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14 avril 2017

Harpiste en herbe

Malgré une fin de semaine stressante au possible, j’entame le week-end épuisée, mais sereine et confiante, comme, je crois, je ne l’ai jamais été1.

Depuis quelques temps, vous pouvez suivre les sons que je produis très modestement à la harpe sur mon compte Instagram (#HarpisteEnHerbe), faute de mieux.

Au départ, c’est parti d’une vidéo faite parce que je me trouvais bête de ne pas avoir osé jouer devant des amis. J’ai continué parce que Kozlika me l’a suggéré et qu’à mon grand étonnement, il y a des gens qui trouvent ça chouette.

La qualité de la vidéo et du son est médiocre2. Mon installation précaire : mon iPhone tient en équilibre sur un bout de tréteau pas du tout adapté pour. L’idée, c’est que la publication ne me prenne pas de temps et que je sois régulière. Donc, je filme, je joue, je coupe et je publie dans la foulée. Parfois, je m’y reprends à plusieurs fois pour ne pas publier quelque chose de trop brouillon tout de même.

Je réfléchis à mettre ça ailleurs que sur Instagram, parce que je n’aime pas l’interface et que je ne la trouve pas appropriée3.

En parlant de progression, aujourd’hui, c’était la reprise des cours avec Lucie. L’ambition, c’est de tenir le rythme d’une fois par semaine et parfois deux quand c’est possible.

Jusqu’à juillet, ça promet donc d’être des mois chargés en harpe.


  1. Je me sens bien, très bien même. Je crois que ces 28 ans vont être superbes :) 

  2. J’avais pris l’habitude de m’enregistrer avec mon Zoom à chaque session, mais outre que personne n’a envie de m’entendre jurer lorsque je rate une note, publier une séance de travail n’a aucun intérêt. Il faudrait retravailler l’enregistrement et je sais que je n’aurais pas le courage de le faire régulièrement. 

  3. J’ai envie de constituer un journal de bord pour évaluer ma progression et je ne m’y retrouve pas vraiment sur Instagram. 

12 mars 2017

La harpe, ça cartonne.

Observer Lomalarchovitch, 2 ans et demi, découvrir ma harpe et jouer avec plein d’entrain, ça m’a fait drôlement plaisir1 et ça m’a beaucoup touchée.

Je ne me rappelle pas de ma première rencontre avec cet instrument ni ce qui m’a décidée. D’après ma mère, je suis venue la voir un jour avec un air très sérieux. Maman, je veux faire de la harpe. Ça a toujours été la harpe et rien d’autre. Comme une évidence. Je devais avoir 6 ou 7 ans.

J’ai eu de la chance. L’école de musique du coin pratiquait des tarifs adaptés en fonction de chaque situation familiale et ma mère s’est démenée pour moi et m’a toujours encouragée, malgré la somme que la location de l’instrument représentait pour elle2. Quelques années plus tard, lorsqu’on a déménagé, j’ai arrêté, dégoûtée par la pratique en conservatoire et les prix demandés3.

J’ai repris en 2013-2014 pour tenter de me sortir de ma dépression. Un peu par hasard (et par manque d’argent), j’ai découvert la harpe celtique, Stivell et surtout une prof géniale, Lucie Morice, que je vous recommande chaudement si vous cherchez un enseignement vivant, bienveillant tout en restant exigeant et moderne. C’est une grande et généreuse harpiste qui mériterait d’être bien plus connue.

Je regrette régulièrement que la harpe soit un instrument cher et donc trop souvent inabordable pour la plupart des gens. Son prix, conjugué à sa relative fragilité et à son poids, en fait, qu’on le veuille ou non, un objet précieux, que l’on craint de toucher ou de voir touché par d’autres que soi de peur qu’ils l’abîment4. C’est dommage pour un instrument, vous ne trouvez pas ?

Sa fragilité et son poids sont également une source de frustration. Impossible de la prendre avec moi en Croatie, de me poser dans un parc avec ou de l’apporter chez des amis (si j’osais jouer devant eux :D).

J’ai longtemps cherché une solution économique et transportable sans succès. Je suis tombée sur le projet des harpes en carton de l’association Pop’Harpe un peu avant mon départ en vacances fin janvier sans avoir eu le temps de trop creuser, un peu sceptique sur le matériau. Du carton, et puis quoi encore ? Ben effectivement, elle semble sonner plutôt bien pour une harpe en carton et fils de pêche !

En lisant la présentation du projet sur Ulule, tout m’enthousiasme : le caractère social, la recherche musicale et l’inventivité des créateurs, la robustesse et le poids plume de l’instrument5 et l’aspect pédagogique et ludique de fabriquer sa harpe.

Je me suis inscrite au prochain stage disponible. C’est en mai, j’ai un peu hâte !


  1. Il a une joie si communicative, c’est un bonheur ! 

  2. Si vous le pouvez, je vous conseille de privilégier l’achat d’une harpe d’occasion que vous pourrez revendre ensuite, ça ne décote pas beaucoup. Et vous vous éviterez le déchirement que ça a été pour moi de devoir rendre ma harpe. 

