usage très dynamique dont vous pouvez avoir un aperçu sur le site du Théâtre national.
Ce qui m’a surtout plu, c’est l’introduction du chef d’orchestre lors du deuxième acte. Celui-ci s’ouvre sur les dernières répétitions de la chorale menée par le professeur de musique qui fait l’appel et attend les retardataires dont fait partie le chef d’orchestre. De même, j’ai bien aimé le fait que les “enfants” de la chorale se chamaillent et jettent avions et boulettes de papier dans la classe mais aussi sur l’orchestre. Des petits clins d’œil sympathiques rappelant la présence de l’orchestre qu’on oublie je pense parfois.

Je connaissais déjà un peu Dvořák, je n’ai pas été déçue.
Déformation de formation, j’ai guetté la harpe qui n’apparaît qu’à l’acte III de façon assez anecdotique bien qu’elle soit bien mise en valeur par le solo. Si j’ai apprécié l’ensemble, je retiens deux moments en particulier que je trouve très réussis :

“Znate je, znate je”

Le titre qui n’a aucun rapport mais j’ai la réplique dans la tête.
Vous l’aurez compris, je suis vraiment heureuse d’avoir eu l’occasion d’aller voir un opéra et d’avoir découvert celui ci.
Décidément la culture tchèque, pour laquelle j’ai toujours ressenti une attirance inexpliquée, n’en finit pas de m’enthousiasmer.

J’ai failli me contenter d’un “Wahou” pour ce billet mais je suis contente d’avoir posé quelques mots dessus même si je ne suis pas tout à fait satisfaite.

Notes

[1] Je me rends compte que la phrase peut prêter à confusion. J’insiste donc, il s’agit bien de mon premier opéra. Pas d’une première fois au Théâtre national même si en l’occurrence, c’est aussi le cas.

[2] J’avoue une certaine admiration roturière pour ces élégant(e)s.

[3] J’étais vraiment contente de comprendre près de la moitié de l’opéra sans les surtitres anglais.

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