Le Chat noir, Edgar Allan Poe

Pour m’obliger à lire plus et surtout à faire des comptes-rendus de mes lectures, je participe au défi de Missbouquinaix : “Lire en anglais”. Inscrite en tant qu’anglophone chevronnée, je m’astreins à lire au moins 12 livres en anglais et à en faire un compte-rendu en français. Difficulté supplémentaire rajoutée, je ferai au moins la moitié des comptes-rendus en anglais également.

Black Cat, 1894 - 1895 by Aubrey Beardsley (1872 - 1898)

Je crois bien qu’avant Le Chat noir, je n’avais jamais rien lu de Poe. Et, sans ma liseuse, je n’aurai sans doute pas lu cette nouvelle de sitôt tout bonnement parce qu’il ne me serait jamais venu à l’idée d’emprunter un recueil de nouvelles de Poe.

Le Chat noir est donc une nouvelle. Un genre que je n’affectionne pas particulièrement [1] - le roman ayant ma très nette préférence - mais qui semble être le genre de prédilection d’un bon nombre d’écrivains anglophones. D’ailleurs, je préfère l’équivalent anglais short story. Je m’égare. Pardon.

Comme première introduction dans l’univers de Poe, c’est assez brutal. Court (une quinzaine de pages maximum), le récit n’en est que plus intense.

Nous découvrons un narrateur auquel on ne peut, de toute évidence, pas se fier entièrement et qui, ce n’est pas si courant, ne nous demande pas de le croire. “I neither expect nor solicit belief. (Je n’attends ni ne requiert qu’on me croit.)” Sans trop vouloir en dévoiler, le lecteur sera amené à questionner au fil des pages la santé mentale du narrateur. On oscille tout au long du récit entre sombre et morbide réalité, déformée par l’alcool, et fantastique.
Violence, folie, mystère(s), meurtre, voilà ce qui vous attend.

Si l’alcoolisme est en effet abordé et dénoncé par Poe, avec tous les effets pervers qui peuvent y être liés, la nouvelle ne se réduit pas à cette seule dimension. Je trouve bien plus intéressante la façon qu’à Poe de décrire en quelques lignes le plaisir malsain, sadique et franchement pervers qu’à le narrateur, fasciné par l’horreur de ses propres actes et le sentiment d’enfreindre un interdit, à maltraiter et torturer ses animaux. De même, pour le traitement du sentiment de culpabilité. Je ne veux pas développer de peur d’en dire trop sur l’intrigue.

Plongée dans l’alcoolisme, récit de la naissance d’un monstre, portrait (in)humain, description de sombres travers humains, récit fantastique, genèse de la folie.

Le Chat noir, c’est un peu tout ça à la fois avec une bonne dose de suspens.

Premier pas concluant dans l’univers de Poe et je n’hésiterai pas à y refaire quelques incursions. J’en profite pour saluer l’initiative de Feedbooks qui propose des liens directs vers d’autres œuvres de Poe en préface et postface. L’œuvre est téléchargée en un petit clic depuis la liseuse et de suite ajouté à la bibliothèque. Parfait !

Note

[1] Je me demande si mon goût modéré pour les nouvelles ne vient pas du fait que j’en ai trop soupé au lycée avec une prof d’anglais exécrable.

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