  3. J’ai le vif souvenir de ne pas m’être sentie pas à ma place au milieu de tous ces enfants et de m’être révoltée après avoir appris que ma mère payait autant que leurs parents alors qu’ils étaient plus riches. 

  4. J’ai appris à lâcher prise à ce sujet et la joie de faire découvrir mon instrument à ceux qui viennent à la maison l’emporte sur la crainte irrationnelle de voir ma harpe détruite entre d’autres mains que les miennes. 

  5. Énorme coup de cœur pour le projet Mochilarpa et cette harpe bleue décorée avec des cartes IGN <3 

29 décembre 2016

Interconnexion à Nanterre

L’interconnexion à Nanterre-Préfecture ne sera pas assurée.

Il y a des phrases qui à force d’être entendues ou lues se gravent dans votre esprit.

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27 décembre 2016

Des faits secondaires

Badminton, ballet, boulot[1]. Surtout boulot. Et à fond. Le boulot. Un peu trop.

Je ne me plains pas, je vis une aventure professionnelle passionnante avec des collègues formidables et que j’aime. J’en oublie juste parfois que je n’ai pas de corps de rechange et que ça serait con de m’user prématurément. Déjà que bon…

Puisque j’en suis à évoquer mon corps déjà un peu défectueux, côté endométriose, la bête est belle est bien endormie au prix de quelques effets secondaires à peu près sous contrôle désormais[2].

Je finis l’année presque épuisée au ralenti.

Un réveillon à l’Opéra de Paris pour revoir le Lac des Cygnes[3]. Et comme l’an dernier pour La Bayadère, c’était « wahou, grand sourire heureux et étoiles dans les yeux, sautille et tourne sur elle-même », au rythme de la danse des petits cygnes. Effet secondaire contre lequel on ne vous met pas en garde, vous risquez fort de rentrer chez vous en fredonnant les différents airs du ballet.

Un voyage dans l’espace, les étoiles et la poésie avec Les Seigneurs de l’Instrumentalité de Cordwainer Smith, la très belle découverte SF, que je dois à mon collègue Jean-Pierre.

Et beaucoup de repos.

Notes

[1] Et récemment Babbel par intermittence grâce à Vi <3

[2] J’utilise une application, Clue, pour gérer et c’est plutôt fiable. Ça permet d’anticiper les crises d’angoisse et les soudains états dépressifs liés, d’après mon observation empirique, à mon SPM, depuis que je suis sous traitement hormonal. Quelle merde quand même !

[3] Magie de Noël ou meilleure distribution, c’était très supérieur à l’avant-première Jeunes.

22 octobre 2016

Danser à l'Opéra

À 27 ans et epsilon[1], alors que ma cousine me range déjà dans la catégorie « presque vieille », pour l’Opéra de Paris, je suis encore jeune. Consciente que cet état de grâce tarifaire ne durera pas bien longtemps et décidée à voir de belles choses parce que ça fait du bien à l’âme, j’ai pris une des formules d’abonnement Jeune encore disponibles pour découvrir quatre spectacles de la saison 2016/2017.

J’ouvre le bal avec les œuvres de Sehgal / Peck / Pite / Forsythe, quatre chorégraphes de danse contemporaine, domaine qui m’est complètement inconnu. C’est avec un peu d’appréhension et d’incertitude que je suis allée à Garnier[2], en me demandant si le spectacle me plairait.

Métaspectacle

Je ne suis pas arrivée assez tôt pour profiter de l’intégralité de « Quatre œuvres » de Tino Sehgal, performances hors scène en amont du spectacle ; j’y suis à temps toutefois, pour être accueillie par des danseurs, camouflés en ouvreurs, statues figées, que le passage des spectateurs anime soudain et que l’on s’étonne de voir prendre vie sans crier gare, danser le regard espiègle et le sourire aux lèvres et scander mi- timide, mi-amusé Oh, this is so contemporary, contemporary, contemporary! Perplexe et décontenancée, je ne sais pas trop quoi penser de cette performance méta et esquisse un sourire poli aux artistes que je n’ai pas l’habitude de voir si près avant de filer rapidement vers ma place.

Avec un peu plus de recul, je me dis qu’il aurait été amusant d’observer, complice, les artistes à l’œuvre et les réactions des spectateurs. Les œuvres et performances contemporaines me déroutent souvent, parce que, nouvelles, elles proposent une esthétique inhabituelle, que le cerveau n’arrive pas toujours à appréhender. Certaines flirtent également à la frontière de l’imposture, du foutage de gueule, parfois vulgaire et éveillent la suspicion. Le roi ne serait-il pas nu ?

