Iceberg en vue

Ne lisez pas, ce ne sont que des jérémiades de khâgneuse crevée qui a besoin de se défouler avant de se mettre au boulot.

Le concours blanc - l’équivalent des partiels à la fac, (ne pas se laisser avoir par l’adjectif “blanc”), ça compte et ô combien ! Même si…avec le recul des cubes avisés (mais n’est ce pas une logique de cubes n’ayant plus rien à prouver, ou moins ?), l’important c’est le concours en avril - arrive donc à grands pas, et j’ai bien peur d’être noyée dès la première vague [1]. Le boulot à fournir est monstrueux, et je suis pas du tout au niveau dans ma spé qui est l’anglais (ne pouvant choisir le croate comme chacun s’en doute). Bref sans trop me lamenter non plus, (je sais ce qu’il faut faire pour améliorer ça), je me demande si la khâgne a été le bon choix.

Certes les cours, notamment de littérature - le programme aidant sûrement Gargantua, puis Diderot, c’est quand même une belle partie de plaisir -, sont plus que stimulants (encore une fois la littérature en tête pour tout ce que je découvre et qui donnent matière à réflexion, les anglais ont une expression qui me plaît bien : food for thought [2]). Mais le cadre de la prépa et l’échéance du concours pèsent bien lourd par moments. Il m’arrive de me sentir frustrée de ne pas pouvoir travailler une matière autant que je le voudrais, mais aussi de m’adonner à des passions hors du monde clos de la prépa (le croate [3], l’écriture & la lecture, la photographie et le badminton pour citer les plus importantes). Sans parler des crises de remise en cause de soi et de grand effondrement du type Je suis la lie de l’humanité.

Autant d’un côté j’ai l’impression d’être vivifiée, de l’autre je me sens bridée, formatée (sans que cela soit le but de nos professeurs, je l’espère) en trois parties, trois sous parties, trois paragraphes par sous parties et en partie détruite. D’où l’impression de régresser et - utilisons une image florale pour coller au thème - de faner prématurément avant même d’avoir pu éclore. J’en perds même le plaisir de venir sur mon blog qui avait toujours servi (depuis l’entrée en prépa) de bulle pour m’enfuir temporairement de ça.

Les vacances m’insuffleront sûrement une nouvelle fraîcheur, et me donneront peut être le temps de mettre en place mon modeste projet de faire des petites leçons de croate sur mon blog (je réviserai avec vous) que je pousserai sans doute plus après la khâgne.

Sur ce, il est temps que le capitaine reprenne le navire en main pour éviter tout risque de collision mortelle (une vivenef aurait été bienvenue…). Je m’en vais ordonner d’hisser les voiles et changer le cap ;)

Notes

[1] comme les acteurs de la Révolution cf. Furet

[2] Je me représente assez bien mon corps se nourrir de ces idées et les décomposer en nutriments et se les incorporer.

[3] Depuis deux an, je suis rongée par une amère mélancolie du pays, et je ressens plus fortement l’attrait de la langue depuis que j’ai pris conscience du gouffre qui sépare les deux moi, celle qui pense en français, et celle qui pense en croate. Énormément de concepts me sont étrangers et je ne peux pas pousser ma réflexion sans passer par le français, ce qui donne ce sentiment si rageant de ne pas pouvoir s’exprimer.

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