Ici, j’ai été tellement prise au dépourvu que j’ai d’abord trouvé le tout fort incongru, puis amusant au fur et à mesure que je filais vers ma place. Une performance anecdotique peut-être, mais qui, a eu le mérite de me faire réfléchir à des notions que je ne me pose pas souvent (proximité de l’artiste qui évolue, sans cette médiation qu’est la scène, dans le même monde que le commun des mortels ; possibilité d’interagir et d’être partie prenante et d’autres oubliées) et de secouer un peu mes préjugés qui me font penser que je suis incapable d’apprécier l’art contemporain.

In Creases & Blake Work I

Je n’ai pas grand souvenir d’In Creases de Peck et pas beaucoup plus de Blake Work I de Forsythe qui, je pense, ont complètement été éclipsés dans mon esprit par le magistral The Season’s Canon de Pite.

J’ai beaucoup apprécié les deux pourtant et j’avais même peur d’être déçue par la suite à l’entracte, tellement il me semblait que ça pourrait être difficilement mieux.

Le fait qu’il n’y ait ni décor ni costume m’a montré que j’étais capable d’apprécier la danse pour elle-même. Il faut donc croire que je n’aime juste pas les variations, ces passages obligés parfois lourdement redondants, de certains ballets. Oui, Don Quichotte, c’est toi que j’accuse !

The Season’s Canon : la Méduse affrontant les 4 Saisons recomposées

Les 4 Saisons Vivaldi, c’est un de mes premiers chocs esthétiques, gamine. J’ai encore le souvenir très vivace des émotions ressenties. Je ne vous cache pas mon chagrin quand j’ai découvert qu’il servait de musique de répondeur téléphonique[3].

Alors quand j’ai appris à l’entracte que The Season’s Canon se danserait sur des 4 Saisons recomposées (par Max Richter) la gamine encore en moi s’est dit youpi !

Contrairement à mimy, souris balletomane, je n’avais aucune attente et je n’avais rien vu ni lu au préalable. J’en suis bien heureuse, car l’émotion n’en a été que plus forte. J’ai été complètement transportée. Il s’agit pour moi d’une des plus belles expériences de danse et de mise en scène que j’ai eu l’occasion de voir (les mauvaises langues diront que je n’ai pas vu grand-chose).

Le radeau de la Méduse surgit comme une évidence et je suis captivée par ces corps qui donnent l’illusion de ne faire qu’un, par leurs mouvements et les impressions et émotions qu’ils transmettent. Bouleversante, l’œuvre me restera longtemps en mémoire et je vous invite vivement à lire ce qu’écrit la souris à ce sujet.

Après tant d’émotions, difficile de passer directement à la dernière œuvre. Les applaudissements sont extrêmement nourris et ô combien mérités.

Hors scène

Je finis avec Sehgal qui a ouvert et fermé la soirée. Je ne partage pas les avis de ceux qui auraient souhaité que la création de Sehgal se déroule pendant un entracte. Il y a, je trouve, une certaine logique à la placer à la fin, comme si elle ramenait peu à peu le spectateur au réel, tout en évacuant, comme l’analyse finement la souris, le trop-plein d’émotions suscité par The Season’s Canon.

J’ai été emballée (sans titre), qui s’est fait pourtant huer par quelques personnes, qui devraient avoir honte de se comporter ainsi [4]. C’est d’abord un jeu avec les lumières et l’Opéra (scène, les rideaux, les coulisses), au rythme entraînant de la Symphony X d’Ari Benjamin Meyers. Toutes ces strates insoupçonnées et ces différents niveaux que Sehgal fait danser pour nous ! Au charme de la découverte, s’ajoute la surprise de voir ce genre de choses à Garnier.

Les danseurs apparaissent enfin, d’abord loin pour ensuite se répandre sur scène et en déborder, pour rejoindre les spectateurs à tous les étages de l’Opéra. Fin abrupte, nous sommes “oustés” de nos places pour découvrir les danseurs chanteurs, dans le grand escalier de l’Opéra, leurs voix résonnant dans tout le bâtiment. À ces échos se superpose l’amusement curieux de la majorité des gens qui se pressent pour observer les artistes. Une joyeuse et énergisante atmosphère se dégage de l’ensemble.

À la sortie, le spectacle n’est pas fini. Des couples dansent (le tango ?) sur le seuil de l’Opéra. Que de bonheur et de beauté pour une soirée !

Notes

[1] J’ai découvert récemment cette expression empruntée aux mathématiques et je la trouve fort jolie. De même pour l’adjectif epsilonesque.

[2] Je ne me suis pas encore débarrassée de ce sentiment d’être une barbare rustre en territoire étranger lorsque je vais à l’Opéra.

[3] Alors qu’il faudrait plutôt se réjouir d’avoir échappé à la généralisation d’une musique de répondeur nulle et envahissante comme le Papa Pingouin ou le poussin Piu. Ne me remerciez pas. Oh, il me vient soudain une magnifique idée de torture-répondeur téléphonique ! Imaginez, pire que de subir ces chansons, être obligé de les chanter sans faute avant d’obtenir votre interlocuteur !

[4] Je ne comprends absolument pas ce comportement, personne ne mérite ça. Je trouve ça tellement puéril et surtout si grossier…

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